Une pharmacie © TF1/LCIQui n'a jamais rapporté à la pharmacie des médicaments dont il n'avait plus besoin, qu'ils soient périmés ou non ? Jusqu'à présent, les médicaments non périmés étaient ensuite en partie mis à la disposition des partenaires humanitaires, qui les distribuaient aux populations démunies, en France ou à l'étranger. Un système, du nom de Cyclamed, qui compte tenu de ses carences vient d'être changé. Désormais, les médicaments rapportés et dont la date de péremption n'est pas dépassée ne seront en effet plus redistribués à l'étranger mais incinérés.
Le système Cyclamed avait été mis en place en 1993 par l'industrie pharmaceutique, priée de contribuer à l'élimination des déchets d'emballage. Mais le système avait ses carences. En cause notamment, les éventuels détournements de médicaments par des pharmaciens, l'inadaptation des médicaments récupérés aux besoins des populations du sud, les notices incompréhensibles par des non-francophones ou encore les confusions possibles autour des dates de péremption. Et c'est sans parler du fait que Cyclamed ne récupère qu'une petite partie des médicaments non utilisés, dont la plupart terminent à la poubelle, et sont donc à la charge des collectivités locales.
"La chaîne de la solidarité brisée"
D'où le changement du système à compter du 1er janvier. Désormais, tous les médicaments récupérés feront l'objet d'une "valorisation énergétique". Ils seront ainsi incinérés dans des unités récupérant l'énergie et "équipées de traitements de fumées conformes à la règlementation", précise Cyclamed.
Reste que pour les associations qui distribuaient ces médicaments aux populations démunies, de nouvelles sources d'approvisionnement sont à trouver. Pour les y aider, une procédure a donc été mise en place par les responsables de la santé. Pour les associations qui travaillent en France, l'association Pharmacie Humanitaire Internationale achètera des médicaments neufs et jouera le rôle de fournisseur. Pour les associations qui travaillent à l'étranger, le ministère des Affaires étrangères prévoit un système de "demandes de subventions pour des projets comportant une composante 'dons de médicaments'". Mais l'Ordre de Malte, qui distribue des médicaments dans des pays du sud en fonction de demandes et non sur projet, s'estime donc contraint de trouver de lui-même "de nouveaux financements". Début décembre, il avait ainsi regretté "la chaîne brisée de la solidarité" et lancé une pétition "pour un million de vies", soit à peu près le nombre de personnes qu'il dit aider chaque année avec des médicaments non utilisés.
Quant aux écologistes, ils craignent que l'incinération de tous les médicaments incite encore moins les particuliers à les déposer dans les pharmacies et prônent donc un système de distribution plus économe, avec fourniture au patient du nombre exact d'unités de médicament nécessaires au traitement, évitant ainsi le problème des déchets.
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