Clip contre les dangers de l'alcool © TF1/LCILCI.fr : Les députés ont voté lundi l'interdiction de la vente d'alcool et de tabac aux moins de 18 ans. Est-ce une mesure facilement applicable pour les commerçants ?
Mickael Vergereau, gérant d'une supérette Shopi à la Ferté-sous-Jouarre, en Seine-et-Marne : Cette loi est une bonne chose. Il y a beaucoup d'écoles, de lycées et de collèges autour de mon magasin et je trouve ça normal qu'un caissier ou une caissière refuse de vendre de l'alcool à un mineur à la sortie de l'école ou entre les cours. J'ai trois enfants, le plus vieux a 8 ans, et je serais content qu'un adulte prenne ses responsabilités en lui refusant d'acheter de l'alcool entre deux cours. C'est plus le père que le commerçant qui est d'accord avec cette loi.
LCI.fr : Auparavant, la vente d'alcool et de tabac était interdite aux moins de 16 ans. Comment faisiez-vous pour vous conformer à la loi ?
M. V : J'ai décidé depuis 2006, en collaboration avec la directrice d'un lycée privé situé à proximité de mon établissement, de ne plus vendre d'alcool aux moins de 18 ans alors que la loi ne l'interdisait pas encore. Cette directrice d'établissement s'était aperçue que des élèves arrivaient au lycée l'air joyeux, en fait alcoolisés. Je n'ai pas voulu prendre de risques et j'ai donc interdit la vente à tous les mineurs sans distinction.
LCI.fr : Avez-vous déjà demandé à un jeune de vous montrer sa pièce d'identité ?
M. V : Il m'est déjà arrivé pour ne pas prendre de risques, de demander une pièce d'identité. Les jeunes sont maintenant très grands et ne font pas forcément leur âge. A 16ans, certains en paraissent quatre ans de plus. Il y a parfois de petites protestations, mais après vérification, si la personne est mineure, la bouteille est remise en rayon. Généralement, ça se passe sans heurts. En tant que gérant de société, je n'ai pas envie d'avoir des problèmes. C'est donc aussi un moyen de me protéger et d'éviter les soucis.
LCI.fr : Est-ce que cette mesure peut avoir un impact sur les ventes d'alcool en France ?
M. V : Non, fort heureusement. Ce ne sont pas les jeunes qui consomment le plus d'alcool en France, ni eux qui en achètent le plus. Pour ma supérette, le message est passé. Pour les jeunes qui ont envie de consommer de l'alcool, ils savent qu'à mon magasin, ce n'est pas possible. Il y a deux ans, c'était 40% de la jeunesse locale qui essayait d'en acheter. Aujourd'hui, c'est plutôt un mineur par semaine, pas d'avantage.
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