Les médecins auront-ils droit à une prime au mérite ?

le 05 février 2009 à 07h26 , mis à jour le 05 février 2009 à 10h46

Jusqu'à 7 euros par patient, soit un cumul annuel pouvant atteindre 8000 euros pour les médecins méritants : l'assurance maladie souhaite récompenser les "bonnes pratiques" médicales.

Déclaration de choix de médecin traitantDéclaration de choix de médecin traitant © TF1/LCI

Les plans d'économie successifs destinés à résorber le "trou" dans les caisses de la sécurité sociale ont tenté de modifier les comportements des patients, des médecins, avec des résultats parfois problématiques. Qu'il s'agisse de diminution de remboursement de substances au "service médical rendu insuffisant", de prescription de génériques en lieu et place des grandes marques de médicaments de laboratoires connus, de diminution du nombre de substances prescrites, de contrôle du parcours de soin, les réformes se heurtent à des résistances qui ne viennent pas que des seuls patients. A l'idée parfois évoquée, mais fort peu populaire au sein du corps médical, des sanctions, s'ajoute désormais celle des bons points récompensant les médecins jugés "bons élèves".

L'assurance maladie souhaite ainsi proposer dès le mois de mars à chaque médecin traitant une prime annuelle pouvant aller jusqu'à 7 euros par patient dans le cadre d'un contrat "d'amélioration des pratiques" de prescription et prévention. A condition d'atteindre des objectifs précis (prescription de certains médicaments, vaccinations contre la grippe, dépistage du cancer du sein, etc.), le praticien signant ce contrat facultatif toucherait, outre ses honoraires, une prime annuelle pouvant représenter plusieurs milliers d'euros.

Les syndicats de médecins libéraux hostiles

Chaque médecin traitant a été déclaré comme tel par près de 800 personnes en moyenne. Dans cette hypothèse (800 patients), le praticien atteignant tous les objectifs fixés toucherait 5600 euros annuels. Le nombre de patients de certains médecins allant jusqu'à 1200 personnes, la prime de ces praticiens pourrait en théorie dépasser les 8000 euros, si tous les objectifs étaient atteints.

Ces sommes constituent des plafonds que les syndicats de médecins libéraux, hostiles par principe à ce type de contrat individuel, ont jugé difficiles à atteindre, lors de leurs discussions sur ce thème avec l'assurance maladie fin 2008. Par ailleurs, la mise en place de ce contrat dépend de la publication d'un texte en ce sens au Journal officiel, une décision qui relève du gouvernement, a précisé la Caisse nationale de l'assurance maladie.

D'après agence

Les médecins, mauvais élèves du parcours de soin ?

Seuls deux médecins libéraux sur dix ont désigné  un de leurs confrères comme médecin traitant, selon une enquête menée en Haute-Normandie à l'initiative des conseils départementaux de l'Ordre des  médecins. "La prise en charge du médecin malade se révèle complexe, tant pour le médecin-patient qui n'ose pas déranger un confrère pour des symptômes qu'il a  tendance à minimiser que pour le médecin-soignant (...) qui doit tenter de rester le plus objectif possible". Pour remédier à ces insuffisances, 80% des médecins se disent "favorables" à  la mise en place d'un service de médecine préventive spécifiquement dédié à la  médecine libérale.

 

le 05 février 2009 à 07:26
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