Mort d'un malade : plainte, enquête et polémique

le 29 décembre 2008 à 14h24 , mis à jour le 30 décembre 2008 à 10h30

Selon Roselyne Bachelot, il y avait assez de lits disponibles en réanimation, lors du décès samedi d'un homme imputé à un manque de places. Son épouse a porté plainte.

Urgences 115 Samu hôpital urgentistesImages d'archives © TF1
Face à la polémique sur les dysfonctionnements hospitaliers relancée par ce décès, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot a annoncé lundi avoir demandé une enquête sur le décès d'un homme qui n'avait pas pu être conduit dans un service de réanimation adapté pendant plusieurs heures après un malaise cardiaque survenu samedi soir à Massy, dans l'Essonne. Elle a notamment réclamé "que soit reconstitué le parcours du patient depuis sa prise en charge par le Samu jusqu'à son décès".

Selon Roselyne Bachelot, dans la nuit de samedi à dimanche, il y avait un nombre suffisant de lits de réanimation disponibles en région parisienne pour accueillir un patient en malaise cardiaque. Tout en confirmant les difficultés rencontrées par le Samu de l'Essonne pour placer cet homme, la ministre a affirmé lundi soir qu'il s'agissait d'un problème d'organisation et non de manque de lits. "En temps normal, nous sommes avec une trentaine de lits disponibles en Ile-de-France, là nous sommes dans une période de tension mais nous avions 11 lits disponibles en région parisienne à moins de 20 minutes du malade", a-t-elle affirmé, jugeant qu'"il y avait toute possibilité d'accueillir" le patient. "Il n'y a pas de dysfonctionnement structurel, mais un problème de régulation", a-t-elle ajouté.
 
"Il n'était pas mourant, il était conscient"

De son côté, l'épouse de cet homme a déposé lundi une plainte contre X pour "mise en péril de la vie d'autrui" (voir la vidéo). Le parquet va ouvrir une enquête préliminaire contre X pour "déterminer s'il y a eu des dysfonctionnements et où". Selon des sources concordantes interrogées dimanche par l'AFP, l'homme de 57 ans, victime samedi soir d'un malaise cardiaque à Massy, n'a pu être accueilli pendant six heures, faute de place, dans un service de réanimation hospitalier et est décédé alors qu'il allait enfin y être admis. "24 (hôpitaux) ont été sollicités avant que l'hôpital Bichat n'apporte une réponse favorable à 5 heures du matin", a déploré la ministre de la Santé.

Selon Odile Lagrange, auxiliaire de vie de 56 ans, il y a "sûrement" eu un dysfonctionnement, tout en précisant que les médecins du SAMU "ont bien pris soin" de son mari. Elle a également dit espérer que l'enquête permettra de déterminer ce qui s'est passé. Appelé car son mari "étouffait", les pompiers et le SAMU sont intervenus "assez vite" à son domicile de Massy où son mari a été pris en charge vers minuit samedi soir, et était "conscient, sous oxygène et perfusé", a-t-elle expliqué. "Ils se sont bien occupés de lui". "Quand il est parti, il n'était pas mourant, il était conscient", a dit Odile Lagrange. "Après, ce qui s'est passé, je ne peux pas vous dire". Son époux transporté à l'hôpital de Longjumeau, où il a fait trois arrêts cardiaques, puis un quatrième à l'hôpital Lariboisière, à Paris, où il est décédé.
 
"Je ne sais pas ce qui s'est passé entre mon domicile et là-bas (Lariboisière)", a-t-elle expliqué. "Ils (les médecins du SAMU) ont téléphoné à plusieurs hôpitaux, mais il n'y avait pas de place", a-t-elle poursuivi. Là, il a été, selon elle, admis dans une chambre. "Ils ne m'ont rien expliqué", a raconté Mme Lagrange. S'il avait été pris en charge à temps en réanimation, "il serait peut-être encore en vie", a-t-elle ajouté. "A la télévision, ils ont parlé de six heures d'attente pour avoir une place" en réanimation. En invalidité depuis quelques années à cause de problèmes d'arthrose, son époux, ancien chauffeur-livreur souffrait de diabète, mais pas de problèmes cardiaques.


"Un manque de moyens"
 
Le syndicat d'urgentistes Amuf met en cause les fermetures de lits de réanimation en cette période de fin d'année et plus largement le manque de moyens des urgences. L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) affirme quant à elle que "dimanche à 16 heures, comme la veille à la même heure, cinq places de réanimation étaient disponibles en Ile-de-France". La ministre de la Santé a "demandé un état des lieux précis du nombre de lits de réanimation disponibles en Ile-de-France cette nuit-là", a indiqué le ministère.
 
Le Parti socialiste lui a demandé "d'apporter une réponse immédiate à la situation des services d'urgence en période de fêtes et de faire en sorte que toute la lumière soit faite". Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, a aussi demandé à Roselyne Bachelot d'organiser "dans les plus brefs délais une cellule de crise". Le "plan blanc", mis en oeuvre notamment durant la canicule de 2003 en France, consiste à décloisonner les services pour favoriser l'accueil des patients. Philippe Juvin, secrétaire national de l'UMP et chef du service des urgences de l'hôpital parisien Beaujon, a imputé le drame de dimanche à un problème d'organisation. "La vérité est que l'hôpital manque cruellement de pilote", écrit-il dans un communiqué. Attribuer à "un manque de moyens" ce décès est "incroyablement malhonnête", selon le secrétaire national Philippe Juvin, mettant en garde contre la "récupération politicienne" de cette affaire.

