On pratiquerait trop de césariennes non justifiées en France

le 07 décembre 2008 à 17h03 , mis à jour le 07 décembre 2008 à 22h29

Selon une étude, les cliniques privées particulièrement ont tendance à multiplier ces interventions par commodité ou intérêt économique.

Grossesse échographie enceinte bébé foetusImage d'archives © TF1

Trop d'accouchements se font par césarienne en France, selon la Fédération hospitalière de France (FHF) qui dénonce dans une étude la tendance à multiplier ces interventions par commodité ou intérêt économique, particulièrement dans les cliniques privées. Les césariennes, qui ont compté l'an dernier pour 20,1% des naissances, contre 10,9% en 1981, seraient de plus en plus utilisées comme "facteur de l'organisation des naissances" ou pour "optimiser les coûts de production", selon cette étude publiée dimanche par le Journal du Dimanche.
 
La FHF, qui regroupe les hôpitaux publics, relève que le taux de césariennes des 559 maternités qui prennent en charge les grossesses les moins risquées (niveau 1) en France et pratiquent au moins 200 accouchements par an varient de 9,3% à 43,3%. Ce dernier taux est relevé dans la clinique de la Muette, dans le XVIe arrondissement de Paris. Sur les 15 établissements ayant les plus forts taux de césarienne, 12 relèvent du secteur privé, un du parapublic et deux du secteur public. Le taux de césariennes dans les maternités privées qui prennent en charge les grossesses sans risque particulier est même un point de pourcentage au-dessus de celui des hôpitaux publics accueillant les grossesses pathologiques (niveau 3). Le recours à la césarienne, planifié, permet aux maternités de réduire le nombre de gardes de nuit et de week-end.
 
Au-delà de 30% de césariennes, "on est plus dans la bonne médecine", selon Damien Subtil, chef du pôle obstétrique du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Lille, cité par le journal. "Le fait d'avoir un taux de césariennes raisonnable est un critère de qualité très important, tant pour l'établissement que pour la santé des femmes", selon M. Subtil. Les médecins soulignent que les enfants nés par césarienne ont plus de problèmes respiratoires, et notamment d'asthme, que la moyenne. Le taux de mortalité de la mère, en moyenne de 1/10.000, est aussi 3,5 fois supérieur en cas d'incision de l'abdomen et de l'utérus, rappelle le JDD. La Fédération hospitalière privée se défend en affirmant au journal que ses établissements "n'ont aucun intérêt financier à pratiquer des césariennes, puisque cette intervention est sous-rémunérée à hauteur de 347 euros". La volonté de ne pas prendre de risques et de se prémunir contre des procès, ainsi que la multiplication des grossesses tardives expliquent également en partie la hausse continue du nombre de césariennes.

le 07 décembre 2008 à 17:03
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Sciences
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience