Médecins © TF1/LCISyndicats et grands patrons de la médecine main dans la main et défilant dans la rue : l'image est inédite et donne une idée de l'ampleur de la grogne au sein des hôpitaux. Des infirmières avaient déjà manifesté ; pour des médecins, et notamment des chefs de services hospitaliers, le cas est bien plus rare. Médecins hospitaliers et syndicats (CFDT, CGT, Sud) ont pourtant bel et bien appelé à faire grève et à manifester massivement mardi prochain contre la loi Bachelot sur les hôpitaux.
Les critiques du projet sont multiples : trop de pouvoirs donnés aux directeurs d'hôpitaux au détriment du corps médical et des patients, un hôpital public transformé en entreprise... Les médecins dénoncent surtout l'avènement d'une médecine "mercantile" - et donc contraire dans son esprit même au serment d'Hippocrate. Le gouvernement tente pour sa part de désamorcer un conflit qui risque de prendre la tournure de celui des universités. Il a annoncé qu'il ne reprendrait pas à son compte deux amendements votés par les députés en première lecture. Il ne devrait donc pas y avoir de loi sur les dépassements d'honoraires, ni de projet de réglementation visant la liberté d'installation des futurs médecins.
"Nous serons beaucoup dans la rue le 28 avril"
Nicolas Sarkozy avait reçu mercredi soir quelques médecins hospitaliers pour un "échange informel" sur la réforme. Cependant, la volonté du chef de l'Etat de ne voir "qu'un seul patron à l'hôpital" s'est traduite dans la loi "Hôpital, patients, santé et territoires" de la ministre de la Santé et ce projet suscite toujours une vive opposition. Le volet hospitalier du projet de loi sera examiné par le Sénat à partir du 11 mai.
"Nous serons beaucoup dans la rue le 28 avril", a affirmé le professeur Bernard Granger la semaine dernière lors d'une conférence de presse réunissant des représentants de la communauté médicale. Pour la Fédération CGT de la Santé, cette loi "néfaste" pour le service public et l'égalité d'accès aux soins "n'est ni amendable, ni négociable". Il "faut la retirer". Et dans Libération, 25 grands noms de la médecine parisienne ont réitéré cette semaine leur appel, jugeant insatisfaisantes les réponses de la ministre de la Santé et se défendant d'être des "mandarins accrochés à leur pouvoir". Il y a dix jours, ils avaient affirmé qu'ils ne participeraient pas à la nouvelle gouvernance de l'hôpital tant que celle-ci transformait l'hôpital en entreprise.
D'après agence
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