L'intérieur de la cabine d'ascenseurL'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a demandé à Otis de retirer de ses ascenseurs les boutons potentiellement radioactifs fabriqués par la société Mafelec, basée en Isère. "Ce n'est pas une question sanitaire" mais "de principe : on n'expose pas des personnes à la radioactivité s'il n'y a aucun bénéfice", a déclaré mercredi le directeur général adjoint de l'ASN, Jean-Luc Lachaume.
Bientôt des boîtes noires sur les ascenseurs ?
Une mission d'information sur les ascenseurs parisiens préconise d'installer des boîtes noires, comme sur les avions, pour comptabiliser les pannes et ainsi calculer précisément les pénalités pour les ascensoristes.
Publié le 12/05/2010
Dans un premier temps, a-t-il précisé, il a été demandé à Otis "d'isoler les pièces" potentiellement irradiantes qui étaient encore chez eux puis "de retirer les boutons mis en place pendant la période" incriminée. L'opération, qui "devrait débuter la semaine prochaine et prendre environ un mois", va "concerner de 500 à 600 ascenseurs sur les 2.500" qu'Otis a installés, modernisés ou réparés entre le 21 août et le 9 octobre, a indiqué pour sa part un responsable de la filiale française du groupe américain. "Seule la société Otis a été livrée" dans le cadre de cette affaire, a déclaré Gilles Heinrich, le président de Mafelec. "Aucune autre entreprise est liée à cette affaire car le problème a été identifié sur une gamme particulière de boutons d'ascenseurs", a-t-il assuré.
Rappel des événements : le 7 octobre, de faibles traces de Cobalt 60, un élément radioactif, avait été détectées dans des colis de boutons d'ascenseurs que Mafelec expédiait à l'étranger, au moment de leur passage en douane. Une inspection de l'ASN à l'aéroport de Roissy, le 10 octobre, avait permis de déterminer que la contamination au Cobalt 60 était le fait de pièces métalliques provenant d'un fournisseur indien de Mafelec, lequel fournit également une société belge.
Risque "extrêmement faible"
L'événement a été reclassé mardi au niveau 2 sur l'échelle INES (International nuclear event scale), contre 1 après l'inspection menée par l'ASN le 8 octobre dernier. Cette réévaluation "n'a pas de lien avec les conséquences pour la santé des personnes potentiellement exposées", a souligné l'IRSN : elle est seulement "consécutive au nombre de personnes susceptibles d'avoir reçu une dose accidentelle supérieure à la limite annuelle réglementaire de 1 millisievert pour le public".
Les premières évaluations de l'Institut montrent que 12 personnes ont reçu "une dose comprise, au plus, entre 0,1 et 0,4 millisievert", 18 "une dose comprise, au plus, entre 1,4 et 1,8 millisieverts" et 4 personnes "une dose maximale de 2,7 millisieverts". Pour autant, le risque sanitaire est "extrêmement faible", a pointé mercredi l'IRSN. Il "ne devrait pas avoir de conséquences sur la santé du personnel exposé", a indiqué l'Institut.
Enquête en cours
Ces expositions, précise l'IRSN, sont "inférieures à l'exposition moyenne de la population française due aux sources naturelles et artificielles (3,3 millisieverts pour une année)", et "ne représentent qu'une fraction de la dose résultant d'un examen scanner pour un patient (5 à 10 millisieverts par examen)". "L'exposition des personnels de la société Otis aux postes de travail impliquant une proximité avec des boutons radioactifs est également extrêmement faible, avec des doses maximales inférieures à celles constatées chez Mafelec", affirme encore l'Institut.
Conformément à ce qu'elle avait annoncé le lendemain de la détection des radiations, l'ASN va transmettre au procureur de la République un procès-verbal à l'encontre de la société Mafelec pour plusieurs infractions notamment au code de la santé publique. Le pôle santé publique de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille est saisi de l'enquête. En revanche, "l'ASN n'a pas prévu de poursuites à l'encontre d'Otis, étant donné que (cet incident) n'est pas de leur fait".
D'après agence
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