Cimetière © TF1/LCIComme la France, la Belgique se prépare aux possibles effets d'une épidémie de grippe A/H1N1 à l'automne. L'annonce du premier décès d'une patiente atteinte du virus en France (même si la présence de la souche H1N1 dans l'organisme de la patiente, par ailleurs atteinte de troubles de la santé grave, n'est pas nécessairement la cause première de la mort) a ainsi conduit Roselyne Bachelot à s'expliquer au 20 heures de TF1 sur les mesures prises dans notre pays. En Belgique, un premier décès d'une patiente, qui semble plus clairement attribué à la grippe A, a été annoncé jeudi.
Le pays dispose d'un centre de crise fédéral, au sein duquel une "cellule d'évaluation" émet des recommandations à destination des autorités locales. Avec parfois des effets inattendus. C'est ainsi que la région francophone de Wallonie a demandé à ses municipalités de préparer leurs cimetières à faire face à une mortalité anormale liée à la grippe. "Sans aucun alarmisme", a déclaré un responsable du centre de crise de la région de Wallonie, "il est de notre devoir de prévoir le pire", c'est-à-dire une explosion éventuelle de cas mortels de grippe A, "tout en espérant que ce scénario ne se produise pas".
"Epargner un pénible problème d'intendance aux familles"
Le centre régional de crise a donc écrit aux maires pour leur rappeler les termes d'un décret déjà existant, qui concerne "l'affectation des places de cimetière", a-t-il indiqué. "Nous avons demandé aux communes de prévoir des tombes déjà creusées, pour éviter les problèmes que pose parfois le gel en hiver. Nous leur avons aussi demandé de veiller à la réaffectation des concessions parvenues à expiration". Le but étant "d'épargner un pénible problème d'intendance aux familles".
Les autorités wallonnes et fédérales belges se défendent toutefois de tomber dans le catastrophisme. Il s'agit de "sensibiliser les maires comme on nous l'a demandé", a ainsi justifié le responsable du centre de crise wallon.
Dans une interview vendredi au quotidien La Libre Belgique, le docteur Daniel Reynders, coordinateur stratégique de la cellule influenza mise en place par le gouvernement, estime que la grippe A ferait de 1000 à 4000 morts en Belgique, si elle frappait 10% à 30% des 10,5 millions de Belges. "Il faut se préparer au pire, et le pire, historiquement, c'est la grippe espagnole", a néanmoins souligné Jan Eykmans, porte-parole du commissariat interministériel influenza, expliquant pourquoi les experts envisagent des scénarios catastrophes très hypothétiques.
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