Le pape Benoît XVI s'adresse aux journalistes dans l'avion qui le mène au Cameroun, nle 17 mars 2009. A ses côtés, le cardinal Tarcisio Bertone © REUTERS/Alessandro Bianchi Tant Benoît XVI que Jean Paul II ont toujours critiqué, parfois à mots couverts, l'utilisation du préservatif pour lutter contre le sida. Le pape n'avait pas encore posé le pied sur le continent africain qu'il réaffirmait mardi la position de l'Eglise en la matière.
"Le problème ne peut être vaincu par la distribution de préservatifs", a déclaré le souverain pontife aux journalistes à bord de l'avion qui le conduisait au Cameroun. Puis douchant tout espoir : " Cela ne fait que l'aggraver",
25 millions de morts
Les réactions d'associations de lutte contre la maladie ne se sont pas fait attendre. Au niveau politique, le président de l'asociation Elus locaux contre le sida, Jean-Luc Romero, a déclaré mercredi être "totalement scandalisé et sidéré par les déclarations du pape" Benoît XVI sur le sida, considérant qu'il s'agissait d'"un message de mort adressé aux Africains".
La veille, la ministre belge de la Santé Laurette Onkelinx avait fait part de sa "stupéfaction" et avait trouvé "encore plus consternants" les propos du pape selon lesquels la solution au sida passe par "un réveil spirituel et humain" et l'"amitié pour les souffrants". "Ses déclarations pourraient anéantir des années de prévention et de sensibilisation et mettre en danger de nombreuses vies humaines", avait averti la ministre.
Le sida a tué plus de 25 millions de personnes depuis le début des années 1980, la plupart dans les pays d'Afrique subsaharienne. La position du Vatican sur le préservatif a été critiquée dans des milieux laïcs ou chrétiens progressistes ainsi que par les associations de défense des droits des homosexuels.
| Mgr Di Falco : "On ne doit être ni criminel, ni suicidaire" |
Le pape Benoît XVI n'a fait qu'exprimer "l'idéal" catholique de fidélité et d'abstinence, a souligné mercredi l'évêque de Gap, Jean-Michel Di Falco. "Mais, dans la réalité, si on n'arrive pas à vivre la situation telle qu'il la propose on ne doit être ni criminel, ni suicidaire et on doit utiliser le préservatif", a-t-il poursuivi. "On peut dire que c'est la phrase de trop parce que dans les racourcis médiatiques ça ne lui permet pas vraiment de s'expliquer", a souligné Mgr Di Falco sur RTL. "Je pense qu'il a voulu dire que ce n'était pas suffisant mais qu'il devait y avoir derrière de l'éducation, de la responsabilisation", a-t-il ajouté. "Malheureusement dans certains pays d'Afrique parce qu'ils n'ont pas les moyens de se procurer les préservatifs, ils vont les utiliser plusieurs fois ou à plusieurs. Mais le pape ne peut pas entrer dans tous ces détails et c'est vrai que cette phrase paraît brutale et ne pas tenir compte de la réalité de ce qui se vit en Afrique", a-t-il ajouté. |
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