
Vingt cas suspects de grippe mexicaine sont actuellement en cours d'examen en France, a déclaré mardi Françoise Weber, directrice de l'Institut national de veille sanitaire (INVS).
Depuis le 25 avril, sur 107 personnes qui se sont signalées, 30 cas ont été "retenus comme possibles", 10 d'entre eux ont été exclus et "20 sont en cours d'investigation", a-t-elle dit lors du point de presse quotidien sur l'évolution de la maladie. "Toutes ces personnes sont relativement bien", a-t-elle ajouté. Elle a indiqué qu'il y avait des cas suspects "un peu partout" en France, et qu'ils étaient "pris en charge et isolés le temps d'un examen virologique".
Pour des raisons statistiques, "on s'attend qu'il y ait de plus en plus de cas à tester", a pointé l'experte, notant qu'il y avait "un grand nombre de gens qui rentrent" du Mexique et que "de plus en plus de gens ont de faibles symptômes". "Il est très important de les dépister tôt", a-t-elle souligné, précisant qu'une dizaine de laboratoires en France étaient capables de tester les cas suspects et de rendre des résultats sous 24h.
Elle a noté qu'en Europe il n'y avait "pas de circulation communautaire active" du virus, c'est-à-dire qu'il n'avait pas "engendré de foyer" et que tous les cas étaient "importés". "On peut donc lutter efficacement, mais il faut être vigilant", a assuré Françoise Weber.
Pas de rapatriement
Didier Houssin, directeur général de la santé, a indiqué qu'il n'y avait pas d'information à ce jour sur des Français malades au Mexique, estimant que si cela était le cas il ne serait "pas souhaitable" d'opérer un rapatriement sanitaire, "pour éviter la propagation du virus". Quant au retour des Français non malades se trouvant au Mexique, il a indiqué que "des décisions vont être prises très rapidement au niveau européen et français". Il a indiqué aussi que le dispositif d'information mis en place à Roissy "va être renforcé".
Didier Houssin a estimé encore qu'emporter des boîtes d'antivirus lors d'un voyage au Mexique par précaution était "compréhensible" mais que ce serait "une erreur" d'en absorber avant d'être malade. "Il faut une utilisation raisonnée : le médicament ne fait pas effet plus de quelques jours, et il y a des risques de résistance ultérieure du virus à cet antiviral" si on en prend quand on en a pas besoin, a-t-il dit.
"Personne ne peut dire la dynamique que va suivre l'épidémie, si elle va s'étendre ou s'éteindre comme un feu de paille", a noté encore le directeur général de la Santé. La France est selon lui "préparée depuis quatre ans", et si cela ne garantit pas qu'elle échappe à l'épidémie, cela devrait permettre de "limiter les conséquences les plus néfastes".
D'après agence
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