© DRPetit à petit, on en sait un peu plus sur la manière dont sera gérée l'épidémie de grippe A(H1N1), censée s'étendre en masse à l'automne. Déjà 4.500 nouveaux cas sont recensés chaque semaine en métropole (contre 3.000 avant). Un conseil interministériel de crise a eu lieu jeudi après-midi au ministère de l'Intérieur avec les ministres concernés, après lequel chacun a détaillé le plan (lire notre article).
Si tout n'est pas arrêté, on sait déjà, selon une circulaire des ministres de l'Intérieur et de la Santé adressée le 21 août aux préfets que l'AFP a pu consulter jeudi, que le gouvernement compte que le plan de vaccination gratuite, qui prévoit au moins trois centres de vaccination par département et des équipes mobiles se déplaçant dans les établissements scolaires, devra pouvoir être activé par les préfets dès le 28 septembre. "La décision finale de déclenchement ne sera prise que si la situation et les préconisations des experts le justifient", précise la circulaire, qui qualifie le dispositif de "réponse sanitaire évolutive".
Des bons de vaccination distribués par la Sécu
Les vaccins, commandés par le gouvernement, doivent être livrés par les fabricants avec qui le gouvernement a signé des contrats "de manière échelonnée tout au long de l'automne et du début de l'hiver", note la circulaire. La vaccination, dont Roselyne Bachelot a plusieurs fois indiqué que la vaccination ne serait pas obligatoire, devrait pouvoir "être offerte à toute la population sur une période de quatre mois". Pendant cette période l'Assurance maladie distribuera des bons de vaccination.
Quant à la définition des personnes prioritaires, elle "est en cours", selon la circulaire. Le Haut conseil de la santé publique devrait donner son avis le 3 septembre. Pour l'UE, les prioritaires devraient être les personnes de plus de 6 mois ayant des pathologies chroniques, les femmes enceintes et le personnel médical. Selon une information du Point confirmée au ministère de la Santé, les médecins et infirmières en néonatalogie et en réanimation pédiatrique seraient bien prioritaires.
Les centres de vaccination dans des gymnases ou salles polyvalentes
Le plan prévoit une vaccination en deux doses "pour la grande majorité de la population", avec une traçabilité individuelle des personnes vaccinées. Les centres de vaccination "spécialement créés pour l'occasion" seront installés dans des gymnases ou salles polyvalentes et non dans des établissements de santé, pour ne pas gêner leur fonctionnement. Les personnels de santé hospitaliers seront vaccinés sur leur lieu de travail.
Il y aura un centre pour au maximum 100.000 habitants. Chaque centre disposera d'au moins une équipe de vaccination, avec trois agents vaccinateurs et la présence d'un médecin ou d'un infirmier. Chaque équipe "devra être en mesure de vacciner de l'ordre de 15.000 personnes sur quatre mois". Des centres "de grande capacité" pourront assurer en quatre mois la vaccination complète de près de 100.000 personnes. Les préfets devront recenser tous les personnels habilités à vacciner : médecins, internes en médecine, infirmiers... Le recrutement se fera sur la base du volontariat et les personnels de santé seront rémunérés. Des fonds seront "rapidement alloués" par l'Etat pour le fonctionnement de ces centres.
Ne pas perturber la campagne de vaccination de la grippe saisonnière
"La vaccination des élèves et de la communauté éducative sera assurée par des équipes mobiles dans les établissements scolaires". Ces équipes iront aussi dans d'autres collectivités comme les crèches, les prisons ou les établissements médico-sociaux. Les préfets devront adresser un rapport sur la mise en oeuvre de cette circulaire pour le 10 septembre. A la fin septembre, la population devra être informée des modalités de préparation de la campagne dans la presse locale. Cette campagne de vaccination ne devra pas "perturber celle relative à la grippe saisonnière", conduite par les médecins libéraux sur un mode individuel. Selon le texte, "cette campagne n'a pas vocation à se renouveler l'an prochain".
Dernière info : la circulaire précise qu'aux trois fournisseurs déjà prévus par le gouvernement (Sanofi-Pasteur, Novartis et GlaxoSmithKline), s'est ajoutée la firme Baxter, dont le processus de fabrication par culture cellulaire est un peu plus rapide mais plus coûteux que le processus normalement utilisé de culture sur oeuf. La France a déjà reconstitué son stock de Tamiflu et commandé 94 millions de doses à ces 4 labos.
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