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L'Organisation mondiale de la santé a déclenché jeudi le niveau 6 d'alerte, le niveau maximum, face à la grippe A/H1N1, désormais considérée comme une pandémie mondiale, la première du XXIe siècle. "Le virus ne peut pas être arrêté", a souligné la directrice de l'OMS Margaret Chan, qui a également demandé une nouvelle fois aux pays de ne pas fermer leurs frontières aux mouvements de personnes et de biens. Selon l'OMS, la pandémie est toutefois "modérée". "Le message important (...) c'est que nous sommes des pays différents, avec des situations différentes. Il n'y a pas une prescription unique" pour faire face à la pandémie, a commenté un diplomate égyptien.
La Croix-Rouge internationale a appelé de son côté ses sociétés nationales à se "mobiliser à travers le monde" et a demandé aux donateurs de répondre à ses appels de fonds pour faire face à la pandémie. Alors que la maladie affecte désormais près de 28.000 personnes dans le monde, l'organisation maintenait depuis le 29 avril le niveau d'alerte 5 signifiant que la pandémie est "imminente".
Plus de 27.000 personnes affectées
Vendredi, à l'occasion d'une réunion de la cellule de crise, la France doit décider si elle maintient ou non son niveau d'alerte à 5. La ministre de la Santé Roselyne Bachelot a d'ores et déjà laissé entendre jeudi que celui-ci pourrait rester en niveau 5. "Avec 73 cas répertoriés de grippe A, la France peut rester au niveau 5A, mais nous prendrons la décision formellement demain", a-t-elle expliqué en marge d'un forum citoyen sur la bioéthique. Selon la ministre, l'avis de l'OMS indique que "chaque pays prend les mesures nécessaires (...). Cela n'implique pas que chaque pays passe au niveau 6", a-t-elle encore indiqué. Jusqu'à présent, la France n'a connu aucun cas grave, à fortiori mortel, et il n'y a pas à ce jour de circulation active du virus.
Sur le plan mondial, le numéro deux de l'OMS, le Dr Keiji Fukuda, a estimé jeudi que le virus de la grippe A/H1N1 "va circuler dans le monde entier pendant un à deux ans et contaminer des gens sur un mode pandémique". Il s'agit de la première pandémie déclarée depuis plus de 40 ans par l'OMS. Pour prendre sa décision, l'organisation attendait d'avoir des preuves que le virus se propageait bien localement dans une région autre que le continent américain, critère géographique retenu pour déclencher la phase 6. La décision de l'OMS était attendue. Selon de nombreux spécialistes hors de l'organisation, les 27.737 personnes affectées dans 74 pays et les 141 morts justifient l'annonce de la pandémie. "Un passage au niveau six n'est pas un jugement sur la sévérité du virus" A/H1N1, a toutefois indiqué plus tôt dans la journée ajouté la ministre écossaise de la Santé, Nicola Sturgeon.
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Phase 6 : les actions |
Le déclenchement par l'OMS du niveau 6 d'alerte pandémique maximum face au virus de grippe A/H1N1 s'accompagne d'une série de recommandations à tous les pays, qu'ils soient affectés ou non. Le but de ces recommandations est de "réduire l'impact de la pandémie" sur la population. Les Etats sont libres de les appliquer comme ils l'entendent, à l'échelle qui leur semble la plus justifiée. Dans les régions affectées, les gouvernements peuvent placer leur pays sous un statut approprié "tel que l'Etat d'urgence". De plus, tous les pays doivent informer l'organisation de l'évolution de la pandémie, notamment du point de vue géographique, et aviser de toute mutation du virus ou de signes de résistance aux antiviraux. Au niveau individuel, l'organisation conseille aux personnes atteintes de maladies respiratoires graves de rester à la maison et de limiter leurs contacts avec les autres membres du foyer. Les autorités doivent fournir des instructions sanitaires adéquates aux membres du foyer de personnes placées en isolement à domicile. Les mesures d'isolement peuvent s'accompagner de la fermeture des écoles et de l'ajustement des heures de travail de façon à éviter que trop de personnes entrent en contact les unes avec les autres. Les pays peuvent également encourager la réduction des déplacements ainsi que les rassemblements liés aux transports publics, mais l'OMS ne recommande pas de restrictions officielles de voyage vers les pays touchés. Ils sont en outre invités à distribuer des antiviraux et à mettre en oeuvre les mesures destinées à se procurer les vaccins adéquats. Les pays doivent en outre planifier la distribution de vaccins et accélérer la préparation de campagnes de vaccination de masse. En terme de communication, ils sont tenus de fournir des informations régulières à la population à la fois sur l'évolution de la pandémie, les traitements et mesures prophylactiques adéquats et les incidences économiques et sociales de la pandémie. Quant aux pays non encore affectés, l'organisation onusienne les invite à finaliser leurs plans de préparation à une "pandémie imminente" et à mettre en oeuvre les programmes de distribution des ressources médicales. Un plan qui est déjà en place en France. |
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