Le Sénat adopte le texte

le 06 juin 2009 à 11h10 , mis à jour le 06 juin 2009 à 11h35

La balle est maintenant dans le camp de la Commission Mixte Paritaire, qui devra encore faire une synthèse délicate entre les deux chambres du Parlement.

Dans les coulisses du SénatDans les coulisses du Sénat © TF1/LCI

Le Sénat a adopté dans la nuit de vendredi à  samedi le controversé projet de loi sur l'hôpital, mettant fin à un long bras de  fer entre une Haute-assemblée désireuse de remanier le texte et une ministre de  la Santé soucieuse de conserver l'esprit de sa réforme. Seule la majorité UMP et centriste a voté pour. L'opposition PS, Communistes  et parti de gauche et Verts a voté contre. Le texte a été adopté par 177 voix  contre 153. Entamée le 12 mai dans une ambiance surchauffée par une contestation sans  précédent de la communauté médicale, y compris de "mandarins" défilant dans la  rue, la discussion a pris en deuxième et troisième semaine un ton plus apaisé.

L'opération de déminage menée par Roselyne Bachelot a réussi à calmer la  colère des soignants. Elle a du faire des concessions, notamment sur la gouvernance à l'hôpital et  dans les ARS (Agences régionales de santé), le "testing" pour refus de soins discriminatoire ou l'interdiction d'alcool. Mais elle a imposé à une majorité  rétive l'esprit de son texte notamment sur la démographie médicale. La ministre a été mise en minorité à de nombreuses reprises par sa majorité  et a dû louvoyer entre une commission des Affaires sociales qui avait profondément réécrit le texte et une opposition remontée contre une  "privatisation de la santé". La nouvelle procédure parlementaire a compliqué l'affaire. Le texte de la  commission étant désormais celui discuté en séance, cela a généré une avalanche  d'amendements (1.421 en commission, 1.370 en séance) et obligé le gouvernement à  amender pour revenir à son texte d'origine. Autre invité surprise : une réforme des CHU (Centres hospitaliers  universitaires) intégrée sous forme d'amendements annoncés par le président  Nicolas Sarkozy après la remise du rapport du Pr. Jacques Marescaux.

Contrat santé solidarité

Toutes ces modifications ont provoqué la colère de l'Assemblée nationale,  dont le président UMP Bernard Accoyer a même jugé qu'il fallait lever la  procédure d'urgence (une lecture par Assemblée) instaurée sur ce projet. Le projet de loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires (HPST), foisonnant  et très technique, vise à réformer la gouvernance à l'hôpital mais aussi toute  l'organisation du système sanitaire (création des ARS), l'accès aux soins, les  rapports hôpital-cliniques privées, sans compter un volet santé publique avec  prévention de l'alcoolisme, du tabagisme et de l'obésité.

Plusieurs dossiers étaient particulièrement controversés. Sur la gouvernance  hospitalière, l'équilibre des pouvoirs a été modifié pour faire une plus grande  place aux praticiens inquiets d'un renforcement excessif des directeurs  d'établissements. Sur les dépassements d'honoraires, Mme Bachelot a refusé avec succès leur  encadrement renvoyant aux négociations Sécu/médecins. Nicolas Sarkozy a, lui,  demandé jeudi au gouvernement de "se préparer" à intervenir sur le sujet. Sur les déserts médicaux et la liberté d'installation, la ministre a  réintroduit le contrat santé solidarité, que la commission avait supprimé,  destiné à faire participer, à partir de 2013, les médecins des zones sur-denses  aux besoins des zones sous-médicalisées. Les médecins qui refuseront verseront une amende d'environ 3.000 euros. Mais  le texte prévoit au préalable des mesures incitatives, comme l'octroi de bourses  d'études en échange d'une installation en zone "déficitaire".

Enfin sur l'accès aux soins, Mme Bachelot a renoncé à réintroduire la  pratique du testing pour les refus de soins discriminatoires, supprimée par la  commission, ne disposant pas d'une majorité. La balle est maintenant dans le camp de la Commission Mixte Paritaire, qui  devra encore faire une synthèse délicate entre les deux chambres du Parlement.

D'après agence

le 06 juin 2009 à 11:10
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4 Commentaires

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  • Orphee, le 06/06/2009 à 12h43

    203 personnes qui ont votées.... c'est mieux que pour la loi hadopi.... mais il y a encore du boulot pour les mettre au "taf".

  • LeFouRaleur, le 06/06/2009 à 12h26

    Comment comprendre que dans un pays avec majorité de gens classe moyenne et basse soit la droite qui l'emporté, simplement pourquoi ceux qui votent à droite et ne sont pas des nantis ne savent pas ce qu'ils font, ils sont des insconcients.

  • Riri, le 06/06/2009 à 12h01

    Comment voulez-vous faire passer une texte en faveur des ouvriers que ça soit hopitaux ou autres puisque le sénat et l'assemblée nationale est majoritaire à droite et comment sera l'assemblée européene pour cela la suite demain dimanche à 22 heures, mais faut pas rêver.

  • Brelandas, le 06/06/2009 à 11h46

    Une loi votée au forceps ne peut que faire long feu.

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