Image d'archives © TF1/LCIFace à la polémique, Roselyne Bachelot veut consulter. La ministre de la Santé compte organiser dès la mi-janvier une "réunion de retour d'expérience sur la permanence des soins" après la série de drames survenue dans les hôpitaux. Elle s'en est expliquée dans une interview au Journal du dimanche. "J'inviterai les quatre intersyndicales de praticiens hospitaliers, les huit syndicats de la fonction publique hospitalière et les représentants du Samu", a-t-elle déclaré.
Une concertation annoncée alors qu'un nourrisson de 6 mois, Louis-Joseph, est mort vendredi à l'hôpital Necker à Paris après une erreur humaine de réglage de perfusion dans un établissement hospitalier des Yvelines. Ce drame survenait lui-même moins de deux semaines après la mort du petit Yliès, le 24 décembre à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris, où il avait été admis pour une angine pour laquelle une infirmière lui a administré par erreur du chlorure de magnésium. Ce décès et la mort d'un patient de 57 ans le 28 décembre, après une longue recherche d'un lit en réanimation, ont nourri une polémique sur d'éventuels dysfonctionnements hospitaliers, l'opposition déplorant un manque de moyens.
"C'est toujours facile de dire qu'on n'a pas assez de moyens"
Polémique stérile pour Roselyne Bachelot, qui affirme "qu'il n'y a pas de pénurie de lits de réanimation". Un argument pourtant battu en brèche par des praticiens lors de la mort du patient qui n'avait pu trouver place à l'hôpital à temps : il ne suffit pas d'avoir un lit de réanimation, encore faut-il avoir les matériels et les personnels adéquats pour soigner le malade... Mais le gouvernement nie le manque de moyens, plaidant plutôt le manque d'organisation de l'hôpital. C'est l'argument du ministre du Budget et de la Fonction publique, Eric Woerth, qui, excluant toute rallonge, assure que l'hôpital a "les moyens de fonctionner" mais "a besoin d'une meilleure organisation". Invité du Grand Rendez-vous Europe 1 /Le Parisien, il a jugé : "C'est toujours facile quand ça ne marche pas de dire qu'on n'a pas assez de moyens. La réponse n'est pas systématiquement dans des moyens supplémentaires. Il y a des endroits où il n'y a pas assez de moyens comme l'hôpital psychiatrique, mais il y a des endroits où les moyens sont terriblement mal affectés".
En France, la part des dépenses de santé consacrée à l'hôpital est supérieure à celle du reste de l'OCDE (64% contre 50% en moyenne), a également fait valoir le ministre. Argument déjà exposé dans les colonnes du JDD par sa collègue de la Santé : Roselyne Bachelot avait souligné que "la France est le pays qui dépense le plus pour son hôpital par habitant", tout en réaffirmant qu'elle ne comptait fernmer aucun établissement : "nous garderons les hôpitaux de proximité mais nous allons les recentrer sur les urgences, les soins courants, la convalescence ou la rééducation".
Une série de drames qui "pose le problème de l'organisation des soins"
Dans Le Parisien Dimanche, Philippe Juvin, chef du service des urgences de l'hôpital Beaujon à Clichy, dans les Hauts-de-Seine, et secrétaire national de l'UMP, a lui aussi nié dimanche "que l'hôpital soit en crise". La série de drames qui a endeuillé les hôpitaux "pose le problème de l'organisation des soins", selon lui. "Concernant les erreurs médicales sur les dosages de médicament, elles sont rares, et rien ne dit qu'elles sont liées à des sous-effectifs".
"Contrairement à ce que disent actuellement les politiques, il y a bel et bien un problème de moyens", pour Jean-Louis Chabernaud, président du syndicat national des pédiatres des établissements hospitaliers, interrogé par le Journal du Dimanche. "On atteint aujourd'hui la limite, on touche à la qualité de l'accueil et à la sécurité des patients. Nous sommes d'autant plus inquiets que la future loi Hôpital, Patients, Santé, Territoire, à laquelle le président de la République tient beaucoup, doit entraîner 20.000 suppressions d'emplois supplémentaires. Il faut absolument renoncer à cette approche". De son côté, le Syndicat national des Praticiens Hospitaliers en Anesthésie Réanimation, a souligné dans un communiqué que "depuis l'exigence de rentabilité, temps, sérénité et confiance sont trois valeurs qui ont disparu de notre quotidien. Il n'est plus question que de concurrence, de parts de marché à conquérir, de compression de personnel, de patients qui rapportent plus ou moins".
D'après agence
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