Malgré la pluie, les blouses blanches dans la rue

le 14 mai 2009 à 16h08 , mis à jour le 14 mai 2009 à 17h44

3.200 à 14.000 personnels hospitaliers ont défilé jeudi à Paris pour le retrait du projet de loi sur la réforme de l'hôpital. Il y avait en outre 10,6% de médecins grévistes en province, 26,5% à Paris.

hôpital manifestation loi Bachelot © TF1

                                                                               

La fermeté de François Fillon


Sur une banderole, on pouvait lire : "épidémie de grippe bacheline". Accompagné de leur demande : "retrait total de la loi, embauches de personnels, 300 euros par personne". "Ni amendable, ni négociable, retrait de la loi Bachelot", scandaient des manifestants. Répondant à un appel plus large que celui du 28 avril, qui chez les non-médecins concernait surtout l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, entre 3.200 et 14.000 personnes (selon les chiffres respectifs de la police et des syndicats) ont défilé jeudi à Paris afin de demander le retrait du projet de loi sur la réforme de l'hôpital. Le 28 avril, la manifestation parisienne, qui était alors un défilé national, avait réuni entre 8.000 et 20.000 personnes. Des défilés plus modestes ont également eu lieu en régions, comme à Marseille (500 à 1.000 personnes) ou à Rennes (350 à 450). 
 
Réunis derrière les bannières de la CGT, de Sud et de FO, les manifestants ont défilé de la Tour Montparnasse à Matignon après une halte au ministère de la Santé, où ils n'ont pu rencontrer, comme ils le demandaient, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, qui porte le projet de réforme. Ils se sont dirigés vers les bureaux du Premier ministre sans toutefois pouvoir les atteindre, la rue ayant été barrée par les forces de l'ordre. Au ministère de la Santé, on juge que les revendications exprimées jeudi dans la rue ne visent plus tant le projet HPST et qu'il s'agit de revendications plus "classiques" contre les suppressions d'emplois et le nouveau mode de financement des hôpitaux, la tarification à l'activité (T2A). De fait, médecins et personnels hospitaliers expriment des revendications communes contre la logique de "l'hôpital-entreprise", que le projet renforce selon eux.

Fillon : "le gouvernement ne bougera plus de cette ligne"

Selon les chiffres du ministère de la Santé, la participation à la grève était globalement inférieure à celle observée le 28 avril, notamment pour les médecins des CHU et chez les médecins et personnels de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). A la mi-journée, quelque 10,6% des médecins étaient grévistes en province et 26,5% dans les hôpitaux de Paris. Chez les autres personnels, les taux étaient respectivement de 5,8% et 5,5%. Ces chiffres ne tiennent pas compte des salariés qui se déclarent grévistes mais ont été assignés.

"On demande une rediscussion globale avec l'ensemble des parties prenantes", a déclaré Jean-Marie Sala, responsable de la fédération Sud santé, comme François Fillon affirmait dans Le Figaro que "le gouvernement ne bougera plus de cette ligne". Les concessions de l'exécutif sur le projet de loi "Hôpital, Patients, Santé, territoires" (HPST) ont été diversement accueillies par la communauté médicale, certains les saluant et d'autres les jugeant insuffisantes. Ces retouches visent à garantir un meilleur équilibre que dans le texte initial entre d'un côté les pouvoirs du directeur d'hôpital -que le texte renforce- et de l'autre ceux de la communauté médicale, qui craint de voir son poids amoindri dans les décisions. Le projet de loi sur l'hôpital, en passe d'être fortement retouché lors de son examen au Sénat, ne fera en tous cas pas l'objet d'une nouvelle lecture à l'Assemblée nationale comme le réclamait le président UMP de l'Assemblée, Bernard Accoyer, selon des sources gouvernementales.

(Avec agences)

le 14 mai 2009 à 16:08
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Sciences
  

17 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Maxreg, le 15/05/2009 à 10h43

    Cela marche si bien actuellement qu'il ne faut surtout rien changer! pas de gestion "comptable" pour péréniser le déficit, pas de carte sanitaire pour continuer à équiper les hopitaux d'appareils en doublon chez les voisins etc et surtout maintenir les positions acquises. Un grand coup de balai s'impose. Ceux qui parlent de privatisation crient au loup et c'est ce qui arrivera si on ne fait rien. Il ne s'agit pas rendre les hopitaux bénéficiaires mais de les obliger à équilibrer leus comptes. quand les français feront-ils le rapport entre le trou de la sécu et leut porte monnaie..

