Image d'archives © TF1Afin de lutter contre l'impact des produits chimiques sur la santé, Roselyne Bachelot a proposé mardi matin d'"apposer un logo sur les produits reprotoxiques" [toxiques pour la reproduction, NDLR] afin d'alerter les femmes enceintes. Une mesure "à négocier avec les industriels", a-t-elle précisé.
Grossesse : les antalgiques associés à risque d'infertilité masculine
L'usage par des femmes enceintes d'antalgiques légers comme le paracétamol, l'aspirine ou l'ibuprofène va de pair avec une augmentation des troubles de la reproduction chez l'enfant mâle.
Publié le 09/11/2010
Autre mesure phare évoquée par la ministre de la Santé : lancer "une campagne sur les risques potentiels liés à l'utilisation pendant la grossesse de certains produits chimiques". Ce dispositif a été présenté en ouverture du colloque international "Environnement chimique, reproduction et développement international" qui se tient ce mardi à Paris, au Ministère du développement durable. Le colloque réunit chercheurs, industriels et décideurs avec pour objectifs de "confronter les expertises" mais aussi d'informer.
"Même si notre information n'est que parcellaire, nous devons associer le public (...) sans rien masquer", a fait valoir Nathalie Kosciusko-Morizet. La thématique est "particulièrement sensible", a pointé la secrétaire d'Etat à l'Ecologie. "En plus d'être une question de santé environnementale, [l'impact des produits chimiques sur la santé] est une question intime", qui touche à la vie, à la mort et à la survie de l'espèce, a-t-elle ajouté.
Précaution et actions
L'enjeu est de taille. NKM a rappelé qu'un couple sur trois dans la trentaine consulte pour des problèmes de fertilité et qu'aujourd'hui, "un homme produit moitié moins de spermatozoïdes que son grand-père". A quoi s'ajoutent le doublement des cancers de testicules et la hausse de malformations génitales. Une "évolution préoccupante" pour laquelle il existe "une relation avérée ou suspectée avec l'environnement", a renchéri Roselyne Bachelot. "Entre 1995 et 2020, la production mondiale de produits chimiques augmentera de 85%", a précisé la ministre de la Santé, citant des chiffres de l'OCDE.
En ligne de mire, les phtalates et autres substances entrant dans la composition de produits chimiques qui servent eux-mêmes à fabriquer des produits de tous les jours : emballages, produits de beauté, produits en plastique, vêtements et même aliments (via les pesticides). "Le principe de précaution ne saurait être un principe d'inaction", a martelé la ministre de la Santé.
Les deux membres du gouvernement ont à ce titre rappelé les dispositifs réglementaires et les programmes de recherche lancés en France comme au sein de l'Union européenne. La directive européenne Reach, adoptée en décembre 2006, réglemente ainsi l'utilisation de 30.000 substances chimiques. "C'est une avancée considérable, s'est félicitée NKM. On a renversé la charge de la preuve. C'est aux industriels de démontrer que leurs produits ne sont ni nocifs, ni toxiques." Pour autant, a insisté la secrétaire d'Etat, "l'écologie n'est pas une contrainte" mais elle peut être "source d'emplois" et de "productivité". Roselyne Bachelot a par ailleurs reconnu qu'il fallait se mobiliser davantage afin que "nous puissions vivre dans un environnement chimiquement moins dangereux".
Les ministres "se cassent" |
"On va parler de trucs sérieux, les femmes se cassent !" Avant de quitter la salle, Roselyne Bachelot n'a pas pu s'empêcher de répéter tout haut ce que Nathalie Kosciusko-Morizet lui avait chuchoté. Une boutade éloignée de la réalité puisque si les deux membres du gouvernement ont laissé la place aux experts, elles ont rappelé chacune dans leurs discours d'introduction leur engagement sur la question de l'impact des produits chimiques sur la santé. En tant que députée pour NKM et en tant que ministre... de l'environnement pour Roselyne Bachelot. |
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