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| La fermeté de François Fillon |
Sur une banderole, on pouvait lire : "épidémie de grippe bacheline". Accompagné de leur demande : "retrait total de la loi, embauches de personnels, 300 euros par personne". "Ni amendable, ni négociable, retrait de la loi Bachelot", scandaient des manifestants. Répondant à un appel plus large que celui du 28 avril, qui chez les non-médecins concernait surtout l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, entre 3.200 et 14.000 personnes (selon les chiffres respectifs de la police et des syndicats) ont défilé jeudi à Paris afin de demander le retrait du projet de loi sur la réforme de l'hôpital. Le 28 avril, la manifestation parisienne, qui était alors un défilé national, avait réuni entre 8.000 et 20.000 personnes. Des défilés plus modestes ont également eu lieu en régions, comme à Marseille (500 à 1.000 personnes) ou à Rennes (350 à 450).
Réunis derrière les bannières de la CGT, de Sud et de FO, les manifestants ont défilé de la Tour Montparnasse à Matignon après une halte au ministère de la Santé, où ils n'ont pu rencontrer, comme ils le demandaient, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, qui porte le projet de réforme. Ils se sont dirigés vers les bureaux du Premier ministre sans toutefois pouvoir les atteindre, la rue ayant été barrée par les forces de l'ordre. Au ministère de la Santé, on juge que les revendications exprimées jeudi dans la rue ne visent plus tant le projet HPST et qu'il s'agit de revendications plus "classiques" contre les suppressions d'emplois et le nouveau mode de financement des hôpitaux, la tarification à l'activité (T2A). De fait, médecins et personnels hospitaliers expriment des revendications communes contre la logique de "l'hôpital-entreprise", que le projet renforce selon eux.
Fillon : "le gouvernement ne bougera plus de cette ligne"
Selon les chiffres du ministère de la Santé, la participation à la grève était globalement inférieure à celle observée le 28 avril, notamment pour les médecins des CHU et chez les médecins et personnels de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). A la mi-journée, quelque 10,6% des médecins étaient grévistes en province et 26,5% dans les hôpitaux de Paris. Chez les autres personnels, les taux étaient respectivement de 5,8% et 5,5%. Ces chiffres ne tiennent pas compte des salariés qui se déclarent grévistes mais ont été assignés.
"On demande une rediscussion globale avec l'ensemble des parties prenantes", a déclaré Jean-Marie Sala, responsable de la fédération Sud santé, comme François Fillon affirmait dans Le Figaro que "le gouvernement ne bougera plus de cette ligne". Les concessions de l'exécutif sur le projet de loi "Hôpital, Patients, Santé, territoires" (HPST) ont été diversement accueillies par la communauté médicale, certains les saluant et d'autres les jugeant insuffisantes. Ces retouches visent à garantir un meilleur équilibre que dans le texte initial entre d'un côté les pouvoirs du directeur d'hôpital -que le texte renforce- et de l'autre ceux de la communauté médicale, qui craint de voir son poids amoindri dans les décisions. Le projet de loi sur l'hôpital, en passe d'être fortement retouché lors de son examen au Sénat, ne fera en tous cas pas l'objet d'une nouvelle lecture à l'Assemblée nationale comme le réclamait le président UMP de l'Assemblée, Bernard Accoyer, selon des sources gouvernementales.
(Avec agences)
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