La liberté d'installation des médecins enflamme l'Assemblée

le 04 mars 2009 à 06h42 , mis à jour le 04 mars 2009 à 09h03

Un amendement qui maintient la liberté d'installation des médecins a été voté mardi soir, alors que la gauche voulait "des actions plus contraignantes".

médecin consultation © TF1/LCI

Gouvernement, majorité et opposition ont eu un débat à fleurets mouchetés sur la question sensible de la liberté d'installation des médecins, mardi à l'Assemblée. En cause, deux amendements votés, dont un qui maintient clairement cette liberté d'installation tout en évaluant leur répartition sur le territoire dans les prochaines années.
 
Chose rare, le PS était prêt à soutenir un premier amendement de la députée UMP des Ardennes, Bérangère Poletti, qui voulait informer les étudiants en médecine que leur liberté d'installation pouvait être remise en cause au nom de la lutte contre les déserts médicaux (zones rurales ou certaines banlieues), "en cas d'échec des mesures incitatives prévues par la présente loi". L'amendement a finalement été voté, mais avec une correction du gouvernement qui fait disparaître la remise en cause de la liberté d'installation. Les étudiants seront ainsi informés "de l'objectif de la collectivité nationale de rééquilibrage de la densité médicale sur le territoire et des mesures permettant d'y concourir".

Système d'évaluation sur trois ans
 
Et au-delà du texte mettant en place un système d'information aux étudiants en médecine, un autre amendement a été voté. Ce dernier, qui n'est pas restrictif, fait apparaître un simple système d'évaluation en trois ans des schémas régionaux d'organisation des soins (SROS). "Si cette évaluation fait apparaître que les besoins" en médecins "ne sont pas satisfaits", "le directeur régional de l'agence régional de santé (ARS) peut (...) proposer aux médecins exerçant dans les zones" où l'offre de soin est élevé "un contrat de solidarité par lequel ils s'engagent à contribuer à répondre aux besoins de santé de la population" des zones moins bien pourvues. "Les médecins qui refusent de signer un tel contrat, ou qui ne respectent pas les obligations qu'ils comportent pour eux, s'acquittent d'une contribution forfaitaire annuelle", a expliqué à la presse l'auteur de l'amendement UMP, Jean-Marie Rolland, député de l'Yonne et rapporteur du texte "Hôpital, patients, territoire, santé".
 
"Il n'y a pas besoin de trois ans. L'urgence est là", a protesté Daniel Paul (PCF, Seine-Maritime), qui avait témoigné dans l'après-midi du mal qu'il avait eu du mal à trouver un rendez-vous chez un ophtalmologiste dans sa région. Pour leur part, les socialistes ont présenté en vain un amendement qui voulait plafonner les installations de médecins dans les zones déjà bien pourvues. L'opposition a par ailleurs protesté contre l'absence de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, qui participait à une émission de télévision sur l'hôpital. Elle était remplacée par Hubert Falco, secrétaire d'Etat à l'Aménagement du Territoire.

(D'après agence)

le 04 mars 2009 à 06:42
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14 Commentaires

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  • Etudiant en médecine, le 09/05/2009 à 15h46

    Comment voulez qu'un médecin s'installe dans des zones désertiques sachant qu'elles sont elles même désertées par le service public (fermeture de bureau de poste, pas de banques, limitation du nombres de commerce, fermeture d'école, d'hopitaux périphériques....) De plus, pratiquer une médecine libérale, c'est être LIBERAL et dans le mot libéral il ya le mot liberté d'installation! De plus, je ne vois pas en quoi l'état nous obligerai à nous installer à tel ou tel endroit : à ce que je sache, il ne me paie pas mes études médicales ni mes conférences de préparation d'internat qui s'élèvent pour les meilleurs à 800 euros à l'année. De plus, en tant que libéral nous ne sommes pas considéré comme fonctionnaire d'état!!!! De plus, les Français ont acces au soin gratuitement, demander à un américain : pour se faire dialyser il doit payer comptant et d'avance sinon pas de dyalise et il peut commencer à creuser sa tombe! J'aimerai aussi rapeler que s'il ya un manque de médecin, le quota de base (concours de P1) est fixé par B.O. et donc par le gouvernement. Enfin, les études médicales ne sont rénumérées qu'à partir de la 4e années à l'échelle de 116 euros pour un travail de 20 heures par semaine et les gardes de nuit en tant qu'extene en semaine valent 20 euros! Et je ne compte pas les après midi et les week end passer le nez devant son bouquins Et je ne parle même pas des internes qui durant leur première année d'internat sont rénumérés 1350 euros pour bosser pas loin des 50 heures par semaine! Il est facile de critiquer les médecins en disant qu'ils gagnent beaucoup et ne font que selon leur bonnevolonté sans aucune considérartion pour les patients, mais derrière ça il faut voir une formation qui dure 9 ans pour les généralistes et 11 ans voir 12 ans pour certains spécialistes. Et pour ma part je n'ai pas vu beaucoup de médecin travailler au 35 heures mais plutot dans les 50 heures par semaine Alors la liberté dinstallation, c'est la moindre des choses!

