Pancarte brandie lors de la manifestation contre la loi Bachelot le 28 avril 2009. © LCIAlors que le monde universitaire est entré dans sa onzième journée de manifestation, après plus de trois mois de conflit, c'est tout le secteur hospitalier qui se mobilise également ce mardi : les médecins et autres personnels des hôpitaux mènent une journée d'actions pour protester contre les réformes gouvernementales du système de santé français. Les manifestants étaient au nombre de 8.000 selon la police, et entre 18.000 et 20.000, selon la CGT.
Fait notable, des chefs de service et professeurs ont pris part aux manifestations, comme à Paris, où Bernard Debré (par ailleurs député UMP) et René Frydman ont défilé derrière une banderole revendiquant la "qualité et l'égalité d'accès aux soins", la défense de l'hôpital public, et protestant contre "les suppressions d'emplois" et "l'hôpital-entreprise". Le cortège hospitalier parisien, qui est parti à 11h de la Tour Montparnasse, devait être rejoint au niveau du métro "Port Royal" par le défilé universitaire - parti, lui de Jussieu - et tous deux devaient se diriger vers le Sénat, où doit commencer le 11 mai l'examen du projet de loi "Hôpital, Patients, Santé, territoires" (HPST). Vers midi, le ministère de la Santé comptait 9,5% de grévistes au plan national, 50,1% à Paris.
"Chaîne humaine hospitalière"
Chez les hospitaliers, la manifestation se double d'un appel à la grève. Le Mouvement de Défense de l'Hôpital Public (MDHP), lancé par des médecins de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) et soutenu par les syndicats hospitaliers, invite notamment à reporter les activités programmées et non-urgentes. Des actions pourraient aussi avoir lieu en province.
A Lille, des médecins ont décidé "de ne plus participer aux activités administratives" depuis lundi. Même initiative aux Hospices Civils de Lyon, tandis que la communauté médicale de Caen envisage de former mardi une "chaîne humaine hospitalière autour du CHU". Les personnels hospitaliers reprochent au projet HPST de "caler l'hôpital sur l'entreprise" en renforçant un directeur qui "pourra n'avoir aucune compétence médicale" et estiment qu'il "organise des suppressions massives et injustifiées d'emploi d'infirmiers et d'aides-soignants".
(D'après agence)
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