"Irradiés de Rangueil" : indemnisations "insuffisantes"

Par M. D. avec agence, le 21 juillet 2009 à 15h52 , mis à jour le 21 juillet 2009 à 17h25

Un avocat d'une partie des 145 victimes de surirradiations au CHU de Rangueil a dénoncé mardi le montant de leur indemnisation versée par Axa. Des contre-propositions seront faites par les associations de malades.

La radiothérapie La radiothérapie © TF1/LCI

"Insuffisantes, incomplètes et pour certaines dérisoires". Les premières propositions d'Axa, assureur du CHU de Rangueil, destinées à indemniser les patients surirradiés de cet hôpital toulousain ont été jugées insatisfaisantes mardi à Limoges par l'un des avocats d'une des associations de défense des victimes. Me Robert-François Rastoul, avocat de la Fédération des accidentés du travail et handicapés (FNATH), est venu discuter à Limoges des premières propositions d'indemnisations d'Axa, pour une douzaine des 145 victimes recensées.

L'avocat n'a pas souhaité communiquer de chiffres. Il a cependant annoncé que des contre-propositions vont être transmises très rapidement à l'assureur et fait part de son intention d'engager une action judiciaire dans le cas où elles ne seraient pas acceptées. "C'est véritablement une tragédie pour ces patients. La situation est assez terrifiante. Pour les patients les moins gravement atteints, le rapport entre ce qui pourrait être obtenu et ce qui est proposé est de un à quatre. Pour les victimes les plus graves, les propositions sont dérisoires et ne correspondent pas à la réalité", a affirmé Me Rastoul, qui était accompagné d'une dizaine de
victimes.

"Rapides" mais "pas justes"

L'avocat a ajouté que si les propositions pour les victimes d'une surdose de radiations lors de traitements, au CHU toulousain de Rangueil, de tumeurs cérébrales entre avril 2006 et avril 2007 "ont été rapides", elles "ne sont pas justes". Parmi ses clients, une jeune femme de 22 ans. Son père, Michel Berruyer, installé en Haute-Vienne, a dit mardi à Limoges que "l'indemnisation ne correspondait pas au préjudice subi". "Elle avait été opérée deux fois pour une tumeur au cerveau au CHU de Limoges et avait pu passer son permis, avait commencé les études de pharmacie. Mais comme la tumeur était évolutive, elle est allée à Toulouse pour suivre des séances de radiochirurgie. Cinq mois après, elle a été victime d'une hémorragie
cérébrale. Il n'est pas question de nous taire. Sa vie est anéantie depuis qu'elle a vingt ans",
a-t-il affirmé.

La "FNATH" et "SOS Irradiés 31", les deux associations de défense des 145 victimes avaient signé le 9 avril 2008 une convention en vue d'une indemnisation la plus rapide possible. "Nous avons une soixantaine de dossiers en cours et pour le moment on attend et on travaille", a pour sa part affirmé Me Christophe Léguevaques, l'avocat de "SOS Irradiés 31". Courant janvier, Claude Evin, mandaté par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, avait indiqué que les premières indemnisations devraient intervenir avant le mois d'avril. L'ensemble des 145 victimes ne s'est pas encore manifesté, alors que 23 sont mortes, selon les deux associations.

Rapport à charge

Les 145 patients avaient été traités pour des tumeurs cérébrales cancéreuses ou bénignes à l'hôpital de Rangueil. Ils avaient alors été victimes d'une erreur de calibrage des doses dans un appareil de radiochirurgie. Dans un rapport d'expertise, remis en février 2008 au ministère de la Santé, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) avait pointé une erreur d'étalonnage "lors de la mise en service de l'accélérateur", qui était restée "par la suite indétectable par les équipes du CHU avec les moyens dont ils disposaient".

L'Institut avait également mis en avant "les compétences et les effectifs en radiophysique médicale (...) insuffisants" et "sous-estimés" ainsi qu'une mauvaise information aux victimes. Pour autant, les experts avaient indiqué que la surirradiation n'était pas à l'origine de tous les décès constatés chez les victimes. Le directeur général du CHU de Toulouse, Jean-Jacques Romatet, avait reconnu pour sa part la responsabilité de son établissement, évoquant une "catastrophe" et un "échec".

Par M. D. avec agence le 21 juillet 2009 à 15:52
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1 Commentaires

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  • Thomas, le 21/07/2009 à 17h58

    Dérive à l'américaine, bientot il n'y aura plus que des avocats, des gangsters et des associations dans ce pays.

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