Otis retire les boutons radioactifs de ses ascenseurs

le 22 octobre 2008 à 17h15 , mis à jour le 22 octobre 2008 à 17h28

Entre 500 et 600 appareils sont concernés par cette mesure, à la suite de la découverte radiations excessives dans des boutons d'ascenseurs. Plus de 10 personnes ont été exposées à des radiations excessives émanant de ces boutons fabriqués à partir de métaux en provenance d'Inde.

L'intérieur de la cabine d'ascenseurL'intérieur de la cabine d'ascenseur

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a demandé à Otis de retirer de ses ascenseurs les boutons potentiellement radioactifs fabriqués par la société Mafelec, basée en Isère. "Ce n'est pas une question sanitaire" mais "de principe : on n'expose pas des personnes à la radioactivité s'il n'y a aucun bénéfice", a déclaré mercredi le directeur général adjoint de l'ASN, Jean-Luc Lachaume.

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    Publié le 12/05/2010 Bientôt des boîtes noires sur les ascenseurs ?
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Dans un premier temps, a-t-il précisé, il a été demandé à Otis "d'isoler les pièces" potentiellement irradiantes qui étaient encore chez eux puis "de retirer les boutons mis en place pendant la période" incriminée. L'opération, qui "devrait débuter la semaine prochaine et prendre environ un mois",  va "concerner de 500 à 600 ascenseurs sur les 2.500" qu'Otis a installés, modernisés ou réparés entre le 21 août et le 9 octobre, a indiqué pour sa part un responsable de la filiale française du groupe américain. "Seule la société Otis a été livrée" dans le cadre de cette affaire, a déclaré Gilles Heinrich, le président de Mafelec. "Aucune autre entreprise est liée à cette affaire car le problème a été identifié sur une gamme particulière de boutons d'ascenseurs", a-t-il assuré.

Rappel des événements : le 7 octobre, de faibles traces de Cobalt 60, un élément radioactif, avait été détectées dans des colis de boutons d'ascenseurs que Mafelec expédiait à l'étranger, au moment de leur passage en douane. Une inspection de l'ASN à l'aéroport de Roissy, le 10 octobre, avait permis de déterminer que la contamination au Cobalt 60 était le fait de pièces métalliques provenant d'un fournisseur indien de Mafelec, lequel fournit également une société belge.

Risque "extrêmement faible"

L'événement a été reclassé mardi au niveau 2 sur l'échelle INES (International nuclear event scale), contre 1 après l'inspection menée par l'ASN le 8 octobre dernier. Cette réévaluation "n'a pas de lien avec les conséquences pour la santé des personnes potentiellement exposées", a souligné l'IRSN : elle est seulement "consécutive au nombre de personnes susceptibles d'avoir reçu une dose accidentelle supérieure à la limite annuelle réglementaire de 1 millisievert pour le public".

Les premières évaluations de l'Institut montrent que 12 personnes ont reçu "une dose comprise, au plus, entre 0,1 et 0,4 millisievert", 18 "une dose comprise, au plus, entre 1,4 et 1,8 millisieverts" et 4 personnes "une dose maximale de 2,7 millisieverts". Pour autant, le risque sanitaire est "extrêmement faible", a pointé mercredi l'IRSN. Il "ne devrait pas avoir de conséquences sur la santé du personnel exposé", a indiqué l'Institut.

Enquête en cours

Ces expositions, précise l'IRSN, sont "inférieures à l'exposition moyenne de la population française due aux sources naturelles et artificielles (3,3 millisieverts pour une année)", et "ne représentent qu'une fraction de la dose résultant d'un examen scanner pour un patient (5 à 10 millisieverts par examen)". "L'exposition des personnels de la société Otis aux postes de travail impliquant une proximité avec des boutons radioactifs est également extrêmement faible, avec des doses maximales inférieures à celles constatées chez Mafelec", affirme encore l'Institut.

