Image d'archives © TF1L'affaire remonte au 6 août. Une infirmière a été suspendue "à titre conservatoire" à la suite des décès "accidentels" de deux grands prématurés à l'hôpital du Havre, a annoncé vendredi la direction générale de l'hôpital, qui n'a pas souhaité préciser la nature de cet "accident". Celui-ci s'est produit dans le service de réanimation néo natale. Les bébés nés tous les deux après moins de six mois de grossesse et dont le pronostic vital était "réservé" à la naissance, selon la direction, étaient âgés de quatre et sept jours.
Selon François Gauthiez, directeur général adjoint de l'établissement, les nourrissons ont commencé à manifester "des signes inquiétants" vers 5h et leur mort est survenue à 8h15 pour l'un et 8h30 pour l'autre. Les médecins réanimateurs présents se sont aussitôt interrogés sur le caractère "simultané" des décès. En fin de matinée, ils se sont aperçus que les résultats des examens prescrits au petit matin était "inexploitables" dans un cas et "aberrants" dans l'autre. "Nous redoutons qu'il y ait eu une erreur commise dans un geste infirmier", a dit François Gauthiez, écartant formellement "l'hypothèse d'un acte de malveillance".
Plusieurs enquêtes
Une enquête interne a été diligentée le lendemain des décès. L'infirmière de service ce jour-là a été suspendue "à titre conservatoire" lundi soit quatre jours plus tard. "Cette mesure qui ne préjuge pas de la suite visait à préserver à la fois l'agent et le service et à faciliter le déroulement de l'enquête", a précisé François Gauthiez.
Une autre enquête "médico-administrative" s'est déroulée jeudi et vendredi à l'initiative de l'Agence régionale de l'hospitalisation (ARH) de Haute-Normandie. Le ministère de la Santé a demandé par ailleurs une inspection de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) qui pourrait être conduite la semaine prochaine. De son côté, le procureur de la République du Havre Francis Nachbar a déclaré qu'il avait saisi jeudi le SRPJ de Rouen pour enquêter sur la mort des enfants. "Il y a matière à s'interroger sur ces décès parce qu'ils sont simultanés", a-t-il déclaré.
Le procureur, qui se montre très prudent, a précisé que l'infirmière n'était pas en garde à vue et qu'il attendait les conclusions de l'enquête sur "une possible erreur" pour se prononcer sur le fond du dossier. La direction précise que les familles ont été avisées mardi des questions qui entouraient le décès de leurs enfants. "Elles nous ont demandé un délai avant que cette information ne soit rendue publique de manière à ce que l'inhumation se déroule dans le calme", a précisé François Gauthiez.
Les parents d'un nouveau-né portent plainte |
Des parents ont porté plainte mardi pour "homicide involontaire" après la mort de leur fille Marina, décédée le 4 août au CHU de Bordeaux, après avoir été transférée du centre hospitalier de Saintes, le 3 août, jour de sa naissance. "Pour la première tétée d'accueil, on a positionné, dans la salle de réveil, le bébé sur la maman, qui était épuisée après avoir accouché par césarienne", a expliqué l'avocat de la famille. Selon lui, "alors que le père était sorti pour prévenir la famille de la naissance, la mère a été laissée seule avec son bébé". "Deux personnes sont passées pour vérifier la tension de la mère mais quand la sage-femme est revenue après environ 40 minutes, l'enfant était asphyxié", a affirmé l'avocat, estimant "qu'on ne laisse pas un bébé sans surveillance sur le ventre d'une maman fatiguée et dont les bras sont entravés par une perfusion et un tensiomètre". "Je m'en remets à l'enquête judiciaire et des autorités sanitaires", a expliqué le directeur du centre hospitalier de Saintonge. Il a cependant affirmé que "d'après les éléments en sa possession, il n'y avait pas de problème d'effectif dans le contexte de cet accident". Selon le journal Sud Ouest, "la sage-femme qui officiait était considérée comme aguerrie". |
D'après agence
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