Faut-il un Grenelle des hôpitaux ?

le 04 janvier 2009 à 12h28 , mis à jour le 04 janvier 2009 à 13h44

Après plusieurs drames dans les hôpitaux, dont la mort de deux enfants pour des erreurs de perfusion, Roselyne Bachelot veut une "réunion de retour d'expérience sur la permanence des soins".

TF1/LCI : Urgences hospitalières : ambulanceImage d'archives © TF1/LCI

Face à la polémique, Roselyne Bachelot veut consulter. La ministre de la Santé compte organiser dès la mi-janvier une "réunion de retour d'expérience sur la permanence des soins" après la série de drames survenue dans les hôpitaux. Elle s'en est expliquée dans une interview au Journal du dimanche. "J'inviterai les quatre intersyndicales de praticiens hospitaliers, les huit syndicats de la fonction publique hospitalière et les représentants du Samu", a-t-elle déclaré.

Une concertation annoncée alors qu'un nourrisson de 6 mois, Louis-Joseph, est mort vendredi à l'hôpital Necker à Paris après une erreur humaine de réglage de perfusion dans un établissement hospitalier des Yvelines. Ce drame survenait lui-même moins de deux semaines après la mort du petit Yliès, le 24 décembre à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris, où il avait été admis pour une angine pour laquelle une infirmière lui a administré par erreur du chlorure de magnésium. Ce décès et la mort d'un patient de 57 ans le 28 décembre, après une longue recherche d'un lit en réanimation, ont nourri une polémique sur d'éventuels dysfonctionnements hospitaliers, l'opposition déplorant un manque de moyens.

"C'est toujours facile de dire qu'on n'a pas assez de moyens"

Polémique stérile pour Roselyne Bachelot, qui affirme "qu'il n'y a pas de pénurie de lits de réanimation". Un argument pourtant battu en brèche par des praticiens lors de la mort du patient qui n'avait pu trouver place à l'hôpital à temps : il ne suffit pas d'avoir un lit de réanimation, encore faut-il avoir les matériels et les personnels adéquats pour soigner le malade... Mais le gouvernement nie le manque de moyens, plaidant plutôt le manque d'organisation de l'hôpital. C'est l'argument du ministre du Budget et de la Fonction publique, Eric Woerth, qui, excluant toute rallonge, assure que l'hôpital a "les moyens de fonctionner" mais "a besoin d'une meilleure organisation". Invité du Grand Rendez-vous Europe 1 /Le Parisien, il a jugé : "C'est toujours facile quand ça ne marche pas de dire qu'on n'a pas assez de moyens. La réponse n'est pas systématiquement dans des moyens supplémentaires. Il y a des endroits où il n'y a pas assez de moyens comme l'hôpital psychiatrique, mais il y a des endroits où les moyens sont terriblement mal affectés".

En France, la part des dépenses de santé consacrée à l'hôpital est supérieure à celle du reste de l'OCDE (64% contre 50% en moyenne), a également fait valoir le ministre. Argument déjà exposé dans les colonnes du JDD par sa collègue de la Santé : Roselyne Bachelot avait souligné que "la France est le pays qui dépense le plus pour son hôpital par habitant", tout en réaffirmant qu'elle ne comptait fernmer aucun établissement : "nous garderons les hôpitaux de proximité mais nous allons les recentrer sur les urgences, les soins courants, la convalescence ou la rééducation".

Une série de drames qui "pose le problème de l'organisation des soins"

Dans Le Parisien Dimanche, Philippe Juvin, chef du service des urgences de l'hôpital Beaujon à Clichy, dans les Hauts-de-Seine, et secrétaire national de l'UMP, a lui aussi nié dimanche "que l'hôpital soit en crise". La série de drames qui a endeuillé les hôpitaux "pose le problème de l'organisation des soins", selon lui. "Concernant les erreurs médicales sur les dosages de médicament, elles sont rares, et rien ne dit qu'elles sont liées à des sous-effectifs".

"Contrairement à ce que disent actuellement les politiques, il y a bel et bien un problème de moyens", pour Jean-Louis Chabernaud, président du syndicat national des pédiatres des établissements hospitaliers, interrogé par le Journal du Dimanche. "On atteint aujourd'hui la limite, on touche à la qualité de l'accueil et à la sécurité des patients. Nous sommes d'autant plus inquiets que la future loi Hôpital, Patients, Santé, Territoire, à laquelle le président de la République tient beaucoup, doit entraîner 20.000 suppressions d'emplois supplémentaires. Il faut absolument renoncer à cette approche". De son côté, le Syndicat national des Praticiens Hospitaliers en Anesthésie Réanimation, a souligné dans un communiqué que "depuis l'exigence de rentabilité, temps, sérénité et confiance sont trois valeurs qui ont disparu de notre quotidien. Il n'est plus question que de concurrence, de parts de marché à conquérir, de compression de personnel, de patients qui rapportent plus ou moins".

D'après agence

le 04 janvier 2009 à 12:28
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41 Commentaires

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  • Arnaud, le 05/01/2009 à 10h46

    Faut-il vraiment nous coller des "Grenelle" à toutes les sauces ? L'utilisation systématique de cette expression toute faite devient pénible...

