détectés dans une institution d'Issy les Moulineaux"Il n'y a pas de raison de s'alarmer mais des motifs de se préparer". Le mot de Brice Hortefeux résume l'attitude des autorités françaises : dédramatisation et vigilance. S'il n'y a pas d'épidémie de grippe A/H1N1 en France, des cas suspects ou avérés sont signalés régulièrement. Le dernier cas en date étant celui d'un groupe d'adolescents étrangers séjournant dans une institution d'Issy-les-Moulineaux, dans la proche banlieue de Paris.
Parmi eux, 64 cas avérés ont été découverts depuis lundi dans deux groupes d'adolescents étrangers en séjour linguistique à Issy-les-Moulineaux et Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), où ils ont été isolés. Dans un premier temps, la préfecture des Hauts-de-Seine a fait état de 47 cas avérés au sein du groupe scolaire La Salle Saint-Nicolas d'Issy-les-Moulineaux, un établissement privé catholique accueillant des adolescents durant la saison estivale. Une source à la préfecture des Hauts-de-Seine a indiqué qu'ils venaient d'Espagne, de Grande-Bretagne et des Etats-Unis. Ces adolescents, placés à l'isolement, sont âgés de 15 à 18 ans, selon un responsable de l'établissement, Henri Welschinger, précisant qu'un "étage entier" était "à (leur) disposition".
En fin d'après-midi, la préfecture a également confirmé la présence de 17 cas avérés parmi un groupe d'adolescents italiens, eux aussi en séjour linguistique au collège-lycée privé catholique Passy-Buzenval, à Rueil-Malmaison. "Aucun cas ne présente d'inquiétude particulière. On leur a distribué des masques et ils sont soignés au paracétamol", a expliqué à l'AFP un responsable de la direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) des Hauts-de-Seine, le Dr Juan Vinas. Les jeunes malades "doivent rester à l'isolement huit jours" avant de pouvoir rentrer chez eux, a-t-il ajouté. Le préfet des Hauts-de-Seine, Patrick Strzoda, "a demandé" aux deux structures "de ne plus accepter de nouvelle entrée", a indiqué la préfecture, qui précise que "l'organisation du retour pour les autres personnes se fait au fur et à mesure des dates programmées".
Avant ces dernières annonces, la France totalisait mercredi 793 cas confirmés ou probables depuis le début de l'épidémie, selon la directrice générale de l'Institut de veille sanitaire Françoise Weber. "On peut dire qu'en France, on est devant une épidémie qui globalement ne présente pas à ce jour de caractère de gravité et qui se développe de façon limitée encore sur le territoire", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse au ministère de la Santé. "Nous ne sommes pas dans une situation à l'anglaise, si je puis dire". Au total 586 cas avaient été confirmés sur le territoire français (dont 483 cas en France métropolitaine). S'y ajoutaient 207 cas probables qui n'avaient pas fait l'objet de tests virologiques. Trente sept épisodes de cas groupés avaient été enregistrés, a précisé l'InVS.
La France en phase 6 après l'été ?
A l'heure actuelle, le ministère de la Santé envisage de déclarer l'état de pandémie après l'été. La France est actuellement en phase 5A, qui correspond à une "extension des cas". La phase 6, niveau maximal qui correspond à l'état de pandémie, a été déclenchée en juin par l'Organisation mondiale de la santé.
Les autorités se préparent donc, tant du côté du ministère de la Santé que de l'Intérieur. Brice hortefeux a tenu à montrer la mobilisation du gouvernement sur ce sujet en visitant mardi la plate-forme départementale des Hauts-de-Seine, à Nanterre, où sont stockés des masques. En cas de pandémie, "il faudrait 127.000 masques par jour dans le département et nous avons décidé de constituer un stock pour une semaine, soit 900.000 masques", a expliqué au ministre le préfet des Hauts-de-Seine, Patrick Sztroda. A ces masques, tant les spéciaux destinés aux personnels de santé ou aux agents de sécurité (policiers, gendarmes, pompiers) que ceux dits "chirurgicaux" à distribuer aux malades pour éviter qu'ils ne propagent le virus, devraient s'ajouter plus tard les antiviraux et les vaccins.
Du côté de l'industrie pharmaceutique aussi, on se prépare. Le laboratoire GSK a ainsi rappelé provisoirement 160 salariés licenciés de son usine d'Evreux pour faire face à une forte hausse des commandes d'un médicament destiné à lutter contre le virus.
D'après agence
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