Conformément à ce qu'elle avait annoncé le lendemain de la détection des radiations, l'ASN va transmettre au procureur de la République un procès-verbal à l'encontre de la société Mafelec pour plusieurs infractions notamment au code de la santé publique. Le pôle santé publique de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille est saisi de l'enquête. En revanche, "l'ASN n'a pas prévu de poursuites à l'encontre d'Otis, étant donné que (cet incident) n'est pas de leur fait".

D'après agence

le 22 octobre 2008 à 17:15
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7 Commentaires

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  • Fakir, le 23/10/2008 à 10h21

    Dose apres dose,la radioactivité accumule les degats a l interieur de l organisme et TUE ! car il n y a pas de " mini contamination"mais contamination tout court! il y a un peril de plus en plus present par la dissemination des produits radioactifs car l on en crève.

  • Stephane, le 23/10/2008 à 07h56

    Bonjour, Bien joué, merci Otis et ses fournisseurs. Non seulement on laisse les boites françaises crever la gueule ouverte en commandant des produits à 5000 km de là, mais de plus on laisse les utilisateurs se faire irradier. Joli, vive les hauts-fourneaux de Lorraine ! C'est sûr qu'il est moins cher de faire venir des morceaux de metal récupérés sur les chantiers de découpages de bateaux indiens (un vieux sous-marin russe découpé ?) pour faire des boutons d'ascenseurs, plutôt que de faire bosser une boite de la Vallée de l'Arve (73) ou de la Mecanic Vallée (Figeac-Brive). On a un gros problème dans ce pays, et il n'est pas prêt de ce résorber avec des acheteurs de cette trempe... A bientôt.

  • 3AMC, le 23/10/2008 à 00h43

    Petite question sans intérêt : Comment du cobalt 60 peut il se retrouver dans les pièces métalliques ? Pour la culture : # Le cobalt-60 a de nombreuses utilisations comme source de rayons bêta, en raison de sa demi-vie relativement courte (donc plus facile à éliminer) en comparaison d'autres isotopes émetteurs de telles particules : * Pour la radiothérapie * Dans le traitement par radiation de la nourriture pour sa stérilisation. * Dans la radiographie industrielle pour repérer les défauts des pièces. # Toutefois, le cobalt-60 de synthèse (produit par exposition de cobalt naturel aux rayonnements neutroniques d'un réacteur nucléaire) n'est pas totalement pur, et contient toujours d'autres isotopes radioactifs à désintégration epsilon, émetteur de rayonnement gamma dangereux car ce rayonnement hautement énergétique détruit les noyaux et les contamine en éléments radioactifs persistants. De plus l'enrichissement et la purification du cobalt-60 nécessitent des techniques de centrifugation similaires à celles utilisées pour l'enrichissement des isotopes à usage militaire, techniques hautement surveillées car stratégiques au plan international. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Cobalt)

  • Footage, le 23/10/2008 à 00h32

    On rêve, le merdier qu'on nous fait pour des boutons d'ascenseur, quand ça foire bien plus grave au Tricastin on étouffe, on minimise, on dilue, mais alors là le bla bla y va bon train.

  • Chris, le 22/10/2008 à 19h54

    Pourquoi le metal de ces boutons est-il radiocatif? S'agit-il de metal recycle? J'aimerais savoir. Question de comprendre.

  • Caldoche, le 22/10/2008 à 19h43

    De toutes façons il vaut mieux prendre les escaliers ;)

  • Luxmagus, le 22/10/2008 à 19h10

    Réaction saine des autorités en ce domaine, on ne peut, même à faible dose, jouer avec la radioactivité ses effets étant cumulatifs. Mais je m'interroge, pourquoi ne pas appliquer les mêmes mesures pour d'autres produits potentiellement radioactifs et dangereux et en circulation comme les cigarettes qui contiennent du polonium 210. Produit qui est au moins responsable de 1% des cancers du poumon. Le lobby des fabruicants de cigarettes semble plus efficace que celui des boutons pour ascenceurs.

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