SFR condamné à son tour, les opérateurs inquiets

le 03 mars 2009 à 19h49 , mis à jour le 03 mars 2009 à 21h35

Après Bouygues Telecom, SFR a été récemment condamné à démonter une antenne à cause de son impact sanitaire incertain.

telecoms téléphonie portable mobile

Orange, SFR et Bouygues Telecom craignent que se multiplient les procès, après l'annonce mardi d'une 2e condamnation d'un opérateur mobile à démonter une antenne en raison de son impact sanitaire incertain. "Il n'y a pas de téléphone mobile sans antenne-relais !", soupire Jean-Marie Danjou, délégué général de l'Association française des opérateurs mobiles (Afom).

Plus d'infos

 
Comme l'a annoncé l'association Robin des toits, SFR a été condamné le 16 février à Carpentras (Vaucluse) à démonter une antenne en raison de sa nuisance esthétique et de son impact sanitaire incertain. Il a fait appel. Le 4 février, Bouygues Telecom avait été condamné en appel à Versailles à démonter une antenne dans le Rhône, une première en France, la cour invoquant elle aussi l'"incertitude" d'un impact sur la santé. Pour Robin des toits, qui milite contre l'implantation intempestive des antennes de mobile, ces décisions feront jurisprudence. L'association, qui dit recevoir beaucoup d'appels de riverains ces dernières semaines, a déposé trois recours similaires et va en présenter sept autres devant les tribunaux de Nanterre et Paris.

Arguments contre arguments
 
"Surpris et perplexes", les opérateurs rappellent qu'ils "ont des obligations de couverture du territoire (environ 99% de la population, ndlr) vis-à-vis de l'Etat et des obligations vis-à-vis des 58 millions de Français qui ont un téléphone mobile et attendent un service de qualité". "Ils ont des sanctions financières s'ils ne respectent pas ces obligations", indique le délégué de l'Afom, estimant qu'il y a "une contradiction". Un argument balayé par Robin des Toits : "Nous ne sommes pas du tout contre la technologie, nous voulons une réglementation tenant compte de la santé publique", affirme son porte-parole Etienne Cendrier.
 
Invoquant "le principe de précaution", Me Richard Forget, avocat de l'association, souhaite que le seuil d'exposition des antennes - 41 à 61 volts par mètre - soit ramené à 0,6 volt par mètre, "le seuil d'innocuité sanitaire", comme c'est le cas dans plusieurs pays. "Cela coûtera beaucoup plus cher aux opérateurs car il faudra plus d'antennes, mais on en baissera la puissance", précise-t-il. Le coût sera élevé en campagne où on compte une antenne tous les 15-20 kilomètres (300 mètres en ville). "Les ondes radio ne concernent pas que les antennes-relais de téléphonie mobile, mais aussi les émetteurs de radio, de télévision", dit Jean-Marie Danjou, estimant que la jurisprudence pourrait aussi les menacer. "Ce ne sont pas du tout les mêmes ondes!" rétorque Me Forget : "Les ondes de mobile sont pulsées et à plus basse fréquence", ce qui les rend "potentiellement cancérigènes", "alors que celles de télévision et de radio sont linéaires et pas à la même fréquence".

L'Afom assure que les antennes ne comportent "aucun risque pour la santé des riverains" : "l'OMS (Organisation mondiale de la santé, ndlr) indique cela à la lumière de plus de 1.400 études scientifiques sur le sujet". Robin des toits n'est pas convaincu : "quand on regarde les études, on s'aperçoit qu'il y a une controverse scientifique, une incertitude énorme", selon Me Forget. Pour clarifier les choses, "nous avons besoin que les autorités sanitaires françaises expriment haut et fort leur position sur les antennes-relais", demandent les opérateurs. L'occasion pourrait être donnée par le "Grenelle" des antennes, annoncé début février, à laquelle Robin des toits dit ne pas avoir été convié. Prévu le 19 mars, il a été reporté sine die.

le 03 mars 2009 à 19:49
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Sciences
  

14 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Jean-Pierre K, le 04/03/2009 à 10h58

    N'importe quoi... Les ondes mobiles sont "pulsées" ... qu'est-ce que c'est que ce blabla scientiste a deux balles ? De plus, les fréquences mobiles sont bien plus élevés (2G) que celles de la Radio (100M) et la TV (500/800M) et non le contraire comme évoqué. Comment voulez vous qu'ils défendent une cause avec des charlots pareils ?

  • Virgile, le 04/03/2009 à 10h29

    Si une ou plusieur antennes relais son démonter pour cause de risque sanitaire incertain, ils devraient toutes les démonter dans ce cas!! non? Je pense qu'ils auraient dû s'en inquiéter avant, et faire plus de recherche dans ce cas, mais si elles ont été autorisée c'est qu'elle ne sont pas si dangereuse que celà. Où alors il faut réellement agir vite et toutes les démonter dans les plus brefs délais!

  • Arpette, le 04/03/2009 à 10h07

    Peut-etre faudrait-il arréter toutes les antennes, et nous supprimer le portable, l'espace d'une journée... Et je suis sur que bizarrement, les premiers qu'on verra en tête de cortège pour râler seront les mêmes qui râlent aujourd'hui contre ces antennes.... dont nous sommes, avouons le, de en dépendant !!!

  • Bernard, le 04/03/2009 à 09h51

    Si les opérateurs doivent déployer plus d'antennes, c'est le consommateur qui verra sa facture augmenter pour en supporter les couts...

  • Alain, le 04/03/2009 à 09h16

    Ah, ah, ah, je rigole! Mais que vont devenir tous ces contestataires, quand ils vont bientôt se rendre compte qu'ils ne pourront plus se servir de leur joujou (portable), car "pas de réseau". Moi, ça ne me dérange pas, je n'en possède pas.

  • Neihcel, le 04/03/2009 à 08h09

    Enfin une bonne nouvelle: la disparition d'une des pollutions sonores qui vous empêche de lire dans les trains, de déjeuner tranquillement, de dormir dans les avions, ...de vous faire rentrer dedans par un automobiliste téléphonant au volant... le monde du silence de retour

  • Max, le 04/03/2009 à 06h05

    C'est ce qu'on appelle l'arroseur arrosé !.........(je parle des personnes qui portent plainte et qui sont eux-mêmes clients de ces sociétés)

  • Pierre, le 04/03/2009 à 00h48

    Au 19eme on pensait que le train allait donner la tuberculose. L'OMS affirme (et ce ont de vrais scientifiques, pas des pseudos diplomés) que le train ne donne pas la tuberculose et que les antennes sont sans danger. Comment la justice peut-elle se laisser influencer par des associations rétrogrades qui souvent sont aussi contre les éoliennes, donc pour le nucléaire et ses déchets bien plus dangereux qu'un mal de tete ????

  • Elysium, le 03/03/2009 à 23h11

    Le beurre et l'argent du beurre ... ahahahah Deja qu'il y en a qui n'aime pas la nouvel décoration tendance éolienne, si en plus il y a les antennes, MOUAA. Et non ce n'est pas possible de mettre éolienne antennes à cause des perturbations créé par les pales.

  • Marco, le 03/03/2009 à 22h32

    Avec les milliards gagnés par les opérateurs, ceux-ci peuvent bien financer le déploiment d'une nouvelle génération d'antennes sans risques

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience