
Dans la lutte contre la grippe A/H1N1, l'antiviral Tamiflu apparaît jusqu'à présent, avant la mise sur le marché d'un vaccin, comme l'arme la plus efficace. Mais le virus mute facilement et peut s'adapter. Ce qui risquerait de faire perdre de son efficacité au médicament face à une possible pandémie. Précisément, le laboratoire Roche, qui produit le Tamiflu, a annoncé un premier cas de résistance détecté chez un patient contaminé par le virus H1N1 de la grippe A. Ce cas a été signalé dans un pays européen : le Danemark.
Selon l'Institut danois de sérologie, l'homme avait été en contact étroit avec une personne malade et avait reçu un traitement préventif de Tamiflu. Il avait malgré tout contracté le virus de grippe porcine et avait dû être soigné avec un autre antiviral : le zanamivir (Relenza), du laboratoire britannique GlaxoSmithKline. Se voulant rassurant, l'institut a souligné que ce cas de résistance ne changeait, pour l'heure, pas les recommandations concernant l'utilisation du Tamiflu contre la première pandémie de grippe du 21e siècle.
La France se prépare, en attendant un vaccin
A l'heure qu'il est, dans le monde, le nombre de cas avérés et déclarés est de plus de 73.000. La Grande-Bretagne est de loin le pays le plus touché d'Europe. En France, le dernier bilan sur la grippe A/H1N1 fait état de 288 cas avérés. Les autorités sanitaires ont déjà mis sur pied des scénarios de riposte en cas de développement d'une pandémie, ce qui pourrait survenir à l'automne.
La moitié de la population française est susceptible d'être touchée par le virus de la grippe A/H1N1 en l'absence de vaccin, a estimé vendredi dernier le professeur Daniel Floret, président du Comité technique des vaccinations du Haut conseil de la santé publique. "Cela paraît une estimation importante, mais raisonnable", a-t-il souligné lors d'une conférence de presse organisée par les industriels de la pharmacie sur le thème des vaccins. Ce taux de 50% a été calculé en fonction du "taux de reproductivité" de l'agent infectieux inoculé dans une population saine, a-t-il expliqué. Il a précisé que le taux de mortalité associé au virus de la grippe porcine était actuellement faible, de 0,4%, contre environ 0,2% pour celui de la grippe saisonnière. Mais "la virulence peut changer", a-t-il souligné.
Interrogé sur la procédure d'autorisation de commercialisation d'un futur vaccin contre la grippe A/H1N1, il a rappelé que celui-ci "sera évalué comme tous les autres vaccins, en fonction de sa balance bénéfices/risques, de son efficacité potentielle, de l'ampleur de la pandémie". Il sera aussi évalué en fonction "du moment" où il arrivera sur le marché, en soulignant que si 40% de la population sont alors déjà touchés, son utilité serait limitée. Mais pour l'heure, "aucune décision n'est prise en la matière".
D'après agence
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