Roselyne Bachelot sur LCI (2 septembre 2009) © TF1/LCIL'inquiétude pointe sur les capacités de production de vaccins contre la grippe A (H1N1) des grands laboratoires, très inférieures aux premières estimations du fait d'un rendement de la souche utilisée moins bon qu'attendu. La France aura-t-elle suffisamment de vaccins ? Interrogée mardi sur LCI à ce propos, Roselyne Bachelot s'est voulue rassurante : "Nous sommes à peu près dans les temps pour les autorisations de mise sur le marché", a dit la ministre, soulignant que les procédures allaient "à très bon rythme" et affirmant qu'il n'avait "jamais été envisagé" d'en disposer avant "la mi-octobre".
Mais la question des autorisations de mise sur le marché n'est pas la seule posée. Margaret Chan, directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé, avait estimé le week-end dernier que l'on ne disposerait pas de vaccins en quantité suffisante "dans les prochains mois". Elle estimait à 900 millions de doses la capacité annuelle de production mondiale de vaccins anti-grippaux, pour une population mondiale de 6,8 milliards d'habitants. En juillet pourtant, l'OMS avait estimé que l'ensemble des grands laboratoires pourraient produire jusqu'à 94 millions de doses par semaine à partir de la mi-octobre, pour autant que la souche ait un bon rendement. Ce qui équivaudrait à 4,8 milliards de doses par an. Mais elle est revenue sur ce chiffre à la mi-août en indiquant qu'il faudrait diviser par deux voire par quatre ces estimations - soit une prévision de production annuelle d'environ 1,2 milliard de doses. Et les chiffres avancés par Margaret Chan ce week-end sont encore en-dessous de ces prévisions.
Les prévisions des laboratoires
Le laboratoire suisse Novartis a commencé une production à large échelle des antigènes sur lesquels repose le vaccin, et les livraisons devraient pouvoir commencer, estime-t-il, "au dernier trimestre" et se poursuivre en 2010. Il pense pouvoir produire "environ 100 millions de doses cette année", les rendements étant "assez bas". Il s'était initialement fixé pour objectif de produire 150 millions de doses par an. Du côté du groupe pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline, qui indiquait début août avoir en commande 291 millions de doses, on estime aujourd'hui être en mesure de satisfaire toutes les commandes. Mais on se refuse à donner des indications sur les capacités et le rythme de production du vaccin. Chez le Français Sanofi-Pasteur, où l'on indique seulement qu'on attend "incessamment" les résultats des essais cliniques, aucune précision non plus sur la capacité de production.
Mais cela n'entame pas la confiance de Roselyne Bachelot. Même si l'épidémie se déclarait plus tôt en métropole. "La vaccination resterait toujours d'actualité même si nous enregistrions un pic épidémique consécutif à la rentrée", a affirmé la ministre sur LCI. Elle a rappelé que le comité technique des vaccinations devait être saisi mercredi et que le Haut conseil de santé publique donnerait son avis le 7 septembre pour la définition des publics prioritaires. Parmi ces derniers, elle a cité les publics "en contact avec les malades", au premier chef les personnels de santé, et peut-être "les personnels de police et de sécurité".
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




