Les urgentistes en grève, sans risque pour les patients

le 30 novembre 2008 à 17h10 , mis à jour le 01 décembre 2008 à 21h01

Les médecins urgentistes ont entamé lundi une grève illimitée, pour protester contre la politique gouvernementale pour l'hôpital.

urgences hôpital clinique malade blesséImage d'archives © TF1

Les médecins urgentistes ont entamé lundi une grève illimitée. L'Association de médecins urgentistes (Amuf) de Patrick Pelloux, qui avait le premier alerté publiquement des risques d'une mortalité massive lors de la canicule d'août 2003, estime que la dégradation des conditions de travail des praticiens, liée à "l'étranglement financier" de l'hôpital, pourrait mettre en danger "la sécurité des patients". Dans un premier temps, l'Amuf avait évoqué un mouvement plus dur, avec une grève des soins urgents. Un responsable du syndicat avait même déclaré le 19 novembre que cela pourrait entraîner des "morts", avant que son organisation ne fasse aussitôt machine arrière.

Selon Patrick Pelloux, le taux de mobilisation lundi se situait entre 50 et 70%, "avec une mobilisation plus forte dans les hôpitaux généraux que dans les CHU". Mais selon la direction de l'hospitalisation et de l'organisation des soins, qui ne comptabilise pas les grévistes de la même manière, le taux de participation à la grève n'a été que de 6,4% dans les CHU et de 6% dans les centres hospitaliers. "Le ministère ne compte que les médecins qui sont présents sur le lieu de travail tout en se disant grévistes", a estimé Patrick Pelloux. Pour autant, tous les postes aux urgences des hôpitaux, dans les SAMU et les SMUR, ont été occupés lundi malgré la grève, qui ne devait pas avoir d'impact sur les patients.

20.000 emplois supprimés ?

Pour l'Amuf, "l'étranglement" de l'hôpital public va déboucher sur la suppression de "20.000 emplois cette année", alors que des urgentistes sont invités à augmenter leur temps de travail de "48 à 60 heures par semaine". Dans ce contexte, souligne-t-elle, le projet de loi "Hôpital, patients, santé, territoires" que doit examiner le Parlement en 2009, risque de parachever cette "destruction". Ce projet, rendu public le 22 octobre, favorise les "regroupements" d'hôpitaux autour d'un établissement principal et la "coopération" du public avec les cliniques privées afin, selon la ministre de la Santé, Roselyne  Bachelot, de "garantir pour l'avenir l'accès à des soins de qualité sur tout le territoire". Il réorganise aussi les hôpitaux en accroissant sensiblement les pouvoirs du directeur, qui pourra désormais être issu du secteur privé et embaucher des médecins avec des contrats plus "souples" prévoyant notamment une rémunération à "l'activité".
 
Estimant que le projet subordonne la santé au "financier", l'Amuf voudrait "élargir" son mouvement, d'autres syndicats hospitaliers se disant prêts à se mobiliser sous différentes formes contre la politique du gouvernement. Chez les anesthésistes, une autre spécialité très présente aux urgences, un syndicat, le Smarnu, compte lancer une grève de soins non urgents à compter du 1er janvier, tandis qu'un autre, le SNPhar, "n'exclut rien" si le gouvernement "continue à nier le mécontentement des praticiens". De son côté, la CPH, l'un des principaux syndicats de médecins, compte appeler aussi à une grève des soins non urgents en janvier pour obtenir le retrait des dispositions sur l'hôpital du projet de loi. En région parisienne, une intersyndicale de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) appelle d'ores et déjà à manifester le 9 décembre contre le danger de "démantèlement" de l'AP-HP, faisant notamment allusion au regroupement prévu des 38 établissements actuels en 13 "groupes hospitaliers". Cette "préfiguration" de l'application du projet gouvernemental relève, selon la CGT-santé, premier syndicat des hôpitaux, d'une "stratégie de casse idéologique" du public afin de permettre au secteur privé, l'un des plus importants d'Europe, de "prendre encore des parts de marché".