  • Annie, le 28/04/2009 à 06h53

    Bonjour je suis outrée de constater qu'en provinces française le nombre de médecin est très faible pour de nombreux habitants âgés qui ont besoin de soins Les médecins de campagne sont de vrais médecins et doivent se déplacer sans cesse et ont trop de travail Un généraliste de la région parisienne fait en partie son beurre en restant en partie de nombreuses heures assis dans son bureau ! en prenant des clients et plus des patients ! Voire 10 mn même moins ...... Je comprend qu'ils ne veulent plus aller s'installer en province ! c'est lamentable ! les profs font aussi des études et ne sont pas plus cons ! mais ils gagnent moins et pour ceux qui pensent qu'ils ont des vacances il faut savoir que tous les profs ont des copies et cours a preparer durant les congés scolaires ! et que les profs ne peuvent pas enseigner dans leur ville comme les medecins !

  • Une etudiante en 6e annee de medecine, le 25/04/2009 à 15h11

    Un petit rappel sur les etudes de medecine: 10% de reussite au concours de 1ère annee, 6 ans d études generales effectivement payées (100 à 200 euros par mois à partir de la 4e année pr 20h de stage hebdomadaire), un 2e concours en fin de 6e annee qui décide de la spécialisation ou non et de sa localisation, puis a nouveau entre 3 et 5 annees d études payées environ 1500 euros /mois pour plus de 35 h hebdomadaires. donc oui à la liberté d installation qui sera surtout pour ma part la possibilité de continuer à vivre au même endroit où j ai grandi même si ce n est pas un desert médical...

  • Un médecin, le 04/03/2009 à 14h04

    J'aimerais rappeler à tous ceux qui sont si prompts à critiquer ce que sont les études de médecine : un concours sélectif extrêmement sélectif en fin de première année pour avoir le droit d'étudier la médecine (soit dix heures de travail par jour en moyenne pendant un à deux ans car les redoublements sont fréquents), un deuxième concours de l'Internat encore plus dur en fin de sixième année (deux ans de préparation intensive à raison de dix heures de travail par jour également), pour être généraliste au bout de trois ans ou spécialiste au bout de cinq ans. Au total huit à onze ans d'études pénibles et peu payées pour ... au minimum pouvoir ensuite s'installer où on en a envie me semble t-il... Je ne méconnais pas le problème des déserts médicaux, mais la liberté de vivre où on le souhaite est une liberté fondamentale pour tous et il serait bon de s'en souvenir.

  • Freeze, le 04/03/2009 à 13h43

    A Lamouf de Paris, oui les médecins ont fait beaucoup d'études, moi aussi d'ailleurs et en tant qu'ingénieur j'ai pu aller là où je voulais, ou plutôt là où il y a du travail. Normal je ne dois rien à l'état, si ce n'est des impôts qui rembourse maintenant ce qu'il a payé pour moi pendant tout mon parcours. Les médecins, comme les profs (me semble-t'il) sont payés pendant une partie de leurs étude, hum par qui déjà.... Ah oui pas l'Etat ! Il serait juste que comme pour les prof leur lieu d'affectation premier soit dicté par les besoins géographique. Il ne faudrait pas non plus qu'ils oublient trop vite qu'ils sont payés, via les patients, par la sécu !

  • Vanille 97, le 04/03/2009 à 13h33

    Foutez la paix aux mèdecins ou nationalisez-les,vous en ferez des glandeurs et des profiteurs comme beaucoup de fonctionnaires de l'E N ou d'ailleurs et a l'assemblée les mèdecins ne sont pas plus cons ou plus nombreux que les instits ou les profs!!! Assez de baver sur les toubibs ,quand ils seront encore moins nombreux les fonctionnaires se remettront en grève pour un juste accès a la santé......

  • Mdr, le 04/03/2009 à 12h52

    @Lamouf : Peu tu nous dire d'ou vient l'argent qui rentre dans les poches des medecins ??? Au cas ou tu l'ignores cet argent vient de la secu (de moins en moins il est vrai). La medecine est une FAUSSE profession liberale. En effet, ou existe t'il une autre categorie liberale payé avec des fonds publics ? Notre medecine est en train de couler à cause de 2 lois créée par les medecins pour les medecins : - numerus clausus (eviter d'avoir trop de concurrent) - liberté d'installation (qui donne un desert medical en province et une surabondance de medecin non conventioné dans les grosses villes) Le resultat, une medecine de plus en plus chere et de moins en moins disponible notament en province. Les medecins ne sont rien d'autre que des fonctionnaires qui s'ignore.

  • Gc42, le 04/03/2009 à 11h39

    Plutôt que de contraindre pourquoi ne pas imaginer des incitations? Incitatations directes par une tarification spécifique des actes, une facilitation des structures regroupant plusieurs praticiens. Incitations indirectes par une amélioration des services "publics" disponibles en zone rurale ou dans les petites agglomérations: pourquoi envoyer de force ces gens dans des secteurs où il n'y a plus d'écoles, plus de bureau de poste, plus de commerces...etc. Une possiblité complémentaire est la création de structures publiques rurale regroupant plusieurs praticiens, dans lesquelles les étudiants en médecine viendraient en stage lors de leur formation, comme ils passent par des services de l'hôpital actuellement. Cela assurerait une présence rurale et créerait des vocations. Si

  • Alain, le 04/03/2009 à 11h39

    Vite une tournée générale de valium, lexomil, prozac et autres anxiolityiques...... Mais ceci dit, comme d'hab on va résoudre les problèmes en créant une taxe (ça devient une manie, va falloir qu'ils aillent consulter.....)

  • Nossim, le 04/03/2009 à 10h59

    Il suffit de voir la composition sociologique et professionnelle du parlement pour comprendre que les médecins ne seront jamais inquiété par leurs pairs. Combien de médecins députés ? sénateurs ?

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