L'accident vasculaire cérébral est la 1re cause de handicap et 3e cause de mortalité en France. Une équipe française a trouvé une nouvelle approche prometteuse. © TF1/LCIUne équipe de l'hôpital Bichat, à Paris, a mis au point une technique pour répondre en urgence aux accidents vasculaires cérébraux (AVC), qui pourrait donner jusqu'à 93% de guérison. L'étude "Recanalise", publiée par The Lancet Neurology dans son édition de septembre, a été présentée jeudi par le Pr Pierre Amarenco, chef de service de neurologie et du Centre d'accueil et de traitement de l'attaque cérébrale de l'hôpital. L'AVC, provoqué dans 80% des cas par un caillot sanguin bloqué à l'intérieur du cerveau, est la troisième cause de mortalité en France.
Cette nouvelle technique combine deux traitements utilisés actuellement en cas d'AVC par occlusion d'une artère cérébrale. Le premier, le plus courant, consiste en une injection intraveineuse, au pli du coude, du médicament Actilyse (molécule alteplase) qui "permet de guérir le patient dans 40% des cas", selon le Pr Amarenco, si l'injection est commencée moins de trois heures après les premiers symptômes.
Le second traitement consiste à délivrer le même médicament directement au contact du caillot qui bouche l'artère, en y passant un micro-cathéter. "Cette technique, explique le Pr Amarenco, permet de déboucher l'artère dans 60 à 70% des cas mais prend du temps". Or chaque minute perdue, "c'est deux millions de neurones détruits".
Au lasso
Les chercheurs ont essayé de combiner les deux traitements. Le patient, arrivé moins de trois heures après le début des symptômes, reçoit d'abord le traitement par voie veineuse. En même temps, on monte le cathéter, et quand il est en place, on arrête l'injection intraveineuse et on commence l'injection par le cathéter. Si le caillot n'est pas complètement dissous après utilisation de la dose d'alteplase (qu'on ne peut dépasser), le neurologue peut le capturer "au moyen d'un lasso situé au bout du cathéter", explique le Pr Amarenco. En retirant le cathéter, on emporte le caillot.
Les chercheurs ont ainsi réussi à déboucher l'artère chez 46 des 53 patients traités (87%), contre 56 sur 107 avec le seul traitement par la seule voie intraveineuse. Avec le traitement combiné, le chiffre des guérisons peut monter à 93% si on débouche l'artère moins de 3h30 après son occlusion, selon eux. Au-delà, toute demi-heure perdue c'est "20% de guérison en moins", selon le Pr Amarenco.
D'après agence
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