(Agence)

le 30 novembre 2008 à 17:10
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6 Commentaires

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  • Fantome, le 23/08/2009 à 22h09

    Je suis contre la suppréssion odes postes d'URGENTISTES dans les établissements hospitaliers public ou privés, il n'y à pas assez d'éffectifs de jours ou de nuit, également au niveau des IDE et IADE pour les URGENCES et les Interventions exterieurs SMUR, Ancien étudiant infirmier psychiatrique,et, ayant travailler en secteur hosptalier dont en urgences, je sais ce que les fonctions avec manque de personnel le nombre de patients aux URGENCES, de jour ou de nuit. bon courage, je suis de votre coté, bien cordialement RUSSO Yvon

  • John, le 01/12/2008 à 11h00

    Ils ont entièrement raison !!! Je les soutiens à 100%, sauf l'exception des dépassements d'honoraires parfois spectaculaires...

  • Karine, le 01/12/2008 à 10h08

    Nous assistons malheureusement à "la casse des services publics" dans tous les domaines. Tout est fait pour que les hôpitaux privés ou cliniques privées ramassent le pactole. Nous avons eu droit hier soir à un éclaircissement sans ambiguité à l'émission "Capital" sur M6 sur les manoeuvres de ces établissements pour ramasser le plus d'argent auprès des clients et auprès de la Sécu et pour piquer au passage le plus de clients aux Hôpitaux. Jusqu'à aller chercher dans chaque dossier de client ce qu'ils pourraient faire prendre en charge par la Sécu pour gonfler la note. C'est franchement écoeurant !!!!! Je dois subir cette semaine un examen de santé sous anesthésie générale. A mon médecin j'ai émis le souhait que cela se fasse à l'hôpital. Il ne m'a fait aucune réflexion et a fait un courrier pour le spécialiste en question. Puis, mon médecin-traitant étant en vacances, j'ai eu à faire par la suite à une jeune remplaçante qui, elle, m'a demandé "Pourquoi l'hôpital ?". Donc je pense que les médecins-traitant ont eux aussi un intérêt financier à envoyer les clients dans les établissements privés. Tout est évidemment fait pour qu'il y ait deux médecines, celle des gens (sans problèmes financiers) et les autres. Si encore on nous laisse le choix !!!!!!!!

  • Pascal, le 01/12/2008 à 09h29

    Je suis de tout coeur avec eux. Les moyens s'étiolent de plus en plus et alors qu'on parle de suppression de publicité dans la télévision publique, que l'état va compenser à hauteur de 800 millions d'euros...il faut savoir que c'est le budget qu'il faudrait injecter dans l'hôpital public pour avoir un service digne de ce nom. Quand je vois qu'aux urgences les infirmières se font incendier par les patients qui attendent d'être pris en charge, je trouve ça lamentable. Qu'on donne des moyens et tout le monde s'en portera mieux. L'état ne donne pas assez d'argent pour que les usagers critiquent et approuvent une certaine forme de privatisation rampante. Lamentable !

  • Alain, le 01/12/2008 à 09h04

    Je pense que c'est très malheureux pour les patients, mais on prend les hopitaux pour des machines à produire et cela n'est pas normal, on supprime des postes partout pour faire des économies, il y aurait certainement d'autres endroits où l'on devrait faire des économies ( assembléee nationale) mais là on ne veut pas y toucher, Pourquoi?

  • Jules, le 01/12/2008 à 08h30

    "stratégie de casse idéologique du public afin de permettre au secteur privé, de prendre encore des parts de marché". Tout est dit. C'est cela l'idéologie ultra libérale de l'Europe de Bruxelles en général et de Sarkozy et de son gouvernement en particulier. Ils veulent tout casser : santé, école, services public .. Un seul mot d'ordre : donner plus de pognon aux copains qui un jour le leur rendront.

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