Deux prématurés décèdent, une infirmière suspendue

le 14 août 2009 à 09h47 , mis à jour le 14 août 2009 à 18h38

Elle a été suspendue "à titre conservatoire" après les décès "accidentels" des deux nouveau-nés à l'hôpital du Havre le 6 août dernier.

hôpital cliniqueImage d'archives © TF1

L'affaire remonte au 6 août. Une infirmière a été suspendue "à titre conservatoire" à la suite des décès "accidentels" de deux grands prématurés à l'hôpital du Havre, a annoncé vendredi la direction générale de l'hôpital, qui n'a pas souhaité préciser la nature de cet "accident". Celui-ci s'est produit dans le service de réanimation néo natale.   Les bébés nés tous les deux après moins de six mois de  grossesse et dont le pronostic vital était "réservé" à la naissance, selon la  direction, étaient âgés de quatre et sept jours.

Selon François Gauthiez, directeur général adjoint de l'établissement, les  nourrissons ont commencé à manifester "des signes inquiétants" vers 5h et  leur mort est survenue à 8h15 pour l'un et 8h30 pour l'autre. Les médecins  réanimateurs présents se sont aussitôt interrogés sur le caractère "simultané"  des décès. En fin de matinée, ils se sont aperçus que les résultats des examens  prescrits au petit matin était "inexploitables" dans un cas et "aberrants" dans  l'autre. "Nous redoutons qu'il y ait eu une erreur commise dans un geste  infirmier", a dit François Gauthiez, écartant formellement "l'hypothèse d'un  acte de malveillance".

Plusieurs enquêtes

Une enquête interne a été diligentée le lendemain des décès. L'infirmière de  service ce jour-là a été suspendue "à titre conservatoire" lundi soit quatre  jours plus tard. "Cette mesure qui ne préjuge pas de la suite visait à préserver  à la fois l'agent et le service et à faciliter le déroulement de l'enquête", a  précisé François Gauthiez.

Une autre enquête "médico-administrative" s'est déroulée jeudi et vendredi à  l'initiative de l'Agence régionale de l'hospitalisation (ARH) de  Haute-Normandie. Le ministère de la Santé a demandé par ailleurs une inspection  de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) qui pourrait être conduite  la semaine prochaine. De son côté, le procureur de la République du Havre Francis Nachbar a déclaré qu'il avait saisi jeudi le SRPJ de Rouen pour enquêter sur la mort des  enfants. "Il y a matière à s'interroger sur ces décès parce qu'ils sont  simultanés", a-t-il déclaré.

Le procureur, qui se montre très prudent, a précisé que l'infirmière n'était  pas en garde à vue et qu'il attendait les conclusions de l'enquête sur "une  possible erreur" pour se prononcer sur le fond du dossier. La direction précise que les familles ont été avisées mardi des questions  qui entouraient le décès de leurs enfants. "Elles nous ont demandé un délai  avant que cette information ne soit rendue publique de manière à ce que  l'inhumation se déroule dans le calme", a précisé François Gauthiez.

Les parents d'un nouveau-né portent plainte

Des parents ont porté plainte mardi pour "homicide involontaire" après la mort de  leur fille Marina, décédée le 4 août au CHU de Bordeaux, après avoir été transférée du centre hospitalier de Saintes, le 3 août, jour de sa naissance. "Pour la première tétée d'accueil, on a positionné, dans la salle de réveil,  le bébé sur la maman, qui était épuisée après avoir accouché par césarienne", a expliqué l'avocat de la famille. Selon lui, "alors que le père était sorti pour prévenir la famille de la naissance, la mère a été laissée seule avec son bébé". "Deux personnes sont passées pour vérifier la tension de la mère mais quand  la sage-femme est revenue après environ 40 minutes, l'enfant était asphyxié", a  affirmé l'avocat, estimant "qu'on ne laisse pas un bébé sans surveillance sur le ventre d'une maman fatiguée et dont les bras sont entravés par une perfusion et un tensiomètre". "Je m'en remets à l'enquête judiciaire et des autorités sanitaires", a  expliqué le directeur du centre hospitalier de Saintonge. Il a cependant affirmé que "d'après les éléments en sa possession, il n'y avait pas  de problème d'effectif dans le contexte de cet accident". Selon le journal Sud Ouest, "la sage-femme qui officiait était considérée comme aguerrie".


 
D'après agence

le 14 août 2009 à 09:47
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31 Commentaires

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  • Sev, le 16/08/2009 à 16h38

    Bonjour, Toutes mes condoléances aux parents..... Espérons que la lumière soit faite sur ces étranges décès, mais ne'accusons pas l'infirmère avant de savoir. J'ai accouché 2 semaines avant à Flaubert....et franchement il y a un vrai souis ffectif...Les infirmières / sages femmes etc...doivent etre partout en meme temps !!!!! 1 infirmère gérait pratiquement 2 etages !!!!c'est inadmissibles !! Il serait peut etre temps de ne plus faire d'economies sur ces métiers !!!!!!!

