Les concessions de Sarkozy aux médecins

le 11 mai 2009 à 18h10 , mis à jour le 11 mai 2009 à 22h47

Le chef de l'Etat annoncé lundi accepter de modifier la gouvernance des CHU en créant, autour des nouveaux directeurs généraux, un directoire composé de personnalités médicales.

Nicolas SarkozyNicolas Sarkozy © LCI

Nicolas Sarkozy a tenté lundi de désamorcer la  grogne contre le projet de loi Bachelot de réforme de l'hôpital en acceptant des modifications sur leur gouvernance, à la veille de l'examen du texte par le  Sénat et d'une nouvelle journée de protestation de leurs personnels. Devant une centaine de patrons de Centres hospitaliers universitaires (CHU),  de doyens de facultés de médecine et de grands médecins réunis à l'Elysée, le  chef de l'Etat a repris à son compte les six propositions de la commission  Marescaux sur la réforme des CHU, notamment celle sur la gouvernance des  hôpitaux, principale pierre d'achoppement avec le monde hospitalier.

"Je vous donne mon accord à leur sujet. Je demande au gouvernement (...) de  proposer par voie d'amendement au Sénat de les intégrer dans le projet de loi  hôpital", a-t-il déclaré. Au premier rang de ces suggestions, le Pr Jacques Marescaux a préconisé la  mise en place, autour du directeur du CHU désormais nommé en Conseil des  ministres, d'un "directoire" de trois vice-présidents composé du président de la  commission médicale d'établissement (CME), du "doyen" de la faculté de médecine  et d'un représentant du secteur de la recherche. "Les autres membres de ce directoire seront nommés par le directeur, qui  sera maître de la décision, sur proposition du doyen et du président de la CME",  a également avalisé Nicolas Sarkozy. Selon l'Elysée, la nouvelle gouvernance proposée par la commission Marescaux  et reprise par le gouvernement a vocation à s'appliquer à l'ensemble des  établissements hospitaliers, CHU ou pas.

"Le directeur ne doit  pas devenir un despote absolu"

Le chef de l'Etat s'est appliqué à tordre le cou aux principales critiques  de la communauté hospitalière au projet Bachelot, qui ont déjà alimenté la  réécriture du texte par les sénateurs en commission avant son examen en séance à  partir de mardi. Depuis plusieurs semaines, les médecins reprochent au gouvernement de  vouloir faire, contre eux, du directeur le "seul patron" des hôpitaux et les  syndicats dénoncent sa volonté de "transformer l'hôpital en entreprise". "La loi hôpital n'est pas une loi antimédecins", a assuré Nicolas Sarkozy.  "Et personne n'a jamais dit que l'hôpital devait devenir une entreprise. Mais  l'hôpital n'est pas non plus condamné à être en déficit avec le contribuable".

Plus mesuré que lors de ses dernières sorties, le président s'est aussi  abstenu de parler des directeurs d'hôpitaux en "patrons". "Le directeur ne doit  pas devenir un despote absolu. Qui peut avoir cette idée étrange ?", s'est-il  interrogé, "mais là aussi, qu'il y ait une capacité d'arbitrage et de décision  dans un hôpital, ça serait une bonne nouvelle". Tout à son effort de calmer la contestation, Nicolas Sarkozy a souligné  avoir tenu compte des critiques. "Nous avons écouté tout le monde", a-t-il  assuré, "on essaie de faire la meilleure réforme possible (...) de créer les  conditions de la confiance pour avancer ensemble". Le professeur et député UMP Bernard Debré, qui avait manifesté le 28 avril,  a estimé qu'on "est sortis par le haut, avec un rapport important. Maintenant,  les sénateurs vont le mettre en musique". "Je pense que ça va calmer la grogne", a pronostiqué le Pr Marescaux. Député PS et médecin, Jean-Marie Le Guen a salué "une première victoire de  la communauté hospitalière", "un recul (du président) qui en appelle d'autres". Les premiers effets du baume présidentiel sont attendus dès mardi, avec  l'examen du texte au Sénat et la visite de Nicolas Sarkozy au CHU de Nancy, où  la CGT a appelé à manifester.

D'après agence

le 11 mai 2009 à 18:10
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22 Commentaires

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  • Amélie, le 12/05/2009 à 18h59

    Tout le monde sait que l'hôpital est très mal géré. Le système est poreux et ne fonctionne plus. Si on ne fait rien pour améliorer la gestion des hôpitaux, c'est la qualité des soins qui va en pâtir. Le gouvernement propose des solutions pour mieux assurer la gestion des hôpitaux. Mais comme toujours les corporatismes se réveillent craignant de perdre leur pouvoir et leurs petits avantages. Décidément il devient impossible de réformer en France même quand c'est indispensable !

