Images d'archives © TF1Selon Roselyne Bachelot, dans la nuit de samedi à dimanche, il y avait un nombre suffisant de lits de réanimation disponibles en région parisienne pour accueillir un patient en malaise cardiaque. Tout en confirmant les difficultés rencontrées par le Samu de l'Essonne pour placer cet homme, la ministre a affirmé lundi soir qu'il s'agissait d'un problème d'organisation et non de manque de lits. "En temps normal, nous sommes avec une trentaine de lits disponibles en Ile-de-France, là nous sommes dans une période de tension mais nous avions 11 lits disponibles en région parisienne à moins de 20 minutes du malade", a-t-elle affirmé, jugeant qu'"il y avait toute possibilité d'accueillir" le patient. "Il n'y a pas de dysfonctionnement structurel, mais un problème de régulation", a-t-elle ajouté.
"Il n'était pas mourant, il était conscient"
De son côté, l'épouse de cet homme a déposé lundi une plainte contre X pour "mise en péril de la vie d'autrui" (voir la vidéo). Le parquet va ouvrir une enquête préliminaire contre X pour "déterminer s'il y a eu des dysfonctionnements et où". Selon des sources concordantes interrogées dimanche par l'AFP, l'homme de 57 ans, victime samedi soir d'un malaise cardiaque à Massy, n'a pu être accueilli pendant six heures, faute de place, dans un service de réanimation hospitalier et est décédé alors qu'il allait enfin y être admis. "24 (hôpitaux) ont été sollicités avant que l'hôpital Bichat n'apporte une réponse favorable à 5 heures du matin", a déploré la ministre de la Santé.
Selon Odile Lagrange, auxiliaire de vie de 56 ans, il y a "sûrement" eu un dysfonctionnement, tout en précisant que les médecins du SAMU "ont bien pris soin" de son mari. Elle a également dit espérer que l'enquête permettra de déterminer ce qui s'est passé. Appelé car son mari "étouffait", les pompiers et le SAMU sont intervenus "assez vite" à son domicile de Massy où son mari a été pris en charge vers minuit samedi soir, et était "conscient, sous oxygène et perfusé", a-t-elle expliqué. "Ils se sont bien occupés de lui". "Quand il est parti, il n'était pas mourant, il était conscient", a dit Odile Lagrange. "Après, ce qui s'est passé, je ne peux pas vous dire". Son époux transporté à l'hôpital de Longjumeau, où il a fait trois arrêts cardiaques, puis un quatrième à l'hôpital Lariboisière, à Paris, où il est décédé.
"Je ne sais pas ce qui s'est passé entre mon domicile et là-bas (Lariboisière)", a-t-elle expliqué. "Ils (les médecins du SAMU) ont téléphoné à plusieurs hôpitaux, mais il n'y avait pas de place", a-t-elle poursuivi. Là, il a été, selon elle, admis dans une chambre. "Ils ne m'ont rien expliqué", a raconté Mme Lagrange. S'il avait été pris en charge à temps en réanimation, "il serait peut-être encore en vie", a-t-elle ajouté. "A la télévision, ils ont parlé de six heures d'attente pour avoir une place" en réanimation. En invalidité depuis quelques années à cause de problèmes d'arthrose, son époux, ancien chauffeur-livreur souffrait de diabète, mais pas de problèmes cardiaques.
Le syndicat d'urgentistes Amuf met en cause les fermetures de lits de réanimation en cette période de fin d'année et plus largement le manque de moyens des urgences. L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) affirme quant à elle que "dimanche à 16 heures, comme la veille à la même heure, cinq places de réanimation étaient disponibles en Ile-de-France". La ministre de la Santé a "demandé un état des lieux précis du nombre de lits de réanimation disponibles en Ile-de-France cette nuit-là", a indiqué le ministère.
Le Parti socialiste lui a demandé "d'apporter une réponse immédiate à la situation des services d'urgence en période de fêtes et de faire en sorte que toute la lumière soit faite". Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, a aussi demandé à Roselyne Bachelot d'organiser "dans les plus brefs délais une cellule de crise". Le "plan blanc", mis en oeuvre notamment durant la canicule de 2003 en France, consiste à décloisonner les services pour favoriser l'accueil des patients. Philippe Juvin, secrétaire national de l'UMP et chef du service des urgences de l'hôpital parisien Beaujon, a imputé le drame de dimanche à un problème d'organisation. "La vérité est que l'hôpital manque cruellement de pilote", écrit-il dans un communiqué. Attribuer à "un manque de moyens" ce décès est "incroyablement malhonnête", selon le secrétaire national Philippe Juvin, mettant en garde contre la "récupération politicienne" de cette affaire.
(D'après agence)
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