(D'après agence)

le 29 décembre 2008 à 14:24
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12 Commentaires

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  • Pierre31, le 29/12/2008 à 22h44

    Une honte ! qui empechait , meme si il n y avait plus de lits , de prendre en charge cette personne et de lui donner les soins dignes d un hopital ?ne serait ce que sur un brancard dans un couloir ! ce n est pas une question de moyens ou de personnels !

  • Ryosaeba, le 29/12/2008 à 22h20

    Je crois que malheureusement le cas echeant nous montre la dure realité des hopitaux de france et que la fin du service public n'est pas trés loin.On peut mieux comprendre les greves succesives des personelles soignants (es) et le manques d'écoutes du gouvernements .Ils etant de reagir car sa narive pas qu'au autres .Mes sinceres condoleances

  • Equinox, le 29/12/2008 à 22h10

    Le parti socialiste ferait mieux de se taire. Si Aubry n'avait pas ruiné la France avec ces 35 heures, cela ne serait pas arrivé. En effet c'est des 10000 milliers d'heures que le corps médical doit prendre en RTT .Cela coute enormement aux contribuables et bientoit il ne retera que quelqus millions de gens qui travaillent.Les fonctionnaires etant à la charge du privé. Alors on fait prendre les RTT et voilà ce qui arrive.

  • Titi, le 29/12/2008 à 21h59

    Monsieur PELLOUX ferait bien se taire car c'est ce monsieur qui s'est fait une spécialité de travailler aux urgences et qui est parle toujours plus que les autres que j'appelle tout bonnement des grandes gueules comme il y en a pleins dans les administrations et que les hiérarchies administratives sont toujours prétes a entendre il n'a fait que développer le lobby des urgentistes c'est comme ça qu'on voit des tas de gens aller aux urgences alors qu'il ny ont rien a y faire .je connais meme de sgens autour de moi ah bien non je vais a hopital aux urgences quand mon gamin est malade car je ne paie pas je n'ai rien a avancer c'est un parisien qui me dit ça et il me dit qu'ils ont une carte santé paris encore un truc spécial pour parisien.je lui dis tu peux pas aller voir un médecin généraliste faire un chéque d e22 euros et tu es remboursé avec la carte vitale au bout de 5 jours .ah non non il me dit car je n'ai pas a sortir de l'argent.il faut revoir tout le systéme .on a fait un systéme de soins n'ont meme plus à dépneser donc les gens ne se rendent plus compte de que cela coute .on a développé un systéme on a le droit a tout sans rine payer mais ça nous allons tous le payer un jour a l'autre.derriére tout cela il y a un probléme de réorganisation d ela médecine de ville ou la le politique devrait imposer par la loi que les médecins libéraux ne soient pas tous en vacances comme on le voit une fois de plus depuis le 25 décembre jusqu'au 5 janvier .a enghien les bains ils ne veulent plus travailler au mois du mois d aout c'est pareil du 5 au 25 aout tous le smédecins partent en vacances et je ne suis pa sle seul a le constater meme dans d autres ville sautour d enghien le sbains.il ya 1 an j'ai meme abandonné un médecin car il m'a fait payer une majoration soit disant autorisé par la sécu car il recevait des patients le samedi .j'ai trouvé cela scandaleux et je me suis barré de ce médecin.j'ai signalé a la sécu on m'a dit oui mais c'ets comme ça .publié

  • Tiennou, le 29/12/2008 à 21h55

    De nos jours, à l'ère d'Internet, le central du Samu de pourrait-il pas être informé en temps réel des places disponibles dans chaque hôpital, plutôt que de devoir téléphoner ???

  • Jacques, le 29/12/2008 à 21h28

    Encore une fois, les politiques se voilent la face : 5 places de réanimation sur toute l'ile de France et tout va bien. De qui se moque t'on ? Mme Bachelot devrait plutot se remettre en question, elle et sa politique devant l'accumulation de de problèmes (cf ce garçon de 3ans la semaine dernière) mais Sarko et ses ministres sont bien incapables de se remettre en cause. Trop fier d'eux et de leur "politique"

  • JM, le 29/12/2008 à 21h10

    Le 4 septembre 2006, j'arrive a Lariboisiere car je me sens en insuffisance respiratoire et donc mon medecin me conseille vivement d'aller a l'Hopital le plus proche de mon domicile. Un vigile a l'entree de l'hopital me dit de m'asseoir et d'attendre. Une heure passe et pesonne ne vient me demander quoique ce soit. Je prends mon courage a deux mains, reprends ma voiture au risque de causer un accident et fonce a la salpitriere (que je felicite tous les jours pour son travail !) ou je suis immediatement pris en charge puis opere. J'avais hesite a attaquer Lariboisiere....Il me semble qu'il y ait un reel dysfonctionnement dans cet hopital...meme si le pire ne s'etait pas produit. Tout mon soutien a l'epouse de cet homme.

  • Pay, le 29/12/2008 à 20h23

    Et si le docteur Pelloux allait aides les "urgentistes " au lieu de roucouler à la télé

  • Jean-Pierre, le 29/12/2008 à 20h13

    Mais c'est trop tard ! Il fallait agir avant Mme le Ministre. Maintenant, il est mort et vous ne le ressuciterez pas !

  • Viga, le 29/12/2008 à 20h09

    C'est absolument honteux !! croyez-vous que s'il s'était agi d'une quelconque célébrité la situation aurait été la même. A mon avis, une place aurait été vite trouvée.

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