Oui aux dégustations, non aux open bars

le 06 mars 2009 à 06h48 , mis à jour le 06 mars 2009 à 22h02

L'Assemblée a voté un amendement qui permet d'interdire la vente d'alcool au forfait (open-bars) sans menacer les dégustations, les fêtes et les foires.

TF1-LCI, du vin © LCI

L'Assemblée a voté dans la nuit de jeudi à vendredi un amendement qui permet d'interdire la vente d'alcool au fortait (open-bars) sans menacer les dégustations, les fêtes et les foires, lors de l'examen de l'article 24, partie la plus controversée du texte de Roselyne Bachelot sur la santé.
 
Auparavant, Roselyne Bachelot s'était défendue de vouloir instaurer une "société de prohibition et d'abstinence" face aux députés des régions viticoles qui ont tiré à boulets rouges contre le volet prévention de l'alcoolisme des jeunes de son texte santé. Dans ce projet de loi, Mme Bachelot souhaitait interdire les ventes au forfait (opens-bars) qui favorisent le "binge drinking" (consommation rapide, ou encore "recherche de la défonce", selon ses propres mots). Tout en partageant l'objectif de lutte contre l'alcoolisme juvénile, les députés des régions viticoles, UMP comme PS, ont craint que ces mesures ne mettent aussi fin aux dégustations, foires, fêtes, stages oenologiques...

Pour "lever" ce doute, le président UMP de la commission des Affaires économiques, Patrick Ollier, a défendu un compromis élaboré tout au long de la journée de jeudi. Adopté par l'Assemblée, l'amendement maintient l'interdiction "d'offrir gratuitement à volonté des boissons alcooliques dans un but commercial ou de les vendre à titre principal contre une somme forfaitaire", tout en excluant du champ de cette interdiction "notamment les fêtes et foires, stages oenologiques et autres opérations de dégustations, repas vins compris". Après ce compromis, qui devra être aussi voté lors de la lecture au Sénat, la séance a été levée vers 1h30.

Bras-de-fer sur internet
 
Reste que d'autres mesures de l'article 24 inquiètent la filière viticole, notamment la limitation de la vente d'alcool dans les stations-service, la modification du message sanitaire et la place du vin sur internet. "L'article 24 ne comprend aucune mesure relative à internet", souligne à LCI.fr Marie-Christine Tarby, présidente de Vin et Société, l'association fédérant l'ensemble de la filière viti-vinicole française. Mais nous souhaitons qu'un amendement introduise internet dans la liste des supports autorisés à publicité sur le vin".

Une manière de contrecarrer un amendement déposé par le député UMP Yves Bur qui souhaite interdire à la filière vin d'acheter des mots-clés sur internet ainsi que de figurer sur les annuaires électroniques et les sites touristiques. "Cela revient à nous autoriser à ouvrir un magasin sans portes, ni fenêtres, ni enseigne", pointe Marie-Christine Tarby, qui dénonce l'action d'un "courant prohibitionniste".

"Il existe déjà 600.000 références sur le vin sur internet", poursuit la porte-parole de la filière. "Nous nous sommes engagés dans le cadre d'un accord avec le gouvernement à ne pas cibler les sites pour les jeunes et les sites de sport ainsi qu'à ne pas recourir aux pop-up intrusives", indique-t-elle. Et d'affirmer : "Nous sommes déjà sur internet et nous ne troublons pas l'ordre public". La bataille n'est pas terminée, donc. Elle se poursuivra lundi dans les tranchées de l'Assemblée.

le 06 mars 2009 à 06:48
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16 Commentaires

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  • Adam, le 06/03/2009 à 14h50

    Comme dit Remi "Liberté" il fut un temps... Je suis étranger, quand j'étais dans mon pays, la France était pour moi un modèle de Liberté (droits de l'homme), de justice, de fraternité...) mais il s'avère que c'est loin d'être le cas maintenant.On parle de pays dictateurs, fanatiques...etc, mais la réalité est que la plus part des pays occidentaux le sont aussi, mais en un peu plus intelligent, et la preuve est la, une crise qui ne touche que les populations moyennes et pauvres. DICTATURE ET FANATISME FINANCIER

  • Kangooroux, le 06/03/2009 à 14h41

    Et pendant ce temps là, on autorise la pub pour les alcools sur Internet. C'est bien connu que les jeunes ne vont jamais sur internet... quelle cohérence !! Et l'autre effet pervers, c'est que ça n'empêchera pas les jeunes de se blinder s'ils en ont envie, en allant chez des potes. Sauf que là, le rôle préventif des organisateurs, des serveurs et des associations présentes dans les soirées étudiantes n'existera plus...

  • Webtrucs, le 06/03/2009 à 14h39

    Avec l'alcool, la fête est plus folle !!! déjà qu'on s'amuse plus beaucoup en ce moment avec la crise alors si on vire les open bars, où va t-on ?

  • Martine, le 06/03/2009 à 14h32

    Interdire dans les Opens Bars et dans les boites de nuit les consomations à gogo ,je suis d'accord; aller dans unse cave pour acheter du vin ,je vais déguster ,je ne vais pas me bourrer la tronche ,alors laisser travailler les cavistes et lesvignerons. MERCI pensez plutot à vous occuper du manque de personnel dans les hopitaux

  • Piteurre, le 06/03/2009 à 14h28

    Ah le beau pays ! Nos futures élites se font un devoir de s'enivrer, les bières "améliorées" se vendent à gogo y compris dans les stations services, quand cela devient une mode, il ya intérêt à être dans le coup pour ne pas être ringuardisé (le pire qui puisse arriver à un être de moins en moins humain-puisqu'il va jusqu'à ne plus savoir qui il est). Normal que les urgences accueillent ces imbéciles au risque de faire attendre des patients dignes de soins etc etc. Quand des individus ne savent plus se gérer, il reste la Loi. Et alors de belles âmes parlent de dispositions liberticides. Pensons un peu à l'hécatombe du samedi soir.

  • Kinkus, le 06/03/2009 à 13h49

    Je suie viticulteur dans le gard déja que sa marche pas fort il font tous pour nous coulé.

  • Florent, le 06/03/2009 à 11h20

    L'open bar avait surtout comme intérêt de pouvoir boire plus de 2 verres d'alcool sans devoir sortir 50 euros de sa poche. Merci pour le pouvoir d'achat.

  • Gyz, le 06/03/2009 à 10h30

    Rosleyne Bachelot pratique la politique du verre à moitié plein! Le grand gagnant est le lobby du sacro-saint Pinard: les salons du vin avec dégustation gratuite ne sont-ils pourtant pas les plus gros open-bars organisés en France? Dans tous les cas ces mesures n'empêcheront en rien les jeunes de notre beau pays d'alcooliques de faire leurs propres open-bars à la maison comme ca se pratique depuis toujours, ou dans la rue!

  • Remi, le 06/03/2009 à 10h17

    Plutot que de chercher a rendre la vie des Francais plus facile, cette ministre ne cherche qu a la rendre plus difficile et a continuer a instaurer une repression systematique dans un pays qui se disait de "liberte" il fut un temps.

  • BB5962, le 06/03/2009 à 10h07

    Tout à fait d'accord pour interdire les Open-bars notamment organisés dans les "grandes Ecoles" d'ingénieurs ou de commerce et dans les soirées étudiantes avec le soutient des "grandes maisons d'alcools " qui poussent à la consommation et à l'alcoolo-dépendance.....

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