Accusations de harcèlement moral à l'hôpital

le 03 juin 2009 à 23h16 , mis à jour le 04 juin 2009 à 15h03

Un rapport accablant dénonce la pression subie par les employés d'un service de l'hôpital psychiatrique Paul-Guiraud de Villejuif.

[Expiré] couloir hopital santé © sxc.hu

"Management autoritaire", "violence verbale parfois même à caractère raciste" : une enquête menée sur le service informatique de l'hôpital psychiatrique Paul-Guiraud de Villejuif, dont deux ex-salariés ont porté plainte pour harcèlement moral, dénonce dans des termes très durs les méthodes de gestion du personnel. Le rapport final de cette enquête, menée par le cabinet d'expertise indépendant Technologia pour le compte du Comité d'hygiène et de sécurité des conditions de travail, doit être présenté jeudi devant le CHSCT.

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Evoquant une "fragilisation psychologique" de la plupart des salariés du service, il préconise la "mise en retrait" de ses responsables, ainsi que la création d'une cellule de veille sur les risques psychosociaux et d'une mission d'appui au dialogue social. Dans son rapport, le cabinet d'expertise met aussi en garde contre le "potentiel destructeur d'une situation qui conjugue une organisation du travail particulièrement rigide avec l'exploitation de la peur de la sanction". Outre la tension verbale, il relève des "réunions de service aux allures de procès".

"Souffrance morale au travail"

Cette expertise a été conduite à la demande du CHSCT, alerté par des agents du service informatique faisant état d'une "souffrance morale au travail" depuis 2007, après l'arrivée de deux nouveaux responsables. Parallèlement, deux des salariés du service, qui ont depuis quitté l'établissement, ont porté plainte pour harcèlement moral en 2008.

Le syndicat SUD-santé du Val-de-Marne a estimé mercredi dans un communiqué que cette situation était "révélatrice de ce que beaucoup de salariés de la santé ont malheureusement à subir dans le secteur hospitalier". Elle "illustre aussi l'extrême danger" de la loi Bachelot sur la réforme de l'hôpital "du point de vue de l'étendue considérable des pouvoirs qui devraient être octroyés aux directeurs d'hôpitaux", écrit le syndicat départemental.

"Sans nier la pertinence de certaines propositions du rapport (cellule de veille au travail, clarification des lignes hiérarchiques), la direction ne peut que déplorer un document partial et d'une faible valeur méthodologique", ont rétorqué les dirigeants de l'hôpital dans un communiqué. Observant que ce rapport avait "déjà été transmis à la presse", ils ont estimé par ailleurs que cela "augure mal de la sérénité des débats nécessaire à ce type de dossier". La direction a aussi estimé que le cabinet, chargé "d'une expertise et non d'un audit", est sorti "de son champ de compétences en proposant notamment la mise en retrait" des responsables du service informatique. Avant de conclure qu'elle "prendra, en toute liberté, les mesures qu'elle estime nécessaire afin de conforter la liberté au travail, le respect des individus et préserver le développement de l'informatique".

D'après agence

le 03 juin 2009 à 23:16
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18 Commentaires

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  • Verlaine, le 13/06/2009 à 10h16

    Wawa,Rodez:J'exerçais dans la fonction publique.Votre message est,pour moi,le bienvenu.

  • Wawa, le 12/06/2009 à 15h34

    Le harcèlement moral existe, mais il est très difficile à prouver, notamment dans la fonction publique. A ma connaissance, jamais personne n'a été reconnu par un juge comme étant à la fois victime de harcèlement moral et indemne de toute part de responsabilité dans son état de harcelé(e). Le présent courriel se veut utile aux personnes qui estiment souffrir de harcèlement moral

