Le planning familial pourra délivrer la pilule abortive

le 18 mai 2009 à 19h39 , mis à jour le 18 mai 2009 à 20h13

Plus d'un an après l'annonce de Roselyne Bachelot, le décret permettant aux centres de planning familial de prescrire le RU 486 est paru.

Image d'archives. TF1/LCIImage d'archives © TF1/LCI

Chaque année se pratiquent en France plus de 200.000 interruptions volontaires de grossesse - soit environ 14 pour mille femmes de 15 à 49 ans. Pour les femmes qui veulent avorter, le parcours est souvent compliqué par le fait que les diverses méthodes existantes nécessitent soit le recours à un médecin de ville conventionné avec un établissement de santé, soit le passage dans un établissement hospitalier, et ce dans des délais relativement brefs : une interruption volontaire de grossesse médicamenteuse peut ainsi être pratiquée jusqu'à 5 semaines de grossesse (soit 7 semaines après les dernières règles), une IVG par aspiration pouvant, elle, être pratiquée jusqu'à 12 semaines de grossesse, mais nécessitant une intervention plus lourde.

La première méthode, qui consiste à prendre une molécule, le RU 486 (la "pilule abortive"), peut sembler la moins contraignante mais c'est aussi celle qui doit se pratiquer dans les délais les plus brefs ; pour réduire le parcours des femmes voulant y avoir recours et limiter les procédures, Roselyne Bachelot avait annoncé en septembre 2007 son intention de permettre aux centres de planning familial de délivrer la fameuse pilule. Un an et demi plus tard, le décret autorisant ces centres ainsi que les centres de santé à pratiquer une interruption volontaire de grossesse médicamenteuse a été publié.

Le Planning familial se félicite... et reste vigilant

Pour cela, les centres de planification devront signer une convention avec un établissement hospitalier et également obtenir la signature du président du conseil général de leur département. Dans un communiqué, le Planning familial a salué comme ce qu'il a qualifié d'une "avancée" tout en laissant pointer quelques inquiétudes.

Selon le décret, "le président du conseil général peut" (et non pas "doit") passer cette convention, ce qui, selon le Planning familial, risque de "laisser cette décision au seul libre arbitre du conseil général" et donc limiter l'application du texte, a expliqué Marie-Pierre Martinet, secrétaire générale du Planning familial. Aussi, le Planning familial assure qu'il "veillera" aussi à ce que "l'ensemble des associations puissent, en leur qualité de CPEF (centre de planification ou d'éducation familiale)" réellement passer des conventions avec le conseil général.

Le Planning familial indique par ailleurs qu'il "sera attentif et veillera à ce que l'élargissement de l'IVG par voie médicamenteuse ne se fasse pas au détriment de la méthode d'IVG par voie instrumentale" car "les femmes doivent pouvoir continuer à avoir le choix de la méthode qui leur convient". Marie-Pierre Martinet a ainsi fait part de sa crainte que cet élargissement des possibilités de prescription du RU 486 ne se traduise par une baisse des moyens alloués aux dispositifs d'IVG existants.

le 18 mai 2009 à 19:39
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10 Commentaires

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  • Jules, le 19/05/2009 à 21h38

    Merci Lucie pour votre témoignage équilibré. Cela étant, jeune qui n'a pas connu les débats et avant la loi Veil, je ne peux qu'être interpellé par la remarque de Réflechissons (pus de contraception => plus d'avortement)... Ne serait-il pas temps de "se poser" sur le sujet et prendre un peu de recul ? En outre, je ne suis pas sur (en fait, je suis presque sur) que la prise de la pillule n'aide pas les hommes (comme moi). Ce n'est pas pour aider les hommes a bien vous respecter ! Pourquoi devriez-vous prendre vous une responsabilité qui nous incombe aussi (vous ne devenez pas enceinte toute seule !) ?

  • Lucie, le 19/05/2009 à 18h08

    Il est malhonnête de diaboliser l'avortement et de dire que l'avortement est du à une sexualité débridée et inconsciente. Les femmes que je connais et qui ont avorté sont des femmes responsables et qui ont eu peu de partenaires et des relations très durables et fidèles. On peut avoir un accident de préservatif lorsqu'on est dans une période de changement de contraception, la pilule s'oublie très facilement et peut être rendue inefficace par une gastroentérite, on peut ovuler deux fois dans un même mois, etc... Les gens devraient être plus informés des limites des contraceptions et avoir chez eux une ou deux pilules du lendemain pour ne pas se trouver obligés de recourir à l'ivg. L'accident, l'erreur peuvent arriver à tous. C'est aussi une démarche d'amour et de respect d'arrêter une grossesse à son commencement lorsqu'on se sait incapable de devenir parent, etc. Les croyants ne peuvent pas demander aux rationalistes d'adhérer à leur vision de l'ivg, surtout l'ivg médicamenteuse ou c'est un minuscule oeuf qui est détruit. Il est stupide de prétendre que le droit à l'avortement favorise la déchéance morale. La sexualité ne sera jamais anodine pour personne. Les adolescentes qui tombent enceintes n'avortent pas si souvent que ça et ne considèrent pas du tout les choses avec légèreté. Avorter est toujours un choix de responsabilité : puis je m'autoriser à être mère, étant donné mes limites humaines, matérielles, etc. Les hommes sont très ignorants en ce qui concerne les problèmes gynécologiques, les maladies sexuellement transmissibles, les problèmes que peuvent poser les contraceptions à une femme et pas à une autre, etc. Bien des hommes réagissent très violemment à une grossesse non désirée...

  • Kangooroux, le 19/05/2009 à 15h45

    Notons également que la pilule du lendemain est disponible gratuitement et anonymement pour les mineures dans toutes les pharmacies. La pilule abortive dont il est question ici possède un mode d'action différent permettant un délai plus long entre le rapport sexuel et la prise du médicament. La pilule du lendemain se prend le plus rapidement possible après le rapport non protégé (et de fait, sans savoir si la fécondation a eu lieu). La pilule abortive peut être délivrée selon la loi jusqu'à 7 semaines d'amenhorrée, la grossesse pouvant déjà être établie à ce moment.

  • Jean de boutaé, le 19/05/2009 à 15h42

    La banalisation du sex a notre époque et devenu pour moi un scandales pris bien trop a la légère. Quand j'ai vue ma belle-fille âgée juste de 14 ans allez au planning familial pour se procurer la pilule gratuitement ,c'est vraiment prendre les parents pour des irresponsables. Quand bien sur il y a des problème dans la famille ,je comprend car il ai difficile d'en parler a n'importe qui mais quand tout va bien. A 14 ans ou méme plus je crois qu'il y a d'autre priorité, surtout a notre époque ou le futur ne sera sûrement pas rose. Et médicalement parlant il y assez de problème sans encore en rajouter et mesdemoiselles dite merci aux français de vous offrir votre pilule.

  • Anonyme, le 19/05/2009 à 15h37

    Elle peut être pratiquée jusqu'à 12 semaines de grossesse. -> Aucun moyen de contrôler la prise de médicament passant ce délais, ça craint! -> Aucun moyen d'être sûre que ce cachet ne sera utilisé par une autre personne.

  • Krystell, le 19/05/2009 à 09h38

    Je suis ABSOLUMENT contre le fait que cette pilule puisse être distribuée dans un planning familial. A toutes les jeunes filles insouciantes qui cacheront une grossesse débutante à leur famille, a toutes ces jeunes demoiselles qui prennent les relations sexuelles à la légère...Je trouve cette démarche dangeureuse; Mère de deux enfants en bas âge, j'ai dû avorter en juillet dernier pour anomalie de l'embryon, à 3 semaine et demi de grossesse...prise de ce médicament qui n'a que partiellement permis d'évacuer l'embryon...Résultat: un mois après hémorragie et curetage en urgence avec anesthésie générale... Qu'adviendra-t-il de ces jeunes filles si elles étaient dans le même cas que moi???

  • Philippe, le 19/05/2009 à 09h34

    L'avortement qu'il soit chirurgical ou médicamenteux est toujours un drame. Banaliser l'avortement, c'est banaliser le drame: on va à la catastrophe avec de telle mesure de politique familiale. A quand une remise en question de comportements irresponsables et un nouveau regard sur le bel amour?

  • Roussel, le 19/05/2009 à 09h09

    Elle est vendue dans toutes les pharmacies et sans ordonnance, même aux adolescentes, pour le prix de deux places de cinéma ! Il est quand même plus facile de se déplacer vers la première pharmacie venue que de dénicher un centre de planning familial au premier incident de capote non ?

  • Noémie, le 19/05/2009 à 08h50

    Je suis d'accord avec "Reflechissons". De plus, il faut obliger les personnes du planning familial à discuter avec la femme concernée pour qu'elle soit bien sûre de son choix. Avorter n'est pas un geste anodin, même par voie médicamenteuse.

  • Réfléchissons, le 18/05/2009 à 22h30

    D'un côté Il ya de plus en plus de moyens de contraception et de facilités pour le faire, de l'autre de plus en plus d'avortements...il est temps de se poser les questions en d'autres termes, de voir le problème autrement, de façon plus large, plus globale, plus profond..d'apporter d'autres solutions et moyens que le seul duo contraception-avortement.La vie, l'amour , la sexualité, c'est pas que de la mécanique !

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