Le chirurgien Laurent Lantiéri, qui a participé la deuxième greffe de visage en France, en janvier 2007. © LCILe patient de 30 ans greffé du visage et des deux mains "va aussi bien que possible après une intervention aussi longue" (une trentaine d'heures), a déclaré mardi le Pr Laurent Lantiéri sur France 2. Mais, a-t-il ajouté, "il faut être patient, le succès vraiment définitif, c'est quand ce patient aura une vie sociale".
"Il est toujours maintenu en coma artificiel (...) mais ce matin tout était au vert, ses fonctions respiratoires, tous les éléments qui ont été transplantés sont parfaitement vascularisés et tout va très, très bien", a poursuivi le Pr Lantiéri, qui a réalisé cette double greffe le week-end dernier avec ses collègues Jean-Paul Meningaud et Christian Dumontier.
La greffe de la partie haute du visage (au dessus des lèvres, qui étaient bien préservées) et surtout celle des 4 paupières "n'avait jamais été faite", a-t-il rappelé. "C'est beaucoup plus subtil" (que la partie basse du visage), a-t-il souligné, évoquant "les paupières, les voies lacrymales pour les larmes, et les éléments de nerfs qui vont reconnecter pour donner toute la dynamique à la paupière". "Il va falloir attendre six mois pour voir la repousse nerveuse et nous espérons bien (...) que ces différents éléments se remettent à fonctionner au bout de quelques mois", a-t-il ajouté.
"Qualité de vie"
"Le but, c'est la réintégration sociale ; le but, c'est la qualité de vie", a insisté le Pr Lantiéri. Ainsi, Pascal, le premier greffé opéré du visage par l'équipe du Pr Lantiéri en 2007, "a une vie sociale normale, puisqu'il travaille, et il a pu travailler au bout d'un an". "On savait que les différents éléments se portaient bien, les nerfs ont repoussé, au bout de six mois ses lèvres ont commencé à bouger et au bout d'un an", il a pu reprendre un travail, a ajouté le chirurgien.
"Le don d'organes est une grande cause nationale pour 2009 et ces deux greffes que nous venons de faire, comme toutes les autres greffes n'ont été possibles que parce qu'il y a la générosité et l'altruisme des patients qui sont décédés bien sûr, et de leurs familles", a rappelé le Pr Lantiéri. Et de conclure : "C'est une grande marque de solidarité entre le monde des morts et le monde des vivants, qui permet aux vivants de revivre".
"Une grande organisation logistique" |
Le professeur Jean-Michel Dubernard, auteur de la première greffe de la main en 1998 et qui avait participé à la première greffe de visage en 2005, a salué mardi la double greffe inédite des mains et du visage de ce week-end comme un pas de plus vers une banalisation de ce type d'opération. Selon le chirurgien lyonnais, la double greffe effectuée à Créteil (Val-de-Marne) est une première impliquant avant tout "une grande organisation logistique", car "les problématiques immunologiques et psychologiques sont assez proches des greffes déjà effectuées". "C'est surtout au niveau technique, logistique, que c'est plus complexe: ce type d'opération mobilise au moins une douzaine de chirurgiens", a-t-il expliqué. |
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