  • Verlaine, le 09/06/2009 à 13h34

    Hector:Si vous saviez de quelle maladie je souffre et dans quel endroit je travaillais,JAMAIS,je dis bien JAMAIS vous n'auriez eu à mon égard des propos aussi blessants.De grâce,ne portez plus de jugemet hâtif sans connaître les personnes à qui vous vous adressez par le biais d'un ordinateurDes"fautes",on m'a accusé d'en faire le jour où j'ai été diagnostiqué.Avant,j'ai toujours été malade,mais à partir du moment où je paraissais"normal",on me laissait faire mon travail.Après le diagnostic,ça a été un harcèlement continuel,une"usure"permanente...J'ai dû quitter un travail que j'aimais,un métier qui me passionnait où je me sentais utile,humain pour me retrouver en invalidité alors que je pourrais encore exercer.Hector,amicalement.

  • Hector, le 08/06/2009 à 23h06

    Pour revenir au sujet, les quinze dernières années ont été caractérisées, dans le monde du travail, par la mise en oeuvre "de nouvelles méthodes de gestion et de direction des entreprises, qui se traduit par la remise en cause progressive du droit du travail et des acquis sociaux" (Supiot, 1993). Ces nouvelles méthodes s'accompagnent d'une brutalité dans les rapports du travail qui génère beaucoup de souffrance. En fait, le management permet d'ôter aux êtres leur humanité, de sorte qu'ils sont réellement considérés comme des objets à utiliser et à jeter. C'est d'ailleurs pour cette raison que les managers seraient incapables de travailler avec des proches; en effet, la méthode est trop violente pour l'infliger à quelqu'un que l'on reconnaît comme un sembable. Une collaboratrice est enceinte ? Une réjouissance hypocrite, au mieux; des attaques directes, au pire. Un collaborateur tombe malade ? Depuis 10 ans son travail était impeccable, et voilà qu'on l'accuse soudain de faire des "fautes" qui "nuisent" à l'entreprise. Question : Mais comment un manager, mère de famille ou un mari aimant, peut-il/elle infliger une souffrance indue à un *semblable* ? Réponse : parce que l'idéologie du management réduit l'autre à un pion, c'est-à-dire à un *non-semblable*. (ajoutez à cela une dose de victimisation : "c'est dur de devoir faire souffrir autrui", et une dose de déni : "je ne fais que mon travail de manager")

  • La Palisse, le 08/06/2009 à 12h06

    Monsieur Hector,"Qui sème le vent,récolte la tempête"...!

  • X, le 08/06/2009 à 09h18

    Pour Hector:Vous êtes un érudit.

  • Verlaine, le 08/06/2009 à 08h45

    Hector de Strasbourg,je vous plains...Votre jugement hâtif est erronné.Quand on connaît bien une personne,on peut se faire une idée,quoique..."Quant à mettre des étiquettes",vous vous en chargez!

  • Mado, le 07/06/2009 à 19h47

    Prenez le temps de bien lire ce qu'a écrit Verlaine dans son premer commentaire au lieu de vous exciter inutilement!Le mot"FOLIE"n'a plus cours.Et,il n'y a que des personnes atteintes de"MALADIE MENTALE!

  • Hector, le 07/06/2009 à 16h42

    "Folie" n'est pas un terme médical, c'est pourquoi les professionnels l'emploient de préférence car il permet d'éviter de mettre des étiquettes et d'enfermer les gens dedans. En effet, tout le monde peut avancer à son rythme et à sa façon. C'est donc bien Jade, l'infirmière psy, qui a raison. Quant à la pique de Vermachin suite au témoignage poignant de Jade, elle montre non seulement son indifférence face à la souffrance d'autrui, mais aussi son mépris de celui qui souffre; d'ailleurs, c'est la seule "vérité" qu'il/elle communique ici.

  • Verlaine, le 07/06/2009 à 13h55

    Zen de Grenoble:Appeler un chat un chat,rétablir la vérité et dire ce que l'on pense n'est pas harceler.Ou alors vous êtes victime de paranoïa et je le regrette.

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