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Hôpital - Sarkozy : pas un problème de moyens

Par Matthieu DURAND, le 09 janvier 2009 à 12h57, mis à jour le le 09 janvier 2009 à 20:42

Tout en rappelant qu'il s'agit d'une priorité pour 2009, le chef de l'Etat a estimé vendredi que la réforme de l'hôpital passe par une meilleure organisation plutôt qu'une augmentation des budgets. Nicolas Sarkozy présentait ses voeux aux personnels de santé lors de l'inauguration du nouvel hôpital de Strasbourg.

Nicolas Sarkozy hôpital civil StrasbourgLe chef de l'Etat le 9 janvier à l'hôpital civil de Strasbourg

 


Discours de Sarkozy : qu'en pense-t-on sur le terrain ?

Nicolas Sarkozy a présenté ses voeux aux personnels de santé, vendredi à Starsbourg, où il a officiellement inauguré le nouvel hôpital de la ville.

Soutien aux personnels de santé 

Nicolas Sarkozy a souhaité que les personnels des hôpitaux retirent de leur "engagement exemplaire auprès des malades (...) la satisfaction et la reconnaissance" qu'ils méritent. Il les a également assurés de son soutien "en toute circonstance".

Pas une question de moyens

Le service hospitalier français est "un des meilleurs au monde", a affirmé Nicolas Sarkozy. Sa réforme, "une des priorités" du gouvernement pour 2009, vise à faire en sorte "que l'hôpital offre des soins sûrs, de qualité et que les personnels s'y sentent bien". Le président a rappelé qu'entre 1998 et 2008, les hôpitaux et les cliniques avaient reçu 23 milliards d'euros, soit une augmentation de près de 50% de leurs budgets. Le défi d'aujourd'hui vise donc, non pas à augmenter les moyens, mais à rendre "plus efficace" ces sommes déjà distribuées.

Réorganisation indispensable

"L'hôpital doit être mieux organisé", a martelé le chef de l'Etat. Le directeur verra ses pouvoirs renforcer afin d'en faire un vrai "patron". Chaque établissement bénéficiera de davantage de "liberté" et de "souplesse", notamment pour décider de ses recrutements et de ses achats. Nicolas Sarkozy a également prôné la mise en réseau des hôpitaux pour améliorer le partage des connaissances et des compétences. Il a incité les hôpitaux et cliniques à mettre en place des indicateurs de qualité.

Contre la "pagaille" aux urgences

Les agences régionales de santé auront une responsabilité dans la gestion des urgences. "Ça suffit la pagaille !", a lâché le président, qui souhaite une plus grande coopération entre l'hôpital et la médecine de ville. "D'ici deux ans, 90% de la population sera prise en charge par des structures d'urgences dans des délais raccourcis", a-t-il affirmé, évoquant le recours aux hélicoptères et à la télémédecine. En 2009, 20 unités neurovasculaires, destinées à traiter les accidents vasculaires cérébraux, seront ainsi ouvertes.

Rendre sa fierté à la psychiatrie

"Les hôpitaux psychiatriques doivent être une fierté", selon le chef de l'Etat. D'où un "plan d'investissement spécifique" qui se traduira notamment par 342 opérations de modernisation d'ici à 2010.

Le CHU passé au scanner

"Il est grand temps de s'interroger sur les relations hôpital - université", a encore estimé le chef de l'Etat, abordant dans la partie finale de son discours la question des centres hospitaliers universitaires. Les CHU, qui fêtent cette année leurs cinquante ans, ont été épinglés par Nicolas Sarkozy pour leurs moindres résultats par rapport à leurs homologues britanniques ou allemands. "La recherche est devenue une part secondaire de l'activité de beaucoup de médecins hospitalo-universitaires", a déploré le président qui y voit "non un problème de compétences ou de moyens" mais d'"organisation". Une commission présidée par le chirurgien strasbourgeois Jacques Marescaux est chargée de "réaliser une évaluation des résultats du CHU dans sa mission de recherche, sa mission de formation et sa mission de promotion professionnelle".

Résultats dès 2009

"2009 ne sera pas une année d'annonces mais une année de résultats tangibles, concrets", a promis Nicolas Sarkozy. Résultats qui aboutiront notamment à "moins d'attente aux urgences" et davantage de maisons de santé. Evoquant sa rencontre avec des syndicats, dans la mâtinée, le président a assuré les personnels de sa volonté de les écouter et pointé que "l'immobilisme n'est pas une solution".

Drames récents

Commentant les "événements graves" intervenus récemment dans des hôpitaux, le président a voulu témoigner "[sa] sympathie et [son] soutien" aux équipes médicales ainsi que "[sa] solidarité" pour les familles des proches décédés. Dénonçant des "polémiques parfaitement déplacées", il a assuré que, sous la houlette de Roselyne Bachelot, le gouvernement tirera "toutes les leçons de ce qui s'est passé".

Rappelant qu'il a été directeur d'un hôpital pendant 20 ans, le chef de l'Etat a conclu son discours en indiquant qu'il avait "parlé avec [son] cœur d'un sujet qui me passionne".

"Aujourd'hui M. Sarkozy dit aux personnels hospitaliers 'je vous aime, on vous aime', mais ce n'est pas de compassion dont ont besoin les personnels hospitaliers, ils ont besoin des moyens pour pouvoir mieux soigner les malades", a réagi la première secrétaire du PS Martine Aubry. Jean-Marie Le Guen, chargé des questions de santé au PS, a estimé que Nicolas Sarkozy n'avait "pas pris la mesure du malaise de l'Hôpital public" dans son discours, et lui a demandé de changer de politique en optant pour "un investissement massif dans la santé". "Arrêtons la compassion, il faut des actes", a ajouté Mireille Le Corre, secrétaire nationale du PS à la santé et à la sécurité sociale. Selon elle le chef de l'Etat était "hors sujet", et n'a pas répondu "aux enjeux sociaux et sanitaires du moment". L'UMP a au contraire estimé que le chef de l'Etat apportait "des réponses concrètes et modernes" aux questions liées à l'hôpital public. L'ex-UMP Nicolas Dupont-Aignan a pour sa part estimé que les professions concernées ressentiront "très légitimement un profond sentiment d'injustice".

"Personnel épuisé, les malades en danger"

"On en a marre d'entendre que c'est des problèmes d'organisation, que c'est l'ARTT." Tandis que Nicolas Sarkozy inaugurait le Nouvel Hôpital civil de Strasbourg, entre 150 et 250 agents et infirmiers, selon les sources, manifestaient aux cris de "Hôpital en colère, y en a marre de la galère" ou "Personnel épuisé, les malades en danger". Un appel à la grève avait été lancé par une intersyndicale CGT-FO-CFDT-Unsa-CFTC pour dénoncer le manque d'effectifs et de moyens. "On est là parce qu'on a estimé que c'est une provocation de nous souhaiter les voeux alors que le personnel est en souffrance et en sous-effectif toute l'année", a expliqué Claudine Giorgi, déléguée CGT des Hôpitaux universitaires de Strasbourg. A Strasbourg, les hôpitaux universitaires comptent 8000 agents et 2000 médecins.

le 09 janvier 2009 à 12:57
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