Images d'archives © TF1Après la mort d'un homme, en attente d'une place en réanimation, des suites d'un malaise cardiaque (lire notre article), le conflit qui oppose urgentistes et la ministre de la Santé semble s'envenimer. Pour preuve, Roselyne Bachelot a appelé, mardi sur RTL, les Français à garder confiance en leurs hôpitaux publics, alors que les capacités d'accueil de ces derniers sont mises en cause par le principal syndicat de médecins urgentistes qui réclame des mesures immédiates.
"Nous demandons de nouveau des mesures immédiates pour permettre un accueil des malades dans les hôpitaux. Les services d'urgences doivent être en mesure d'accueillir tous les malades avec dignité", a ainsi déclaré l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf) dans un communiqué. Dimanche, le patient pris en charge par le Samu de l'Essonne, a été refusé dans au moins 24 hôpitaux de la région parisienne pendant six heures avant d'être admis, trop tard, à Paris à Lariboisière. L'Amuf ajoute que faute de réponse du ministère de la Santé, elle révélera tous les "dysfonctionnements" que l'état des hôpitaux en période de fêtes risque selon elle de provoquer, notamment pour le réveillon du Nouvel An.
Polémique à but politique
L'Amuf et plusieurs autres syndicats de médecins imputent l'incident de dimanche aux fermetures de services et de lits, accentuées en période de fêtes pour cause d'économies. Mais ce n'est pas l'avis de Roselyne Bachelot qui nie tout problème de moyens et a écarté lundi tout rappel de personnels et tout plan d'urgence. Tout en admettant que l'ensemble de la région parisienne, une zone d'une dizaine de millions d'habitants, ne comptait dimanche que onze lits de réanimation disponibles répartis dans 10 hôpitaux, elle a imputé le décès du malade cardiaque à un triste mais banal problème de diagnostic, d'orientation et d'organisation. Et la ministre de passer à l'offensive en déclarant que la polémique sur les hôpitaux n'a qu'un but politique.
Mais l'Amuf réfute son analyse. "Nous n'acceptons pas la remise en cause des urgentistes (...) Les médecins ont accompli leur travail, mais ils n'ont pas eu les moyens de diriger rapidement ce malade dans une unité appropriée et en aucun cas ils ne peuvent être tenus comme responsables", écrit le syndicat.
Quoiqu'il en soit, le ministère a confié une enquête administrative à l'Igas (Inspection générale des affaires sociales). Une enquête préliminaire de police a été ouverte par le parquet d'Evry (Essonne), après le dépôt par l'épouse de la victime d'une plainte pour "non-assistance à personne en danger" (lire notre article). Cette dernière juge dans Le Parisien lundi "injuste et anormal" le sort de son mari, qui était conscient quand elle l'a quitté, raconte-t-elle. "J'ai le sentiment qu'il a fait son malaise au mauvais moment, pendant les vacances", ajoute-t-elle.
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