L'hôpital de Brest où une jeune fille atteinte de la grippe A/H1N1 est décédée © LCIDécouvrez notre dossier spécial Grippe A/H1N1 |
Après un premier décès en France d'une adolescente atteinte du virus de la grippe A/H1N1, Roselyne Bachelot a tenté de rassurer les Français. "Toutes nos forces sont mobilisées" a-t-elle affirmé sur le plateau du 20 heures de TF1 où elle était invitée. La ministre a aussi profité de son intervention pour rappeler les mesures de prévention élémentaires comme se laver régulièrement les mains, aérer ses pièces ou encore se couvrir la bouche en toussant ou en éternuant. Concernant la vaste épidémie qui pourrait survenir dès la rentrée sur le territoire, la ministre a certifié que les collectivités territoriales ainsi que tous les services de santé étaient prêts à gérer la situation.
Rassurante la ministre s'est néanmoins montrée vigilante. "Le décès de cette jeune fille (...) nous indique aussi qu'il faut se préparer à cette vaccination, il faut protéger les Français. C'est une grippe qui peut sur des personnes fragiles comme cette jeune fille avoir un effet très aggravant", a déclaré la ministre à TF1. "Il faut prendre cette épidémie avec le plus grand sérieux en mobilisant l'ensemble de nos forces (...) et en prévoyant une grande campagne de vaccination qui s'adressera précisément et en tout premier lieu à ces personnes très fragiles", a-t-elle souligné. Après le décès à Brest d'une adolescente contaminée par le virus, la ministre de la Santé a également fait part de sa tristesse et a présenté ses condoléances à la famille de la jeune victime.
"Un déficit immunitaire depuis sa naissance"
Cette adolescente de 14 ans était effectivement atteinte de la grippe A/H1N1 mais le virus n'aurait pas directement provoqué son décès. "Les conclusions de l'évaluation clinique ne sont pas en faveur d'un décès directement lié au virus A/H1N1", a indiqué jeudi l'Institut de veille sanitaire (InVS). Le décès a eu lieu il y a au moins une semaine, selon l'InVS. "Cette jeune fille souffrait d'une maladie grave, compliquée d'une autre infection pulmonaire sévère", a précisé l'Institut, ajoutant : "Dans le cadre d'un bilan systématique lié au contexte de l'épidémie actuelle, une recherche du virus A/H1N1 2009 a été effectuée et s'est révélée positive". Ecoutez la réaction du Pr François Bricaire au micro de LCI Radio.
"C'est le premier décès où un prélèvement est positif, le lier à la grippe A est un raccourci", a expliqué jeudi soir, Jacques Sizun, professeur de pédiatrie au CHU de Brest où la jeune fille, atteinte d'une "maladie rare", est décédée le 18 juillet. Le médecin, responsable du pôle femme-mère-enfant au CHU de Brest, a expliqué que la jeune fille de 14 ans, était atteinte d'une "pathologie sévère", une maladie rare, "avec un déficit immunitaire depuis sa naissance".
Elle souffrait également d'autres infections, a précisé le médecin. Elle était arrivée au CHU de Brest le 9 juillet, et avait été précédemment admise à l'hopital Necker à Paris le 5 juin, et encore avant hospitalisé à Morlaix.
"On devait avoir des décès"
De son côté, Jean-Claude Manuguerra, de l'Institut Pasteur, qui préside le Comité de lutte contre la grippe a déclaré : "A un moment ou à un autre, on devait avoir des décès. Quelle que soit sa sévérité, un virus qui rencontre des personnes particulièrement sensibles, des terrains fragiles, fait des complications qui peuvent aller jusqu'au décès". "Il faut bien un premier, malheureusement, les statistiques font qu'il y a aussi des morts", a-t-il ajouté.
La France devient le cinquième pays de l'Union européenne à enregistrer un décès lié à ce virus de la grippe, après le Royaume-Uni, qui totalise 31 morts selon un dernier bilan, l'Espagne avec sept décès, la Hongrie avec un mort et la Belgique, qui vient d'annoncer aujourd'hui un premier décès (lire notre article).
| Un deuxième soignant de l'hôpital de Suresnes touché par le virus |
Un deuxième cas avéré de grippe A(H1N1) a été diagnostiqué jeudi au sein du personnel soignant de l'hôpital Foch de Suresnes (Hauts-de-Seine), a annoncé le directeur général de l'établissement, Philippe Cottard. Cet agent, qui avait développé des symptômes grippaux ces derniers jours, était déjà considéré mercredi comme "un cas suspect" de grippe porcine par la préfecture des Hauts-de-Seine. Un premier cas avait été annoncé mercredi. Il s'agit d'une kinésithérapeute, qui était intervenue auprès de patients du service pneumologie le jour où elle a connu les premiers symptômes de la maladie. Plusieurs mesures ont été prises pour éviter la contagion, notamment un isolement des patients à risques et leur traitement préventif par Tamiflu, une limitation des visites et la suspension au sein du service pneumologie des admissions, "qui sont différées ou redirigées sur un autre service", avait annoncé mercredi la préfecture. |
(Avec agence)
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