© www.sxc.huAprès des années de polémique, le gouvernement organise ce jeudi une table ronde sur les "radiofréquences" et leur impact sur la santé et l'environnement. Autour de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot et des secrétaires d'Etat Nathalie Kosciusko-Morizet (Economie numérique) et Chantal Jouanno (Environnement), se retrouveront une cinquantaine de représentants des opérateurs, des usagers, des collectivités locales et de l'Etat.
Jeudi, dans une interview au Figaro, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot a donné le ton en estimant que le téléphone portable est "une question plus préoccupante que les antennes relais". "Même si les antennes-relais cristallisent aujourd'hui l'attention, le téléphone mobile, par sa très grande proximité avec l'utilisateur, expose davantage au rayonnement électromagnétique", précise-t-elle.
Objectif de cette série de réunions : faire le point sur les connaissances scientifiques et sur les réglementations en vigueur. Les associations de défense de l'environnement, qui craignent un exercice "de communication", exigent "un débat ouvert, sans tabou ni a priori d'aucune sorte". La question de l'impact sanitaire des ondes divise les experts et si rien n'est prouvé, les craintes se font de plus en plus nombreuses. Les cas de particuliers se plaignant de maux de tête, de vertiges et de vomissements et accusant l'antenne placée à proximité de leur logement se multiplient. Cette situation nourrit une inquiétude diffuse dans une partie de la population qui en appelle au principe de précaution.
Dans le doute, les riverains sont de plus en plus nombreux à faire bloc contre les antennes et à en demander en justice le démontage. Le 4 février, Bouygues Telecom a été condamné en appel à Versailles à démonter une antenne dans le Rhône, une première en France, la cour invoquant l'"incertitude" concernant un éventuel impact sur la santé des riverains. SFR a également été condamné le 16 février à Carpentras (Vaucluse) pour le même motif, ainsi que pour nuisance esthétique. Et le 5 mars, Orange s'est vu interdire par le tribunal de grande instance d'Angers l'installation de trois antennes sur le clocher d'une église, à proximité d'une école. Un vrai casse-tête pour les opérateurs auxquels l'Etat impose de couvrir la quasi-totalité du territoire.
"Se mettre d'accord"
"Je voudrais que sur la partie antennes, on nous clarifie les choses, parce qu'il y a des études officielles qui nous disent qu'il n'y a pas de risque avéré pour la santé et il y a d'autres études qui disent qu'il y a quand même un risque", a déclaré Chantal Jouanno. "Il faut se mettre d'accord sur le protocole d'études" et qu'il soit "contradictoire", estime-t-elle.
Pour autant, il ne faut pas se "tromper de sujet" et se "focaliser" sur les antennes car selon elle, "le vrai sujet sur lequel on a dit qu'il y a des incertitudes, c'est le téléphone portable". La secrétaire d'Etat se prononce pour l'interdiction du portable pour les enfants de moins de dix ans et souhaite le lancement d'un téléphone portable qui ne pourrait être utilisé qu'avec une oreillette. Et de souligner : "C'est l'Etat qui tranchera mais pas seul, parce que si on organise une table ronde, c'est pour que chacun prenne ses responsabilités".
Cinq collèges, deux tables rondes |
Le format de cette table ronde est le même que celui du Grenelle de l'environnement, avec des représentants issu de cinq collèges : Etat, collectivités, associations, syndicats et organisations patronales. Après le 23 avril, plusieurs réunions des groupes de travail sont prévues courant mai ; elles devront déboucher sur une deuxième table ronde à la fin du mois. Selon le ministère de la Santé, chargé de coordonner les travaux, elle sera présidée par Jean-François Girard, docteur en médecine et directeur de l'Institut de recherche pour le développement, qui a participé au Grenelle de l'environnement au titre des technologies innovantes. |
D'après agence
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