
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) n'est pas du genre à faire dans l'alarmiste. Pourtant, concernant l'épidémie de grippe A/H1N1, elle n'hésite plus à faire état de son inquiétude : le virus se propage dans le monde à une vitesse "sans précédent" par rapport à d'autres épidémies. A tel point que l'OMS a renoncé à fournir des statistiques globales sur la pandémie.
"Au cours des pandémies dans le passé, il a fallu plus de six mois aux virus grippaux pour se propager aussi largement que l'a fait le nouveau virus H1N1 en moins de six semaines", relève l'organisation dans une note publiée sur son site internet. Le grand nombre de contaminations en peu de temps "tient à une combinaison de facteurs", explique par ailleurs un porte-parole de l'OMS. "Le virus se propage très efficacement d'homme à homme, y compris en l'absence de symptômes" chez un porteur de la maladie, note-t-il. De plus, comme l'avait souligné l'organisation dès les premiers jours de l'épidémie, les virus se répandent aujourd'hui dans un monde globalisé à la vitesse des vols transatlantiques transportant hommes d'affaires et touristes.
"Suivre les évènements inhabituels"
Interrogé sur la manière dont les politiques de vaccination peuvent être déterminées en l'absence de statistiques globales, le responsable de l'OMS rappelle que "le virus ne peut plus être arrêté et que tous les pays vont avoir besoin de vaccin". Virtuellement, les 6,8 milliards d'habitants de la planète sont susceptibles d'être contaminés, a-t-il affirmé. Face à cette situation, l'OMS estime qu'il n'est plus nécessaire voire contre-productif de demander aux pays les plus affectés de tenter de faire des statistiques exhaustives des cas de grippe mutante et a décidé de ne plus communiquer de bilans mondiaux sur la progression de la maladie. L'OMS se bornera désormais à fournir des informations uniquement sur les pays nouvellement affectés. En revanche, il faudra "suivre de près des événements inhabituels" comme par exemple des contaminations graves ou fatales au sein de groupes de population, ou des symptômes inhabituels qui pourraient signaler une aggravation de la dangerosité du virus.
Selon le dernier bilan communiqué par l'OMS le 6 juillet, le virus A/H1N1 avait contaminé 94.512 personnes dans 136 pays et territoires, causant 429 décès. Désormais, les informations quantitatives sur l'évolution de la pandémie sont données de manière éparse par les pays eux-mêmes.
| La grippe A/H1N1 plombe l'avenir de l'économie mondiale |
La pandémie de grippe porcine, qui se propage à une vitesse sans précédent selon l'OMS, pourrait saper les chances d'une reprise de l'économie planétaire cette automne et la plonger dans une phase de déflation, a prévenu vendredi le cabinet britannique Oxford Economics. Ce cabinet, lié à la célèbre université anglaise d'Oxford, dit avoir extrapolé les conséquences économiques potentielles de la grippe porcine à partir des précédentes épidémies grippales et de celle du SRAS, la pneumonie atypique, qui avait éclaté en Asie en 2003. Il en conclut, dans une étude publiée vendredi, que si l'impact économique et social de la grippe porcine est pour l'instant "très réduit", il faudrait "s'attendre à des coûts importants" si les taux d'infection se mettaient à grimper. |
Retour MYTF1

Chargement en cours...