  • Jean, le 12/05/2009 à 18h22

    La seule chose pour laquelle tous ces médecins , grands professeurs de nos hopitaux , ont signé la pétition contre la réforme hospitalière est LEUR POUVOIR . Rien d'autre , ça s'arrête là . Que les hopitaux soient bien ou mal gérés ils s'en foutent, tout ce qui compte pour eux c'est de conserver toute leur puissance , tout leur pouvoir , en profitant grassement des cotisations maladie des assurés sociaux et en pratiquant une médecine à deux vitesses qu'ils viennent eux-mêmes décrier dans les médias et sur les plateaux télés , ce qui est le plus choquant . Si vous acceptez de payer cher pour obtenir une visite en consultation privée , vous passerez devant les autres patients et on vous assurera les meilleurs soins et le meilleur suivi , Voilà la réalité .

  • Flandry, le 12/05/2009 à 17h21

    De l'utilité de réfléchir avant de se lancer si on n'a pas le cran d'éviter la reculade.

  • Papibubu, le 12/05/2009 à 15h31

    LES CONFESSIONS DE SARKOSY Jamais personne n'a pensé à faire du mal à l'hopital ,ni à qui ou quoi que ce soit d'ailleurs ! Ne vous laisser pas enfumer par les profiteurs du système , qui ne veulent rien changer à rien , tant ils en sont les béneficiaires ( les profiteurs ! ) AYEZ CONFIANCE !!!!

  • ..., le 12/05/2009 à 15h10

    Je pense tout simplement qu'avant de lancer une réforme a la va vite le président devrait nous consulter en tant que citoyens et habitants d'un pays démocrate nous avons le droit de voter et le président est charger de nous demander notre avis !!!!!!!!!!!

  • Sergio, le 12/05/2009 à 11h59

    Je suis contant de lire des réactions cencées, les hopitaux ne doivent pas etre gérer que par une logique comptable, des soins de qualité pour tous, font gagner de l'argent à la sécurité sociale, le personnel hospitalié dans son ensemble est méritant, et notre plus grand plaisir et d'en sortir le plus vite possible. Il faut que les patient est une hatitude responsable pour les transports... La sécu c'est le bien fragile de tous. Il est certain que la classe politique, vit bien au dessus des moyens de la France. Elle est loin de montrer l'exemple. 38 Sergio

  • Noémie, le 12/05/2009 à 10h18

    Je pense qu'il faut réformer l'hôpital, l'éducation nationale, etc. Mais pas avec pour premier objectif l'argent. Il faut comme premier objectif l'efficacité et le résultat. Car un hôpital très efficace qui réagit vite et bien dans toutes les situations fera gagner de l'argent à notre pays (quand les maladies et blessures ne s'aggraveront pas avant d'être enfin prises en charge), de même pour l'éducation : des gens intelligents et bien formés ont un travail et un apport pour leur pays autre que des gens qui ont été mis en marge de la société depuis leur plus jeune âge. Il faut voir à plus long terme et prendre des mesures brillantes et coordonnées. Ce n'est pas ce que je vois aujourd'hui...

  • Noémie, le 12/05/2009 à 10h18

    Tout à fait d'accord avec Kervyb : s'il veut faire des économies, qu'il montre l'exemple et ne serre pas la ceinture qu'aux autres. Il n'est pas obligé de faire des tas de dîner avec tout le monde et partir n'importe où tout le temps. Il ne suffit pas de bouger et se montrer pour être un bon président. Il faut avant tout réfléchir et prendre les mesures qui s'imposent pour son pays. Et montrer l'exemple.

  • Angèla, le 12/05/2009 à 07h10

    Qu il arrète un peu mr veut changer le monde quand on voit le train de vie que mènent tous ces polititiens alors que des mères de familles vivent au seuil de la pauvretée il faut payer une taxe sur les mèdicaments le cent pour cent est descendu au 95 pour cent et c est pas fini il vaut mieux venir au monde avec des parents aise sinon rester d ou on vient

  • Gilbert, le 12/05/2009 à 06h56

    Et voila un peu comme chaque fois vite vite la réforme et au bout d'un moment avec tous ce qui peut etre perdu le Président demande de faire un geste et pourquoi ne pas réfléchir avant de se précipiter pour une réforme les conseillers devrait etre réformés parfois

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