Les médecins anti-loi Bachelot se radicalisent

le 26 avril 2009 à 12h12 , mis à jour le 26 avril 2009 à 12h15

Après les universités, où la contestation dure, les hôpitaux entrent à leur tour en conflit ouvert avec le gouvernement.

Médecins Hôpital GrèveMédecins © TF1/LCI

Syndicats et grands patrons de la médecine main dans la main et défilant dans la rue : l'image est inédite et donne une idée de l'ampleur de la grogne au sein des hôpitaux. Des infirmières avaient déjà manifesté ; pour des médecins, et notamment des chefs de services hospitaliers, le cas est bien plus rare. Médecins hospitaliers et syndicats (CFDT, CGT, Sud) ont pourtant bel et bien appelé à faire grève et à manifester massivement mardi prochain contre la loi Bachelot sur les hôpitaux.

Les critiques du projet sont multiples : trop de pouvoirs donnés aux directeurs d'hôpitaux au détriment du corps médical et des patients, un hôpital public transformé en entreprise... Les médecins dénoncent surtout l'avènement d'une médecine "mercantile" - et donc contraire dans son esprit même au serment d'Hippocrate. Le gouvernement tente pour sa part de désamorcer un conflit qui risque de prendre la tournure de celui des universités. Il a annoncé qu'il ne reprendrait pas à son compte deux amendements votés par les députés en première lecture. Il ne devrait donc pas y avoir de loi sur les dépassements d'honoraires, ni de projet de réglementation visant la liberté d'installation des futurs médecins.

"Nous serons beaucoup dans la rue le 28 avril"

Nicolas Sarkozy avait reçu mercredi soir quelques médecins hospitaliers pour un "échange informel" sur la réforme. Cependant, la volonté du chef de l'Etat de ne voir "qu'un seul patron à l'hôpital" s'est traduite dans la loi "Hôpital, patients, santé et territoires" de la ministre de la Santé et ce projet suscite toujours une vive opposition. Le volet hospitalier du projet de loi sera examiné par le Sénat à partir du 11 mai.

"Nous serons beaucoup dans la rue le 28 avril", a affirmé le professeur Bernard Granger la semaine dernière lors d'une conférence de presse réunissant des représentants de la communauté médicale. Pour la Fédération CGT de la Santé, cette loi "néfaste" pour le service public et l'égalité d'accès aux soins "n'est ni amendable, ni négociable". Il "faut la retirer". Et dans Libération, 25 grands noms de la médecine parisienne ont réitéré cette semaine leur appel, jugeant insatisfaisantes les réponses de la ministre de la Santé et se défendant d'être des "mandarins accrochés à leur pouvoir". Il y a dix jours, ils avaient affirmé qu'ils ne participeraient pas à la nouvelle gouvernance de l'hôpital tant que celle-ci transformait l'hôpital en entreprise.

D'après agence

le 26 avril 2009 à 12:12
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14 Commentaires

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  • ALH, le 29/04/2009 à 22h29

    Pourquoi un appel à la mobilisation contre la loi HSPT ? Deux constations depuis 2006 : 1 / Une complexité croissante dans la facturation des prestations de nos hôpitaux, avec des systèmes d'information sont encore trop obsolètes "Le but est d'appliquer à tout prix une logique exclusivement comptable. D'un budget global, on est passé en moins de 10 ans à la tarification par pathologie : calcul du prix de revient de chaque maladie, subtilités du codage des séjours de patients,? certains établissements ont compris plus vite que d'autres ce qui était «rentable » et ce qui l'était moins". Avec les modifications perpétuelles de facturation pour la facturation des hospitalisations et des soins externes, il existe une sous déclaration et/ou une sous évaluation des prestations réalisées dans nos hôpitaux publics. 2 / Des services médico techniques qui ne peuvent être gérés que par des médecins responsables et chefs de service Les spécialités médicales ne peuvent être exercées et managées que par des professionnels de terrain compétents et responsables. Je suis dans un hôpital non universitaire, responsable d'un pôle regroupant la pharmacie, la radiologie, le laboratoire de biologie, le bloc opératoire et naturellement le Service d?Information Médicale. Avec ce type de configuration, il me paraît impossible d'avoir comme chef de pôle des compétences médicales permettant d'assurer une bonne gestion de l'ensemble de ces spécialités. Doivent exister et survivre de façon pérenne l'ensemble des services médico techniques, par contre effectivement je ne suis pas opposé à la disparition de certaines chefferies de services qui sont plus honorifiques qu'utilitaires pour l'ensemble de l'hôpital, Il est souhaitable de renforcer le rôle du chef de service (actuellement coquille), ce qui donnerait aux pôles une ossature médicale intéressante à gérer pour le responsable du pôle. Dr Alain LE HYARIC, Médecin DIM 77

