© REUTERSEn moins de trois jours, le monde entier se retrouve menacé par le nouveau virus mutant de la grippe mexicaine. Preuve de l'urgence de la situation, l'Organisation mondiale de la Santé a relevé lundi soir son niveau d'alerte du niveau trois au niveau quatre ("montée en puissance significative" du risque de pandémie), sur une échelle allant jusqu'à six. Partie du Mexique, la contagion a gagné les Etats-Unis, et désormais le Canada, où six cas bénins ont été confirmés par les autorités, qui avertissent qu'il y en aura vraisemblablement d'autres, peut-être plus graves. Son voisin, les Etats-Unis, où une quarantaine de cas bénins, dont 28 élèves d'une école de New York, ont été officiellement confirmés jusqu'ici, a déclaré dimanche "l'état d'urgence sanitaire". Le directeur des autorités sanitaires américaines, Richard Besser, a même prévenu lundi que les Etats-Unis devaient s'attendre à des cas plus sévères, voire à des décès. Pour autant, Barack Obama a déclaré qu'il n'y avait pas lieu de s'affoler pour le moment et les autorités sanitaires américaines estiment "injustifié" l'avertissement lancé par l'Union européenne, qui déconseille les voyages dans la zone affectée et notamment aux Etats-Unis. Dans le même temps, la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a tout de même appelé les Américains à se montrer prudents lorsqu'ils se rendent en voyage au Mexique.
Selon le ministre américain de l'Agriculture, la filière du porc n'est en tout cas pas en cause dans les cas diagnostiqués. La Chine, la Russie et plusieurs autres pays ont pourtant décidé de suspendre les importations de porc en provenance des Etats-Unis et du Mexique. Aux Etats-Unis, des cartes d'information sur les symptômes de la grippe porcine à destination des voyageurs sont par ailleurs en préparation, mais aucun test de détection n'est prévu pour les passagers des compagnies aériennes. En Amérique latine et centrale, plusieurs pays ont également pris des mesures de précaution, notamment la Colombie, où plusieurs pays ont été placées sous surveillance, à Cuba, au Pérou, au Chili, en Equateur et au Costa Rica. Même chose en Asie, notamment au Japon et en Thaïlande.
Pas de cas confirmés en Europe... pour l'instant
Au Mexique, point de départ du virus, les écoles et universités sont fermées, et les rencontres de football ont eu lieu à huis-clos ce week-end. Pour l'heure, au moins 149 cas mortels provoqués par la grippe porcine ou suspects de l'être ont été enregistrés dans le pays. Le nombre des malades mis en observation a augmenté lui aussi, à 1614 contre 1324 au précédent bilan. De l'autre côté de la planète, en Australie, deux personnes de retour du Mexique et présentant des symptômes de grippe ont été hospitalisées et sont soumises à des tests devant déterminer s'ils sont porteurs du virus meurtrier. En Nouvelle-Zélande, dix lycéens eux aussi de retour du Mexique ont été placés en quarantaine pour y subir des examens. Enfin, les 364 passagers de leur vol en provenance de Los Angeles ont été priés de prendre contact avec les autorités sanitaires.
La grippe porcine a également franchi l'Atlantique, puisqu'un premier cas a été confirmé en Espagne chez un homme ayant séjourné au Mexique, avant la confirmation de deux autres cas au Royaume-Uni. Vingt autres cas possibles ont été détectés en Espagne, six en Belgique. En France, plusieurs personnes sont en observation (lire notre article). En Ecosse, pour les mêmes raisons, deux personnes ont été hospitalisées dimanche, alors qu'en Suisse cinq personnes ont été placées sous surveillance. Dix personnes ont également été placées en observation au Danemark et en Suède. A Bruxelles, la Commission européenne a indiqué suivre "de très près" la situation et recommande d'éviter de se rendre dans les zones affectées. Même recommandation en Allemagne. Une réunion extraordinaire des ministres de la Santé de l'UE, pour faire le point sur la menace, devrait avoir lieu dès que possible, probablement jeudi.
Le fabricant du Tamiflu est "prêt" |
Le groupe pharmaceutique suisse Roche s'est dit "prêt" à expédier son médicament antiviral Tamiflu dans le monde, mais n'a pas encore reçu de demande de la part d'organisations ou d'Etats. Roche, qui a fait don en 2006 de 3 millions de doses de Tamiflu à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a précisé que ces doses étaient stockées par le groupe pour moitié en Suisse et l'autre partie aux Etats-Unis. Le groupe "travaille actuellement pour savoir comment nous pouvons aider les Etats" concernés par le virus. |
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