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L'Agence européenne du médicament (Emea) a annoncé jeudi qu'elle recommandait le retrait dans toute l'Union européenne des médicaments contenant du DXP (dextropropoxyphène). Il est associé au paracétamol (PC) dans le Di-Antalvic et ses génériques. Le comité de l'EMEA pour les médicaments à usage humain, réuni à Londres, a conclu que le risque présenté par ces produits, "particulièrement le risque de surdose mortelle", était plus élevé que leurs avantages, tandis qu'il n'y avait "pas de preuve que ces (produits) soient plus efficaces" que d'autres. L'EMEA n'a pas non plus "identifié de mesure adéquate pour minimiser suffisamment les risques", comme un avertissement ou une limitation de la taille des boîtes. La commission européenne a 67 jours ouvrables pour donner son avis. Dans la plupart des cas, elle suit celui de l'EMEA.
Disponible en France sur prescription médicale, ce type de médicament "est indiqué dans le traitement des douleurs modérées ou intenses, ou qui ne sont pas soulagées par l'aspirine, le paracétamol ou l'ibuprofène, utilisé seul", indique jeudi l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). "Une trentaine de spécialités pharmaceutiques renfermant cette association est à ce jour commercialisée en France", précise-t-elle.
Décès à l'étude
En 2004, les autorités sanitaires britanniques et suédoises ont retiré du marché l'association DXP/PC. Des décisions motivées par l'identification de nombreux décès dus à des intoxications volontaires (suicides) ou accidentelles à ce médicament : 200 morts par an en Suède pour 9 millions d'habitants et entre 300 et 400 morts par an au Royaume-Uni pour 60 millions d'habitants.
Deux études ont également été menées en France en 2005 et 2006 mais leurs résultats n'ont pas été jugés concluants par l'Afssaps. Toute en maintenant une surveillance sur l'usage du DXP, l'Agence a considéré que ces données ne justifiaient pas de mesures de restriction ou de remise en cause de ce médicament.
Retrait progressif
Face à cette diversité des mesures prises au sein de l'UE et aux risques de décès, la Commission européenne a donc demandé au Comité des médicaments à usage humain de l'Emea de réévaluer les spécialités contenant du DXP. "Au terme de cette évaluation, le Comité a considéré que les preuves d'efficacité thérapeutique sont insuffisantes au regard du risque de décès, en cas de surdosage accidentel ou volontaire", souligne l'Afssaps. L'Emea recommande en conséquence un retrait progressif de l'association DXP/PC.
L'Afssaps maintient pour sa part que "l'association DXP/PC n'est pas le type de produit qui présente le risque le plus élevé au regard du niveau de consommation" et estime "que l'impact d'un retrait sur la santé publique est très incertain dans le contexte français". Pour autant, l'Afssaps se plie à l'avis de l'Emea et invite les professionnels de santé à "ne plus prescrire de médicaments contenant du DXP à de nouveaux patients". Le retrait des produits en question s'effectuera dans un délai d'un an.
L'agence française émettra par ailleurs de "nouvelles recommandations sur la prise en charge de la douleur". "Pour les patients pour lesquels aucune alternative satisfaisante n'aura été trouvée à l'issue de la phase de retrait progressif, l'Afssaps étudiera la possibilité de pouvoir autoriser un accès encadré à la prescription".
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