Couloir d'hôpital © TF1/LCIPlombé par les déficits, le CHU de Caen va être placé sous tutelle resserrée de l'Etat après le rejet quasi unanime de son budget par son conseil d'administration. "C'est un vote de combat pour alerter la ministre sur le déficit structurel du CHU de Caen qui a un besoin d'une aide de l'Etat pour revenir à l'équilibre", a souligné le député-maire PS de Caen, président du conseil d'administration du CHU, Philippe Duron.
Le conseil d'administration a voté jeudi soir contre le budget prévisionnel 2009 qui prévoyait 28 millions d'euros de déficit et 208 suppressions d'emplois, à 21 voix contre, une abstention et une pour sur 23, selon Daniel Moinard, le directeur général par intérim de l'hôpital. A la fin 2008, le déficit cumulé de l'hôpital s'élevait à 55 millions d'euros. Conséquence de ce vote, il revient à l'Agence régionale de l'hospitalisation, d'appliquer le budget 2009, en collaboration avec la direction de l'hôpital.
Des frais inexpliqués
Le cas de cet hôpital est emblématique. Si deux autres CHU en France ont rejeté leur budget, Rouen et Saint-Etienne, leurs déficits sont moins importants. Celui de Caen est donc dans une situation bien particulière. La direction met en avant une gestion handicapé par des dépenses liées à la présence d'amiante dans ce bâtiment de 1975, et qui vont augmenter au fil des années, selon la direction. Tous les travaux effectués dans ce bâtiment de 23 étages coûtent 30% plus cher que la moyenne à cause de l'amiante.
Mais il faut ajouter à ce problème des frais inexpliqués : 970.000 euros de travaux réalisés, aux frais de l'hôpital, sur la maison de fonction de l'ancien directeur du CHU. Ce dernier, Joël Martinez, a démissionné en mars. La direction a annoncé qu'elle allait "porter plainte contre X pour faire la lumière sur les décalages existants entre les sommes engagées et les travaux réalisés". En attendant, il faudra bien rembourser : ces dépenses seront financées par la suppression de deux postes de directeur (en plus des 208 suppressions de postes).
Face à cela, les dépenses de personnel sont réduites. Le CHU de Caen qui emploie environ 6000 personnes "a une des masses salariales les plus faibles de France", souligne Philippe Duron. "Si on continue à traiter l'hémorragie par des saignées (suppressions de poste) c'est la mort assurée", commente pour sa part Max-André Doppia, anesthésiste au CHU de Caen et secrétaire général du SNPHAR. Le conseil d'administration attend un feu vert du ministère pour la construction d'un nouvel hôpital, un investissement de 500 à 700 millions d'euros selon la direction, et les fonds nécessaires pour fonctionner d'ici à l'ouverture de ce nouveau bâtiment, dans 8 à 10 ans selon la direction.
D'après agence
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