Image d'archives © TF1/LCIDes bactéries humaines résistantes aux antibiotiques se diffusent dans l'environnement hors des hôpitaux et posent "un enjeu majeur de santé publique", selon une étude réalisée en Camargue. Publiée dans la revue PlosOne par une équipe française du centre de recherche de la Tour du Valat et des équipes suédoises des universités d'Uppsala, d'Umea et Kalmar, elle porte sur les goélands leucophées, des oiseaux sauvages abondants sur le littoral méditerranéen et pouvant être considérés comme des bio-indicateurs de l'état de l'environnement. Les animaux étudiés proviennent d'une colonie près de Port-Saint-Louis qui se nourrit essentiellement des poubelles de Marseille, et d'une autre près d'Aigues-Mortes qui se nourrit plutôt en mer.
Hôpital de Massy : la bactérie tueuse accusée à tort
A la suite d'un article du Parisien, révélant la mort de plusieurs patients d'un hôpital de l'Essonne qui avaient été infectés par une bactérie résistante, l'Institut de veille sanitaire met les choses au point : s'ils étaient bien porteurs du microbe, ce n'est pas lui qui les a tués.
Publié le 30/08/2011
Une bactérie tueuse fait trois morts dans un hôpital de Massy
Trois patients ont succombé en juillet à une bactérie résistante aux antibiotiques, selon Le Parisien. En tout, 18 patients auraient été infectés. Ce qui avait poussé l'Institut de veille sanitaire et l'Agence régionale de santé à bloquer temporairement les nouvelles admissions dans l'hôpital.
Publié le 30/08/2011
Les Parisiens seront-ils soignés au rabais ?
Un projet de réorganisation des Hôpitaux de Paris menace plusieurs milliers d'emplois. Les syndicats craignent une baisse de la qualité des soins.
Publié le 21/11/2009
L'étude montre chez ces oiseaux la présence de bactéries ayant un niveau important de résistances à six antibiotiques, notamment la tétracycline, la streptomycine et l'ampicilline. Les goélands sont, notent les chercheurs, porteurs "de taux élevés de bactéries Escherichia coli produisant des beta-lactamases à spectre étendu de type CTX-M et de variants humains présents dans les hôpitaux de cette région. Les analyses génétiques indiquent une transmission de l'homme à la faune sauvage à plusieurs reprises". Traduction en langage courant : des souches de bactéries qui se sont développées dans les hôpitaux de la région et ont su y survivre aux traitements antibiotiques considérés comme les plus efficaces se sont échappées de ce cadre hospitalier et ont été diffusées dans la nature, avec la complicité involontaire de personnes y travaillant ou y ayant séjourné, ou grâce aux rejets des hôpitaux. Un autre point noir étant les zones d'élevage, où les antibiotiques sont aussi largement utilisés et contribuent à opérer une forme de sélection des germes les plus résistants.
Comment éviter l'adaptation des bactéries ?
Les premières bactéries présentant ces caractéristiques, et rendues capables de se protéger des traitements censés les éradiquer, avaient été identifiées en 1989 et repérées en France dans les hôpitaux au début des années 2000, notamment dans le Nord. Dans le Sud-Est, région où comme dans tout le pays l'usage d'antibiotiques en médecine humaine et vétérinaire est à des niveaux relativement élevés, elles ont été identifiées à partir de 2004 dans plusieurs hôpitaux.
Aujourd'hui, elles sont donc présentes dans l'environnement. Avec le risque qu'elles ne provoquent, à terme, des maladies contre lesquelles il n'existera plus de traitement antibiotique possible. "L'émergence de ces bactéries résistantes aux antibiotiques représente un enjeu majeur de santé publique", soulignent ainsi les auteurs de l'étude, dont les résultats "posent aussi le problème de la persistance à long terme de ces bactéries dans l'environnement et de leur dissémination à une vaste échelle, alors qu'elles étaient auparavant limitées au milieu hospitalier".
La grande question est de savoir si ces bactéries ultra-résistantes seront capables de proliférer en pleine nature. Ce qui pourrait être le cas si elles rencontrent des conditions propices. "Un risque supplémentaire est la création dans l'environnement de creusets favorables au développement de nouveaux types de résistance", soulignent ainsi les auteurs de l'étude. Pour limiter les risques, les chercheurs suggèrent "une surveillance active des bactéries résistantes sélectionnées et l'utilisation optimale et raisonnée des antibiotiques, le contrôle des effluents d'hôpitaux et d'élevage ainsi que des eaux usées municipales, tous contenant des bactéries porteuses de gènes de résistance contaminant l'environnement".
D'après agence
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