Grossesse : un logo sur les cosmétiques "à risque"

Par Matthieu DURAND, sur place, le 25 novembre 2008 à 12h46 , mis à jour le 25 novembre 2008 à 12h50

Roselyne Bachelot et Nathalie Kosciusko-Morizet ont lancé mardi quelques propositions pour lutter contre l'impact des produits chimiques sur la santé. Un colloque sur cette question se tient mardi à Paris.

Grossesse échographie enceinte bébé foetusImage d'archives © TF1

Afin de lutter contre l'impact des produits chimiques sur la santé, Roselyne Bachelot a proposé mardi matin d'"apposer un logo sur les produits reprotoxiques" [toxiques pour la reproduction, NDLR] afin d'alerter les femmes enceintes. Une mesure "à négocier avec les industriels", a-t-elle précisé.

Plus d'infos

Autre mesure phare évoquée par la ministre de la Santé : lancer "une campagne sur les risques potentiels liés à l'utilisation pendant la grossesse de certains produits chimiques". Ce dispositif a été présenté en ouverture du colloque international "Environnement chimique, reproduction et développement international" qui se tient ce mardi à Paris, au Ministère du développement durable. Le colloque réunit chercheurs, industriels et décideurs avec pour objectifs de "confronter les expertises" mais aussi d'informer.

"Même si notre information n'est que parcellaire, nous devons associer le public (...) sans rien masquer", a fait valoir Nathalie Kosciusko-Morizet. La thématique est "particulièrement sensible", a pointé la secrétaire d'Etat à l'Ecologie. "En plus d'être une question de santé environnementale, [l'impact des produits chimiques sur la santé] est une question intime", qui touche à la vie, à la mort et à la survie de l'espèce, a-t-elle ajouté.

Précaution et actions

L'enjeu est de taille. NKM a rappelé qu'un couple sur trois dans la trentaine consulte pour des problèmes de fertilité et qu'aujourd'hui, "un homme produit moitié moins de spermatozoïdes que son grand-père". A quoi s'ajoutent le doublement des cancers de testicules et la hausse de malformations génitales. Une "évolution préoccupante" pour laquelle il existe "une relation avérée ou suspectée avec l'environnement", a renchéri Roselyne Bachelot. "Entre 1995 et 2020, la production mondiale de produits chimiques augmentera de 85%", a précisé la ministre de la Santé, citant des chiffres de l'OCDE.

En ligne de mire, les phtalates et autres substances entrant dans la composition de produits chimiques qui servent eux-mêmes à fabriquer des produits de tous les jours : emballages, produits de beauté, produits en plastique, vêtements et même aliments (via les pesticides). "Le principe de précaution ne saurait être un principe d'inaction", a martelé la ministre de la Santé.

Les deux membres du gouvernement ont à ce titre rappelé les dispositifs réglementaires et les programmes de recherche lancés en France comme au sein de l'Union européenne. La directive européenne Reach, adoptée en décembre 2006, réglemente ainsi l'utilisation de 30.000 substances chimiques. "C'est une avancée considérable, s'est félicitée NKM. On a renversé la charge de la preuve. C'est aux industriels de démontrer que leurs produits ne sont ni nocifs, ni toxiques." Pour autant, a insisté la secrétaire d'Etat, "l'écologie n'est pas une contrainte" mais elle peut être "source d'emplois" et de "productivité". Roselyne Bachelot a par ailleurs reconnu qu'il fallait se mobiliser davantage afin que "nous puissions vivre dans un environnement chimiquement moins dangereux".

Les ministres "se cassent"

"On va parler de trucs sérieux, les femmes se cassent !" Avant de quitter la salle, Roselyne Bachelot n'a pas pu s'empêcher de répéter tout haut ce que Nathalie Kosciusko-Morizet lui avait chuchoté. Une boutade éloignée de la réalité puisque si les deux membres du gouvernement ont laissé la place aux experts, elles ont rappelé chacune dans leurs discours d'introduction leur engagement sur la question de l'impact des produits chimiques sur la santé. En tant que députée pour NKM et en tant que ministre... de l'environnement pour Roselyne Bachelot.


 

Par Matthieu DURAND, sur place le 25 novembre 2008 à 12:46
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6 Commentaires

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  • Emilie, le 25/11/2008 à 19h24

    La seule solution pour éviter tous ces problèmes, c'est de miser sur le bio ! C'est urgent de réagir.. .Je suis enceinte, et je vais essayer de tout faire pour préserver mon bébé. Je viens d'acheter un livre qui vient de paraître "100 réflexes bébé bio" : c'est plein de conseils pour savoir comment faire quand on n'y connaît pas grand chose. Je le conseille à toutes les mamans !

  • Steve, le 25/11/2008 à 18h18

    Une partie du problème de la fertilité vient des pesticides qui réduisent le nombre de spermatozoides chez l'homme. On fait quoi contre cela ? Quand on sait que 30 % des fausses couches sont dues à une mauvaise qualité de sperme, il devient urgent d'agir aussi pour l'homme et pas uniquement protéger la femme !!

  • Glem, le 25/11/2008 à 17h17

    Nous sommes presque à la trentaine, et je confirme qu'un couple sur trois autour de nous doit attendre des années pour espérer avoir des enfants. Il y a autant de femmes qui se mariaient enceintes à la génération de nos parents, que de jeunes couples qui ne peuvent avoir d'enfants à notre génération. Quid de cette dégénéresence de l'espèce humaine ?

  • Il était temps, le 25/11/2008 à 14h58

    Donnez nous les noms des produits à éviter!

  • Isaden70, le 25/11/2008 à 14h40

    C'est un bien... mais le problème c'est est-ce que ce sera appliqué ? On met sur les paquet de cigarettes que le tabac tue (et pas que les fumeurs), il y en a toujours autant qui fument. Se pomponner pourquoi pas mais autant ? Quel intérêt ? Faire attention à la vie de l'enfant qui va naitre est plus important que le paraitre

  • Lv, le 25/11/2008 à 13h54

    Il est temps! Tous les jours nous nous lavons, nous hydratons, avec du pétrole (PEG, phénoxyéthanol, paraben en tous genre), il suffit de regarder au dos du premier flacon qui nous passe sous la main. La peau se sait pas détoxifier! et les cas de cancer se multiplient...

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