  • Une infirmière, le 15/08/2009 à 11h31

    Je suis en fin de carriere et je travaille dans un service de Pédiatrie depuis 30 ans , je vois les conditions de travail se dégrader à grande vitesse : le sous effectif , le stress, 12 heures minimum de travail par jour ,le manque d'encadrement des nouvelles , le manque de soutien des médecins . Nous prenons des risques chaque fois que nous enfilons notre tenue ! Ces accidents sont tres regrettables , j'ai une grande pensée pour les familles , mais les responsables ne sont pas les infirmières mais le système , il est temps de réagir ! Tout mon soutien à mes collègues .

  • Lolo, le 15/08/2009 à 08h00

    Courage aux parents,mais aussi courage a l'infermiere car en milieu hospitalier le risque zéro n'existe pas.j'ai vécu le même cas pour ma fille il y a maintenant quinze ans et si ont voulait ont porterais plainte pour un bleu au bras car la prise sang a était mal faite car cela soulage notre colère.je suis avec Michèle du havre les chefs vous épaulés maintenant c'est chacun pour soit,attendre le compte rendu de l'enquéte et si négligence il y a, alors sanction il y aura.courage courage courage

  • Meli, le 15/08/2009 à 00h35

    Arrêtons de faire de l'infirmiere une victime ,les victimes ce sont les bébés et leur famille ,On ne sait pas encore ce qui s'est passé mais si il ya eu faute cette personne doit être sanctionnée ,Même si les infirmieres font un travail harassant ,elles doivent toujours être tres vigilentes !car l'erreur peut être comme dans ce drâme fatale Pensées attristées pour les familles

  • Lili, le 14/08/2009 à 22h49

    Ne mélangeons pas tout, il n'y a pas que des bons ou mauvais medecins, que des bons ou mauvais infirmiers et pas des journées sous pression pour tout le monde non plus... Seuls ceux concernés savent ce qu'il s'est passé, c'est sûrement un accident bien malheureux mais s'il y a négligence, il y a négligence, quelle que soit les raisons.

  • La guepe, le 14/08/2009 à 17h14

    Que vous soyez soignants ou pas ....MERCI pour vos messages de soutiens pour notre profession. ça fait chaud au coeur ! Une infirmière depuis 20 ans

  • Titine, le 14/08/2009 à 16h54

    Je suis moi-même infirmière et malheureusement aujourd'hui on va travailler en priant que notre journée se passe bien.On est toutes conscientes que lorsque l'on aura un problème c'est les infirmières qui sont en première ligne et surtout ne pas compter sur les médecins quelqu'ils soient car ils se couvrent au moindre problème.C'est très dur pour les parents que je soutiens mais je pense aussi à cette infirmière pour qui la carrière est certainement terminée.Tout ça parce que l'on travaille dans l'urgence, en sous effectif et dans des conditions de stress infernales.Soigner ne veut plus rien dire!!

  • Michèle, le 14/08/2009 à 15h42

    Eh , oui, vous avez pour la plupart raison la pauvre infirmière/puéricultrice, j'imagine va encore prendre tout! je ne comprends pas l'acharnement que subissent les soignants de nos jours ayant travaillé dans un hopital , toute ma carrière je peux dire qu'avant, ça ne se passait pas comme cela, les soignant(e)s etaient épaulés par leur chef de service Michèle le havre

  • Une pensée, le 14/08/2009 à 14h45

    TOUTES MES CONDOLEANCES aux parents et surtout à la maman. Il faut arrêter de ternir l'image des infirmières qui font plus que leur travail. Elles sont surchargées de boulot avec un salaire de "misère" et aucune reconnaissance. Nous devrions avoir HONTE de lancer la pierre à cette infirmière sachant que le problème vient du système, du ministère de la santé qui ne cesse vouloir diminuer les dépenses!!!! Une vie n'a pas de prix et CERTAINEMENT PAS DES BEBES (macha Allah)!!!! Paix à leurs âmes et surtout beaucoups de pensées aux parents. Dites vous qu'il y a énormément de personnes qui pensent à vous et vous soutiennent dans votre souffrance. Gardez aussi des forces pour votre 1er enfant. Vous trouverez également du soutien auprès de lui. Ne perdez pas la "face" surtout. Encore toutes mes condoléances et de douces pensées pour vous et votre famille.

  • Loupiote, le 14/08/2009 à 14h29

    Des prématurés en grand danger de mort .. dont l'un posé sur le ventre de sa mère dans un état semi lucide pendant 40 mn, doit on le croire ? je pensais qu'on les plaçait immédiatement en couveuse ?

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