LCI-TF1 © LCI-TF1Le laboratoire GlaxoSmithKline (GSK) a récemment été condamné par le tribunal de Nanterre à verser près de 400.000 euros à une jeune femme atteinte de sclérose en plaques après avoir été vaccinée contre l'hépatite B, selon un jugement révélé par Liberation.fr.
La 2e chambre civile du tribunal de Nanterre a notamment déclaré la société "entièrement responsable des conséquences dommageables résultant de la défectuosité du vaccin Engerix B". Ce vaccin a été partiellement mis en cause en 2008 par une étude du Pr Marc Tardieu (hôpital Bicêtre, AP-HP), mais la Commission nationale de pharmacovigilance a estimé la même année que le rapport bénéfice-risque du vaccin contre l'hépatite B restait positif.
La jeune femme, originaire de l'Essonne, avait reçu trois injections de vaccin contre l'hépatite B en 1994 et un rappel le 7 février 1997, avec de l'Engerix B. Après de premiers troubles dès février 1997, à l'âge de quinze ans, le diagnostic de sclérose en plaques avait été diagnostiqué au mois de janvier 1998. Sa mère avait assigné le laboratoire en février 1999.
"Défectuosité" dans la présentation
Dans son jugement rendu le 12 juin, la 2e chambre civile du tribunal a estimé à partir d'un "faisceau d'indices" que pour le cas d'espèce, "l'imputabilité de la pathologie (...) à l'injection du vaccin (...) est établie". Parmi ces "indices", le tribunal retient l'excellente santé de la victime avant la vaccination, l'apparition de "troubles neurologiques quelques semaines après la dernière injection du vaccin" et la rareté de la survenance de la sclérose en plaques chez l'enfant (1 cas sur 100.000 entre 10 et 15 ans contre 45 sur 100.000 dans la population générale).
Pour le tribunal, la "défectuosité" du produit vient de sa présentation, car "la notice du vaccin" en 1997 "ne mentionnait pas le risque de sclérose en plaques", pourtant indiqué dans le dictionnaire Vidal dès 1994. Enfin, "l'autorisation de mise sur le marché d'un produit pharmaceutique n'a pas pour effet d'exonérer le fabricant de sa responsabilité", estime le tribunal.
La 2e chambre civile a condamné le laboratoire GlaxoSmithKline à verser la somme de 396.939,59 euros de dommages et intérêts à la victime, âgée aujourd'hui de 27 ans et dont les experts ont retenu un taux d'incapacité permanente partielle (IPP) de 25%.
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