Couloir d'hôpital © TF1/LCI![]() |
| "De très sérieux progrès" ont été faits dans les hôpitaux |
L'affaire de la mort du petit Ilyès, victime d'un problème de perfusion, avait relancé les questions sur la sécurité des soins à l'hôpital. Le classement que dévoile L'Express cette semaine éclaire le débat d'un jour nouveau. Il s'attache à la question des infections nosocomiales (des maladies contractées lors de soins) et de la manière dont les hôpitaux et cliniques s'en prémunissent. Or, 162 établissements sont exclus du classement officiel des performances des établissements de santé en la matière, pour absence de suivi des malades opérés, selon L'Express.
L'association le Lien, spécialisée dans l'aide aux victimes d'infections nosocomiales et d'accidents médicaux, estime d'après les données de l'Organisation mondiale de la santé que "plus de 30.000 patients décèdent chaque année en silence d'accidents médicaux en France", soit "l'équivalent de la perte de deux Boeing 747 par semaine". Parmi ces victimes, il y aurait selon l'association près de 7000 décès par infections nosocomiales - dont au moins 30% évitables - et 12.000 décès par accidents médicamenteux - dont au moins la moitié évitables. Un rapport parlementaire évalue pour sa part le nombre total de ces infections, de gravité variable, à 750.000 par an, et en fait la "cause directe de plus de 4000 décès par an" dans les hôpitaux. Près de 30% seraient évitables.
"Nous ne les avons pas pris en traître"
L'intérêt de la "liste noire" que publie L'Express est de pointer du doigt des établissements pris en défaut de non prise en compte du risque. Parmi ces "mauvais élèves", on trouve par exemple la clinique de La Muette, à Paris, où a accouché la ministre de la Justice Rachida Dati. "Ces hôpitaux sont exclus parce qu'ils ne se sont pas organisés pour surveiller si des infections surviennent à l'endroit où les patients ont été opérés", commente la ministre de la Santé Roselyne Bachelot dans l'hebdomadaire. "Nous ne les avons pas pris en traître. Cette exigence remonte à 2005. Les agences régionales de l'hospitalisation sont maintenant chargées d'identifier les difficultés que rencontrent ces établissements pour mettre en oeuvre la surveillance".
Il est vrai que la gestion du risque - détecter les erreurs, même rattrapées au vol, et analyser leurs causes et en parler, pour en réduire le nombre et les effets - n'est pas encore bien inscrite dans la culture des soignants en France. Malgré des progrès certains : le nombre d'infections nosocomiales est en baisse depuis les années 90 - la diminution la plus spectaculaire (-13% dans les centres hospitaliers universitaires et -24% dans les centres hospitaliers généraux) ayant été constatée entre 1996 et 2001.
Même si les progrès se sont faits depuis moins spectaculaires, Roselyne Bachelot ne s'en félicite pas moins des résultats du plan de lutte 2005-2008 contre les infections nosocomiales, arrivé à échéance, et qui selon elle "a été un succès". Aujourd'hui, "avec son faible taux d'infections nosocomiales, la France se trouve dans le peloton de tête des pays européens", souligne-t-elle. Pour le nouveau programme national 2009-2012, Roselyne Bachelot indique avoir décidé "d'étendre la prévention des infections à tous les soins, y compris ceux dispensés dans les cabinets de ville et les établissements médico-sociaux comme les maisons de retraite".
D'après agence
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