Elle demande au juge de la protéger des ondes

le 03 novembre 2008 à 05h45 , mis à jour le 02 novembre 2008 à 14h48

La cour d'appel de Colmar se penche sur le cas d'une femme électrosensible, qui dénonce l'impact des ondes de téléphonie mobile sur sa santé.

[Expiré] Antenne-relais © www.sxc.hu

La cour d'appel de Colmar réexamine ce lundi le cas d'une Strasbourgeoise électrosensible qui réclame de son bailleur social un relogement en zone préservée des ondes émises, notamment, par les antennes-relais de téléphonie mobile. Sabine Rinckel, 44 ans, explique ressentir du fait de ces ondes des fourmillements dans les doigts et dans les jambes, des maux de tête et des douleurs dans le dos qui l'empêchent, dit-elle, de "vivre comme tout le monde". A l'audience, elle sera défendue par un avocat mandaté par Me Richard Forget, défenseur de l'association Robin des toits, qui milite pour une reconnaissance de la toxicité des ondes de téléphonie mobile.

Examinée récemment à Paris par le cancérologue Dominique Belpomme qui a établi un diagnostic en ce sens, Sabine Rinckel souffre d'EHS ou "électro-hypersensilité", une pathologie reconnue au Royaume-Uni et en Suède, mais pas en France. Les maux sont parfois si violents que certaines personnes affectées ont été obligées de quitter leur résidence urbaine et de s'installer à l'abri des ondes dans des zones champêtres et isolées. On a vu aussi des résidents de pays du nord de l'Europe vivre, tête comprise, à l'abri d'une énorme capeline spécialement traitée anti-ondes. Le Pr Belpomme, ayant examiné Sabine Rinckel, abonde dans son sens en réclamant une "mise à l'abri".

Des symptômes réels... mais les explications manquent

Problème : même là où il est reconnu, ce mal est très difficile à expliquer. L'Organisation mondiale de la santé a noté que les symptômes présentaient "des analogies" avec ceux des sensibilités chimiques multiples, un trouble associé à des expositions de bas niveau à des produits chimiques. Elle estime cependant qu'il n'y a pas de "base scientifique permettant de relier ces symptômes de l'électro-hypersensilité à une exposition aux champs électromagnétiques". Ce que corrobore l'Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail). "Les symptômes sont réels, les personnes sont vraiment malades, mais aujourd'hui la science ne peut pas affirmer que leurs symptômes sont réellement dus à une exposition", souligne Olivier Merkel, chef de l'unité Agents physiques de l'Afsset. Des chercheurs en viennent donc, pour les expliquer, à avancer l'hypothèse de facteurs environnementaux, comme la pollution, ou "un stress généré par un environnement dégradé par la présence des antennes". Autrement dit une maladie psychosomatique.

Déboutée par le tribunal d'instance en septembre 2006, Sabine Rinckel réclamait en plus de son relogement en zone dite "blanche", le remboursement de neuf mois de loyer ainsi que 5000 euros pour préjudice moral. Le tribunal avait estimé que les "troubles présentés par la plaignante sont inhérents à sa personne, étant donné que la nouvelle locatrice (du logement qu'elle occupait) ne présente aucun problème". Le tribunal avait également qualifié les troubles invoqués de "subjectifs" et jugé que le bailleur ne pouvait être tenu pour "responsable de facteurs extérieurs".

D'après agence

le 03 novembre 2008 à 05:45
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