  • Laingnez, le 05/01/2009 à 10h11

    Bonjour, étant donné que ce genre de problème est endémique depuis longtemps pourquoi faut il qu'il y ait mort d'enfants pour voir une réaction de tutelle ? pourquoi faut il toujours ( ou souvent ) que l'on se brûle contre la cuisinière pour s'apercevoir de la dangerosité ?

  • Titi27, le 05/01/2009 à 09h41

    Je suis entièrement d'accord pour un grenelle des hopitaux, les médecins chirurgiens,infirmieres et autres ne sont plus suivi après leurs diplomes d'ou certaines lacunes pour certains.J'aimerai surtout qu'ils donnent le nombres de morts dans les hopitaux, je ne parle pas de morts naturel, mais suite à une opération ou aux soins qui ont suivi, je crois que l'ont auraient une grosse surprise.J'ai vu plusieurs cas ou la personnes que vous allez voire à l'hopital va bien , les infirmières font sortir la famille pour les soins et meme pas sur le retour il est mort. Mort dans la rue autopsie, mort a l'hopital normal, vite mis au frigo et entérré ,ni vu ni connu ont ne recherche pas la cause , les assurances sont trop chères pour les chirurgiens en autres d'où peut etre des bavures passé sous silence.Pour en finir si vous devez allez à l'hopital , prévoir votre testament avant. Comme les électriciens et autres faire des bilans de compétances ou habilitation à exercé dans la proféssion tous les trois ans et meme moin car c'est notre corp et notre vie qu'ils ont entrent leurs mains.

  • NANOU, le 05/01/2009 à 08h19

    C'est à mon avis un problème de moyen, je suis infirmière et on demande aux personnels d'être rentable peut importe les moyens imployés et la sécurité, la restriction d'effectif pèse et entraine forcément des erreurs (malheureusement grave dans la santé)!!!C'est pas comme dans les usines, nous on soigne des personnes humaines et on est considérer comme dans une usine il faut du chiffre et être les meilleurs , seulement ce n'est pas compatible de s'occuper de 20patients seuls!C'est facile de parler de se qu'on ne connait pas, ce qui gère les hopitaux ne sont jamais sur le "terrain"

  • Mad, le 05/01/2009 à 01h42

    J'ai souvent constaté durant mes diverses hospitalisations le manque de personnel .Les infirmières et aides soignants ainsi que les médecins travaillent plus de 12 heures par jour .Oui il faut que les politiques se bougent et que tous les citoyens regardent la réalité des conditions de travail dans nos hôpitaux ! oui c'est urgent notre santé ce n'est pas une quelconque marchandise. Mad

  • Martine, le 05/01/2009 à 01h02

    Honteux en 2009, les soins aux malades sont en train de régresser, à quoi ça sert de prôner la haute technologie de médecine si on est pas capable de recevoir et sauver des patients "style infartus" et biens d'autres cas !!!! il faut donner les moyens à la médecine !!! plus d'habitants = plus de médecins et plus de lits aux urgences, et pas le contraire depuis quelques années!!! qui va enfin réagir en haut lieu sur un sujet de cette importance ???

  • JOCE, le 04/01/2009 à 23h52

    La fermeture des petits hopitaux de proximité met en danger les grands hopitaux, trop de patients et pas assez de personnel soignants, qui font leurs possible pour assumer mais fatigue, stress ,et on arrive a des drames épouvantables et irrémédiables, l'état peux donner les moyens tout est à revoir, qu'on écoute les gens qui travaillent dans les hopitaux car nos dirigeant ne savent pas de quoi sont faites les journées du personnels soigants ?!!!!!!!!!!

  • Mich59, le 04/01/2009 à 22h58

    Nous ne voulons plus de paroles mais des actes.........

  • Marie, le 04/01/2009 à 22h48

    Le problème des sous-effectifs est réel,en particulier à Paris.Je suis moi meme infirmière en réanimation à Paris,et je n'ai pris que 2 rtt par an pendant 2 ans à cause du manque de personnel,tout en travaillant 12h par jour,en alternance jour/nuit(ce qui n'était pas un choix!)Avec un ryhme pareil,on devient forcément moins vigilant au bout d'un certain temps,et plus sujet à faire des erreurs.Sauf que nos erreurs mettent en jeu des vies humaines,contrairement aux erreurs de ceux qui travaillent dans un bureau.Et tout ça pour un salaire à 1500 euros par mois et 3 ans d'études,ce qui,à Paris,permet à peine de vivre.Alors il ne faut pas s'étonner qu'il y ait de moins en moins d'infirmiers!!J'adore mon métier,mais si c'était à refaire,je ferai d'autres études....

  • Staphylo, le 04/01/2009 à 22h19

    Le probleme on peut dire que les hopitaux ont assez de personnel mais la question combien sont au chevet des patient on englobe malheureusement dans ce chiffre tous les chefs,les administratives tous ceux qui ne soignent pas mais en realité ils manquent bel et bien des SOIGNANTS pour étre sur le terrain en tant qu infirmiére la realité est la on est en sous nombre d ou une desorganisation et les erreures commises par la faute non pas des infirmiers mais bel et bien d un gouvernement qui est finalement le coupable et qui se cache et incrimine son personnel notre ministre est elle a la hauteur de sa tâche et humaine ou juste public relation

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