  • El barbar, le 28/04/2009 à 14h08

    La santé est bien une des seule dernière sécurité dont la France pouvait être fière à la face du monde et pour le plus grand soulagement de son peuple. La destruction du Serment d'Hyppocrate, qui a lui seul, mérite d'être intégré à la médecine, ce que les droits de l'homme sont aux citoyens, engendre un déni total de la part de notre Président de la République pour la notion de notre pays à être un modèle de sécurité de la santé. La mise en devoir des hôpitaux publics de devoir rendre des comptes du point de vue pécunier engendre que la santé n'est plus là pour guérir mais bien que la santé devient un enjeu commercial. Par cela, rien ne peut plus correspondre aux idéaux de base sur laquelle la nation française s'est bâtie et telle qu'aujourd'hui se définit. Ainsi, l'on entraine une chute empirique autant de nôtre système de santé que de nos valeurs française, qui sont pourtant, prétendument défendues par la droite. Quand je pense que Nicolas Sarkozy, quand il était candidat à la présidence se targuait d'être un Français de souche, je suis affligé par le peu de civisme qu'il prouve dans son attitude face à cette loi. Il mérite qu'on lui tranche la tête comme Louis XIV à son époque, ne dirigeant plus un pays pour l'intérêt du peuple, mais bien diriger la France pour son propre intérêt et celui de quelques financiers qui n'ont guère de morale ni de sentiments citoyens. Je soutiens à 200% le corps médical qui défend aujourd'hui nos droits et nos valeurs face à la santé, et j'en profite pour déféquer sur la face de nos dirigeants actuels.

  • Yenamarredetoucescons, le 27/04/2009 à 18h54

    Oui !!!!! LE PIRE GOUVERNEMENT JAMAIS VU !!!!! c'est le retour de la dictature

  • Benja, le 27/04/2009 à 14h00

    Il est étonnant de voir les fautes d'orthographe de certains... L'hôpital est en déficit. On ne parle pas de 100? mais de plusieurs milliards. Qui les paye ? Tout le monde veut un accès au soin. Mais à quel prix, puisqu'il y a un prix à payer. Savez vous combien coûte une chambre de réanimation : 1500?/jour !! Si vous voulez faire bouger quelque chose, et même si les médecins l'acceptent, les élus descendent dans la rue. (cf. Carhaix). Plus personne n'accepte d'être dirigée. Tout le monde crée son contre-pouvoir. C'est parfait, ne changeons rien, allons vers une médecine privée et donc, le jour où vous aurez une rupture d'anévrisme, vous allez payer 40000? hors consultations complémentaires...L'hopital, les entreprises, c'est comme chez soit. Il y a un pilote à bord. Et ce pilote détermine ce qu'il est possible de faire. Et cela doit se faire de manière collégiale, avec son conseil d'administration, ses collaborateurs, sa femme ou son mari... Leboss, complétement d'accord avec vous. Noémie, je crois que vous n'avez pas lu tout ce qui s'est fait et dit pour aboutir à ce projet (cf. internet sur le site du gouv). Changeons notre façon de procéder. Si vous n'êtes pas content, PROPOSE AUTRE CHOSE. SI vous n'avez aucune idée, je ne vois pas pourquoi vous dites que la solution est mauvaise. L'immobilisme est le pire des fléaux. Alors, écoutons, évoluons et agissons. Mais tout casser, se révolter n'a JAMAIS, JAMAIS résolu les problèmes... donc oui, laissons une chance à Mme Bachelot, même si certains arrangement doivent se trouver, car effectivement les directeurs peuvent abuser s'ils ne sont pas bons

  • Maxreg, le 27/04/2009 à 13h39

    La profession nous ressort chaque fois la même rengaine : il ne faut pas une gestion comptable de la médecine. Mais au fait quelle autre gestion que comptable existe -t-il ? s'affranchir d'une mesure claire des dépenses c'est s"assurer de pouvoir continuer à dépenser sana aucune limite. Or il y en a une celle des ponctions sur les revenus des français soit au travers des cotisations sociales soit de la CRDS qui s'accroit plus vite qu'elle ne se rembourse. Cet argument ne tient pas la route et il faudra bien qu'enfin on maitrise ces dépenses notamment en pénalisant les usagers abusifs que la gratuité apparente des soins ne freinent jamais

  • LebossMD, le 27/04/2009 à 12h49

    Vous en faite pas : les mandarins pétitionnent mais les jeunes loups attendent prêts à pactiser avec le directeur pour avoir un bon poste ou tirer quelque autre avantage.

  • Gzogzo, le 27/04/2009 à 11h56

    C'est bizarre : alors que j'ai passé trente années pratiquement sans JAMAIS me faire rembourser tout en cotisant, évidemment. maintenant, "ma" mutuelle, me rembourse assez souvent, le temps des maladies (graves) étant venu. Mais il y a trois niveaux de remboursements au prorata des cotisations.... La mutuelle serait-elle mercantile elle aussi ????? Ah ça alors !...

  • Noémie, le 27/04/2009 à 08h46

    Notre président et notre gouvernement n'ont pas bien compris leur devoir. On ne leur demande pas de tout changer selon leurs idées en considérant que si on les a élus, c'est parce qu'on était d'accord avec tout. D'abord ils n'avaient pas tout dit, on n'avait pas tout compris et on a voté aussi contre d'autres candidats, et ensuite il faudrait peut-être voir avec les professionnels aussi avant de faire des réformes qui changent toute l'organisation d'un pays. On n'a pas élu des despotes pour 5 ans mais des élus d'une démocratie. Il serait temps qu'ils atterrissent...

  • Débora, le 27/04/2009 à 08h11

    Je dit que ce gouvernement, s"inspire du modéle usa, notre président voulant imposer une magniere de penser à l"americaine, envois des millions de français à l"exclusion du systeme de soin pour tous..mad bachelot le sait fort bien, c"est la loi du marche qui en découlera, je ne parle pas des projets de remis en cause de garantis d"emplois, puisque ce sera une entreprise de soin on vendra du soin , comme un pentalon, c"est scandaleux ce retour en arriére.

  • LeFoie, le 26/04/2009 à 16h13

    Nouvelle boite de vittesses pour la médecine à 6 rapports cette fois ?

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