Les infirmières devront repeupler les déserts médicaux

le 18 avril 2009 à 09h33 , mis à jour le 18 avril 2009 à 22h42

Les infirmières libérales n'ont désormais plus toute latitude pour s'installer où elles le veulent. C'est la conséquence d'un accord entré en application ce samedi.

TF1/LCI : InfirmièresInfirmières dans un hôpital © TF1/LCI

A compter de ce samedi, les infirmières libérales n'ont plus une entière liberté d'installation. Elles sont désormais tenues par un accord signé en 2008 entre leurs syndicats et l'assurance maladie, entré en vigueur ce week-end. Ce texte, qui concerne les infirmières (90% de la profession est féminine) libérales et les structures de soins infirmiers à domicile, vise à mieux répartir ces professionnels de santé libéraux, dont la densité varie de 1 à 7 sur le territoire. On compte ainsi jusqu'à 330 infirmières pour 100.000 habitants dans le pourtour méditerranéen contre moins de 70 en banlieue parisienne ou dans la Marne.

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Plus d'infos

 

Dans les zones "très surdotées" (nombreuses sur le pourtour méditerranéen, la Corse ou encore la Bretagne), les infirmières ne pourront s'installer (en bénéficiant d'un conventionnement de l'assurance maladie) qu'à condition de compenser un départ d'une de leur collège, par exemple à la retraite. A l'inverse, dans les zones "très sous-dotées", elles pourront bénéficier d'aides à l'installation ou pour les encourager à y rester. En contrepartie de ces contraintes supplémentaires, les syndicats ont obtenu des revalorisations tarifaires. L'accord prévoit, au 18 avril 2009, une hausse des honoraires correspondant en année pleine à +5,33%. Un syndicat signataire de l'accord, le Sniil, regrette toutefois une définition pour l'instant trop floue des zones "surdotées" et "sous-dotées". Et sa présidente, Annick Touba, s'inquiète "pour l'accès aux soins dans certaines zones, comme la Corse, définies comme surdotées alors qu'il y manque des infirmières".

 

Les médecins s'inquiètent aussi

 

Cette entrée en vigueur de l'accord de 2008 met en tout cas une pression supplémentaire sur les médecins libéraux, qui pour l'instant ne sont pas astreints à respecter de telles règles. Le sujet a fait l'objet de vifs débats il y a quelques semaines lors de l'examen par l'Assemblée nationale du projet de loi Hôpital, Patients, Santé, territoires. Pour mettre fin aux déserts médicaux, certains députés, y compris dans la majorité, souhaitaient remettre en cause la liberté d'installation également pour les médecins. Le gouvernement a cependant écarté les amendements allant dans ce sens. La mesure la plus contraignante finalement retenue est la mise en place, d'ici trois ans, d'une taxe de près de 3000 euros pour les médecins des zones surdotées qui refuseraient de prêter main forte à leurs collègues de zones moins bien pourvues.

 

Mais pour le principal syndicat de médecins libéraux, la CSMF, c'est dans un autre point du projet de loi Bachelot qu'est nichée la principale menace à la liberté d'installation. Le texte met en place, dans le cadre des nouvelles Agences régionales de santé, un Schéma d'organisation de l'offre de soins pour le secteur libéral, qui ne contraindra pas les médecins selon le gouvernement. Mais, prédit le président de la CSMF, Michel Chassang, "la liberté d'installation n'existera plus dans trois ans, il faudra demander l'autorisation du directeur de l'ARS avant toute installation et même désormais pour pouvoir ne serait-ce que changer de rue". La CSMF demande aux sénateurs d'amender ce texte.

 

D'après agence

le 18 avril 2009 à 09:33
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7 Commentaires

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  • Dan, le 30/09/2009 à 16h43

    Je suis infirmière hospitalière et j'aimerai m'installer en tant qu'infirmière liberale, mais que de problème pour trouver une région qui en est dépeuplé. Si vous habitez dans un coin ou il manque d'infirmière libérale je serai très heureuse de lesconnaitre. Merci

  • DD, le 26/04/2009 à 16h05

    C'est tout a fait normal d'empécher les médecins de s'installer ou ils veulent. Il ne faut pas oublier qu'ils sont payés par la sécu et donc par des deniers publics. Qui plus est il sont trés libres de laurs actes contrairement a d'autres pays. Il faut dans ce pays casser les castes une bonne fois pour toute. si il veulent leur mercredi et leurs week-ends il n'ont qu'a demander le statut de fonctionnaires

  • Nat73, le 21/04/2009 à 16h53

    Dans ma campagne il n'y a pas de bureau de poste, ni de banque, ni de boulangerie, ni médecin ni infirmière et nos enfants sont répartis sur trois écoles où ils se rendent en car payé par le conseil général. Seul le bar-restaurant maintient un semblant de vie au centre village. A nous mairie de trouver le moyen de permettre à nos administrés de plus de 65 ans n'ayant plus de voiture de se rendre à la pharmacie, chez le médecin, à la poste .....Alors oui, l'état doit donner l'exemple et maintenir les services de proximité. Mais quand même, on vit bien à la campagne et une infirmière chez nous serait la bienvenue.

  • QUARREDAS, le 19/04/2009 à 10h11

    Non, ce ne sont pas les mêmes politiques qui ont instaurés des numérus-clausus et autres dictats. Les auteurs de ces aberrations sont des politiciens DE GAUCHE; Ceux-là même qui veulent reprendre le pouvoir pour recommencer leurs méfaits et leurs sabotages !

  • Bugeysien, le 18/04/2009 à 21h51

    Ce qui est très contradictoire, c'est demander aux médecins de s'installer là où la Poste, les écoles, les boulangeries, etc. ne sont plus présentes... Alors, que le gouvernement montre l'exemple d'abord et le reste suivra. Mais essayez de déplacer des fonctionnaires dans des zones dépeuplées et voyez comment vous obtiendrez une grève pour l'en empêcher... L'Etat français a aussi des devoirs et doit être irréprochable, les députés tout particulièrement.

  • Wayne16, le 18/04/2009 à 18h27

    Voila "trop fort " maintenant on va obliger les infirmières à aller dans des coins où l'état a organiser la désertification par la suppression des gares,administrations diverses,fermetures entreprises et écoles .Alors obligez aussi les médecins à y si installer ,obliger vous à ne pas fermer les hopitaux locaux et j'en passe.Vraiment l'état vous vous moquez des gens .

  • Brelandas, le 18/04/2009 à 10h38

    Les députés devraient se renseigner sur les conditions de travail dans les dits déserts médicaux; 1 ils comprendraient peut-être pourquoi ils sont devenus déserts; 2; ce sont les mêmes politiques qui ont instaurés un numérus-clausus inadapté depuis trente ans; 3; il y a une dizaine d'années, les encore même politiques ont mis 10 000 médecins en retraite anticipée... Sans commentaire.

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