Les déserts médicaux inquiètent les députés

le 03 mars 2009 à 10h36 , mis à jour le 03 mars 2009 à 10h43

Alors que l'examen de la loi Bachelot a repris lundi à l'Assemblée, plusieurs députés ont dénoncé le risque d'une augmentation des "déserts médicaux". Un amendement défendu par plusieurs députés UMP et le PS a toutefois été repoussé.

[Expiré] couloir hopital santé © sxc.hu

"En Lozère, il y a plus de vétérinaires efficients que de médecins. En zone rurale, il vaut mieux être une vache qu'un homme". Pierre Morel-A-l'Huissier, député UMP de Marvejols, n'a pas mâché ses mots, lundi, pour exprimer ses craintes à Roselyne Bachelot. Le parlementaire défendait un amendement à la loi "Hôpital, patients, santé, territoire", dont l'examen a repris à l'Assemblée nationale.

Pierre Morel-A-L'Huissier proposait de définir dans la loi les temps d'accès aux soins : entre 30 minutes et une heure pour la médecine générale, 45 minutes pour une maternité, 20 minutes pour les urgences. Soutenu par le PS, son amendement a cependant été repoussé. "C'est très grave", a estimé Christian Paul (PS). "Les déserts médicaux sont désormais une réalité qui éloigne de la santé et des soins des millions de Français", assure le député de la Nièvre. Contre les déserts médicaux, le projet de loi prévoit "une régulation territoriale de la démographie médicale par le numerus clausus de première année, la répartition des postes d'internes par la spécialité".

Le PS veut, lui, reposer la question de la liberté d'installation des médecins. "Nous ne demandons pas que l'on y renonce. Il faut lui apporter un certain nombre de limites quand l'intérêt général le réclame", a résumé Christian Paul. "Nous proposerons de la plafonner, voire de la geler quand c'est nécessaire". L'objectif est ainsi d'assurer une meilleure répartition des médecins. Le nombre de médecins installés en France devrait chuter de près de 10% en France d'ici 2019, à seulement 188.000, selon le scénario le plus probable d'une étude statistique du gouvernement (Drees) publiée le 20 février.

"Casser le service public"

Les députés communistes ont dénoncé lundi le projet de loi Bachelot, qui vise à "casser le service public de santé au seul profit du secteur privé lucratif". "Sous couvert de rationalisation des moyens, les dispositions déjà adoptées par la majorité de l'Assemblée vont notamment permettre aux cliniques de débaucher les internes des hôpitaux, conduisant les établissements hospitaliers à recruter des médecins contractuels pour tenter en vain de contrer la fuite des compétences trop mal rémunérées dans le public", estiment les députés PCF.

La ministre de la Santé défend depuis le 10 février son texte "Hôpital, patients, santé, territoire" devant une poignée des députés spécialistes, pour la plupart médecins de formation. L'Assemblée a adopté des articles sur l'hôpital (remplacement du conseil d'administration par un conseil de surveillance, contrat pluriannuel d'objectifs et de moyens...). Le volet "prévention et santé publique" - interdiction totale de toute vente d'alcool aux mineurs - du texte ne viendra en discussion qu'en fin de semaine, voire la semaine prochaine. Cette partie, qui pose notamment la question des "open bars" (consommation d'alcool au forfait) et du "binge drinking"  (consommation rapide et excessive d'alcool chez les jeunes) focalise toute l'attention.

le 03 mars 2009 à 10:36
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