Les essais du vaccin ont commencé en France. Cinq centres testent en ce moment l'efficacité du vaccin contre la grippe. Les équipes de TF1 ont pu visiter l'un d'entre eux à l'hôpital Cochin à Paris. © TF1/LCI
| Les effets connus |
Le vaccin est largement similaire aux vaccins antigrippaux administrés depuis plusieurs décennies. Pour ces derniers, les effets secondaires sont souvent bénins et se limitent à des réactions locales, de la fatigue voire de la fièvre.
Dans un cas sur un million, une proportion rarissime, le vaccin antigrippal classique entraîne des complications neurologiques, comme le syndrome de Guillain-Barré qui se traduit par une paralysie sévère mais temporaire. En 1976, un vaccination de masse aux Etats-Unis avait provoqué 532 cas de cette maladie dont une trentaine mortels sur 40 millions de personnes traitées, rappelle Le Figaro.
| L'adjuvant, ce qu'on en sait |
L'adjuvant est une molécule qui augmente la réponse du système immunitaire du patient et rend de ce fait le vaccin plus efficace. Il permet d'éviter deux injections pour obtenir une protection satisfaisante. Il peut s'agir du squalène (voir ci-dessous). Les vaccins antigrippaux ordinaires n'en contiennent pas, à l'exception d'un produit développé par Novartis. Les laboratoires testent actuellement des solutions avec ou sans adjuvant.
Qu'est-ce que le squalène ?
"Le squalène est une substance que l'on trouve à l'état naturel dans les plantes, chez l'animal et chez l'homme", rappelle le Pr Daniel Floret, directeur technique du Haut Conseil de la Santé Publique dans une interview à LCI.fr. "Dans l'organisme humain, il est synthétisé dans le foie et véhiculé par la circulation sanguine. On le trouve également dans différents aliments, produits cosmétiques, médicaments en vente libre et compléments alimentaires. Il est commercialement extrait de l'huile de poisson, en particulier de l'huile de foie de requin. Il est ensuite purifié et utilisé dans certains produits pharmaceutiques et vaccins."
Les éléments inquiétants
Le squalène a été "mis en accusation dans le syndrome des vétérans de la guerre du Golfe", rappelle la Coordination nationale médicale santé environnement (CNMSE), qui revendique un millier d'adhérents professionnels de santé.
Les éléments rassurants
Depuis plus de dix ans, soit pour plus de 40 millions de doses, Novartis utilise un adjuvant nommé MF59 dans des vaccins saisonniers. Sans effets secondaires avérés. Selon le Pr Daniel Floret, "ce même type d'adjuvant est utilisé dans le vaccin contre le HPV (papillomavirus humain), responsable du cancer du col de l'utérus. Ce vaccin appelé Cervarix est largement utilisé au Royaume-Uni mais pas en France". Les adjuvants sont aussi utilisés de longue date dans les vaccins contre le tétanos ou la diphtérie.
Roselyne Bachelot dans Le Grand Jury du 20 septembre a rappelé que les adjuvants "- qui ne sont pas de l'hydroxyde d'aluminium mais des émulsions de type huile dans eau - ont été utilisés à des dizaines de millions d'exemplaires dans d'autres vaccins. Ce sont des produits absolument testés et qui ont fait la preuve de leur innocuité (...)."
Vu le manque de recul chez les femmes enceintes, la France proposera "un vaccin sans adjuvant aux femmes enceintes et aux personnes immunodéprimées", a précisé la ministre. Le vaccin élaboré par Baxter n'en contient pas.
| D'autres inconnues : mercure, culture |
Un conservateur à base de mercure
Certains vaccins contiennent un conservateur appelé le thiomersal, à base de mercure, qui prévient la contamination microbienne, un risque avéré. Il a été suspecté de provoquer des troubles comme l'autisme et suspendu au début des années 2000. Mais sa suspension n'a pas fait régresser l'autisme...
Sans les œufs...
Pour gagner du temps, l'américain Baxter n'a pas utilisé la culture sur œufs mais des cultures de cellules Vero, provenant de singes. La technologie est nouvelle mais n'inspire pas spécialement de craintes.
| Alors, doit-on se faire vacciner ? |
Le vaccin n'est pas obligatoire. La ministre de la Santé encourage la vaccination, notamment lors du Grand Jury sur LCI le 20 septembre. Le Conseil national de l'Ordre des médecins demande également aux médecins de se faire vacciner et d'inciter leurs patients à le faire. La crainte n'est pas tant la dangerosité du virus en tant que tel (souvent bénin) que l'incapacité du système de santé à faire face à un afflux inattendu de malades présentant des complications respiratoires au plus fort de la pandémie. L'Etat semble craindre un scénario de type canicule. Voilà pour l'aspect sociétal, mais pour l'aspect médical, la décision de se faire vacciner reste individuelle et... peut-être un dilemme.
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