  • Bernard, le 14/05/2009 à 22h52

    Le gouvernement ne doit pas céder

  • Joss, le 14/05/2009 à 21h05

    On voit bien que tous ceux qui sont POUR cette réforme n'ont jamais eu besoin de mettre les pieds dans un hôpital... J'y ai passé suffisamment de temps pour voir que le personnel est complètement débordé, et que ce n'est certainement pas par manque de bonne volonté, au contraire, mais par manque de temps... Tout simplement parce q'ils ne sont pas assez nombreux... Vais-je être publiée pour une fois ?

  • Pierre, le 14/05/2009 à 19h11

    @ISA DE MEYLAN: avez vous lu le projet de réforme des hopitaux avant de dire que c est une bonne réforme,personellement j'en doute.moi si et je peux vous dire que ce qu on nous prépare ce n est ni plus ni moins que la privatisation des hopitaux publics.une médecine pour les plus riches:c est toujours pareil avec ce gouvernement.

  • Diégo, le 14/05/2009 à 19h02

    Cette loi est intéressante car, elle légitimise le pouvoir des directeurs. Pourquoi les médecins sont-ils dans la rue ? Quand ils perdent un peu de pouvoir ils sont prets à tout. Les dépenses dans les hôitaux publics sont colossales et surtout mal réparties, il y a des secteurs avec du personnel et d'autres sous dotés. Des secteurs où les médecins on peut de recrutement de malades. Il est intéressante de se poser la question "pourquoi certains ont peu de recrutement" ?.... c'est quand même intéressant de jouer sur la concourrence même si la santé n'a pas de prix. Le privé l'a bien compris. Un dernier clin d'oeil, personne ne remet en cause le secteur privé en hôpital public, même pas un article dans la presse, alors que les dépassements d'honoraires les mêmes que dans les cliniques. Je suis cadre hospitalier et je préfère me faire soigner dans le secteur privé, meilleure prise en charge, meilleure communication, personnel disponible et souvent en effectif moins important qu'à l'hôpital. Enfin, pour être bien soigné à l'hôpital, il suffit parfois d'y être bien introduit ou bien d'être un "beau malade" avec "une pathologie intéressante", et là, tout le monde est autour de vous. Assez de larmoiement, vive la réforme.

  • Alice, le 14/05/2009 à 18h59

    Pour Orphée,Marseille:Je vous remercie de me rappeler mon âge et le fait que je n'aie pas "évolué".Je ne me suis JAMAIS sentie la"cliente"de mon médecin et ai toujours considéré que je payais mon dû.Je vous souhaite de ne jamais connaître l'hôpital pour vous ou les vôtres.Bien sincèrement,Alice.

  • Michel, le 14/05/2009 à 18h51

    Il y a une différence entre 3200 et 14 000 personnes. De toutes les façons, personne n'est d'accord y compris sur les chiffres des personnes qui ont manifesté. Affligeant.

  • Riri, le 14/05/2009 à 18h29

    Je voudrais répondre avec correction à ISA,MEYLAN, pour ce qui est d'être avec Monsieur SARKOZY, soyez gentille de n'engager que vous, je vous en remercie. Maintenant je peux vous dire que je travaille moi aussi à L'APHP et il y a beaucoup de choses à revoir surtout au niveau du matériel, je suis archiviste à l'hopital de garches, cela fais des années que l'on demande des nouveaux locaux avec plus d'éclairage, on attend toujours est normal? Je pose la question à ISA, De MEYLAN, avez vous la réponse? merci de me publier si c'est possible bien sur !!!!!!

  • Benoit, le 14/05/2009 à 18h27

    En réponse à Pierre de Chicago, ce que tu décris et en gros ce qui ce fait aux états-unis, tu ne vois pas le résultat ! => Obama s'inspire du "modele" francais pour ca réforme (Times). Mais bon j'imagine que toi, tu as la chance de pouvoir t'offrir une couverture santé pour payer tes éventuels soins médicaux, alors du moment que pour toi c'est bon.... Concurrence ne peut rimer avec, santé, éducation, culture...

  • Tipoussy, le 14/05/2009 à 18h20

    A Pierre de Chicago: au contraire, notre santé n'est pas un produit que l'on doit se disputer et prendre si c'est rentable ou refuser si çà ne l'est pas. On doit investir dans les Hôpitaux de proximité pour que chacun aie droit à la même qualité de soin. Il faut que le Ministère de la Santé aie comme instructions à donner aux Directeurs d'Hôpitaux de veiller à la qualité des soins donnés aux patients, de veiller au respect des normes d'hygiène... Sinon c'est un système de soins à 2 vitesses qu'on aura une pour la majorité, médiocre et une pour les plus aisés, de qualité.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience