Image d'archives © TF1"De plus en plus de grossesses hors norme", annonce jeudi Le Parisien, en s'appuyant sur les cas de deux Françaises, âgées respectivement de 59 et 46 ans, qui "se sont tournées vers des cliniques étrangères avant d'accoucher en France".
La presque sexagénaire doit de manière imminente accoucher de triplés. Du "jamais-vu en France" et peut-être dans le monde, selon le quotidien. L'âge avancé de la patiente et la grossesse multiple en font même un accouchement à risques, pour la future mère (problèmes cardiovasculaires, complications...) comme pour les enfants (hypotrophie fœtale, prématurité, handicap...), souligne le professeur François Olivennes, gynécologue-obstétricien. D'où un suivi pointu dans la maternité spécialisée de Port-Royal, à Paris. Citant une proche de la patiente, Le Parisien indique que cette dernière "vivrait parfaitement bien sa grossesse, sans grande complication".
Illustration des dangers d'une grossesse multiple tardive : au CHU d'Angers (Maine-et-Loire), une femme de 46 ans se trouve dans le coma depuis juin dernier, après avoir accouché de triplés nés à environ six mois. "Des complications cardio-vasculaires sont survenues sur la mère, explique le journal. Elle est dans un état critique, mais ses trois bébés sont sains et saufs."
Cliniques peu scrupuleuses
A Paris et Angers, ces deux grossesses sont liées à un don d'ovocytes pratiqué à l'étranger. Au Vietnam pour la femme de 59 ans ; en Grèce, pour celle de 46 ans. Des interventions très probablement effectuées dans des cliniques peu scrupuleuses. En France, cette démarche est interdite aux patientes de plus de 43 ans (lire l'encadré ci-dessous).
Aujourd'hui, la patiente de 59 ans est devenue "la vedette de l'hôpital". Les triplés d'Angers, deux filles et un garçon, sont sortis de l'hôpital le 27 août et sont en "bonne santé", a précisé le CHU de la ville. Le père s'occupe de ses trois enfants avec "le soutien fort de sa famille et belle-famille", du service de néonatalogie et de "dons matériels et financiers".
| Infertilité pathologique |
Le don d'ovocytes est encadré en France par la loi de bioéthique de 1994 revue en 2004, qui impose un don volontaire, anonyme et gratuit. La receveuse doit souffrir d'une infertilité pathologique, ou il doit exister un risque de transmission d'une maladie grave à l'enfant. Le couple doit être en âge de procréer, et la majorité des centres français autorisés fixent la limite d'âge de la receveuse à 43 ans, voire 40 ans, du fait du trop faible nombre de donneuses. La donneuse doit avoir déjà eu au moins un enfant et être âgée en principe de moins de 37 ans. A ce jour, environ un millier d'enfants sont nés en France de don d'ovocytes. Les attentes pour les couples sont souvent longues, variant selon l'Agence de biomédecine de 6 à 60 mois. |
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