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Le seuil épidémique est donc franchi pour la grippe en France métropolitaine : "La semaine dernière, le nombre de consultations pour syndrome grippal en France métropolitaine a été estimé à 52.300, soit une incidence de 83 cas pour 100.000 habitants, légèrement au-dessus du seuil épidémique (80 cas pour 100.000 habitants)", note le réseau Sentinelles de l'Inserm dans son bulletin hebdomadaire. "Il faudra attendre une seconde semaine pour confirmer le dépassement de ce seuil et valider l'arrivée de l'épidémie en France", rappelle le Dr Thierry Blanchon, responsable du réseau. "Ces cas ne sont pas tous des cas de grippe confirmée", précise-t-il, en soulignant que "le virus dominant est le H1N1 2009". L'excès de cas par rapport à la moyenne des années précédentes serait de 45.500 au cours de la même période, mais l'organisme souligne qu'il peut être lié à un afflux de consultations de personnes redoutant d'avoir contracté le virus de la grippe A (H1N1). "Ces chiffres doivent être interprétés en tenant compte du contexte de forte médiatisation", écrit le réseau Sentinelle.
Estimations divergentes
Mais comme souvent en matière de progression virale, l'évaluation dépend du thermomètre. Ainsi, mercredi également, l'Institut de veille sanitaire a estimé que, sur l'ensemble des consultations pour des symptômes grippaux, seulement 6000 personnes avaient été effectivement touchées par le virus de la grippe A(H1N1) la semaine dernière, une "progression lente" par rapport à la semaine précédente où l'estimation était de 5000 cas. "La circulation du virus s'intensifie", commente néanmoins l'InVS, pour qui la progression est "régulière" et "sans accélération notable".
Ce chiffre, qui se base sur les consultations pour grippe clinique en médecine de ville, "sous-estime le nombre total de patients consultant pour grippe A(H1N1) en ne prenant pas en compte les formes avec une fièvre inférieure à 39°", rappelle l'Invs dans son bulletin hebdomadaire sur la grippe A. L'Invs reprend les données publiées dans la journée par le réseau Sentinelles, mais aussi les estimations du réseau des Grog, des médecins généralistes et pédiatres, pour qui il y a eu au cours de cette semaine environ 25.000 consultations pour infections respiratoires aiguës liées au virus. "Ce nouvel indicateur, qui prend en compte l'ensemble des manifestations cliniques, y compris les plus bénignes, sera maintenant privilégié", dit l'InVS.
Fermetures de classes en série
Cette annonce survient alors que les fermetures de classes se sont multipliées ces derniers jours pour cause de grippe A. Actuellement en France, deux écoles sont fermées : l'école maternelle Bel Air de Torcy, en Seine-et-Marne, et l'école privée Merkaz Hatorah à Gagny, en Seine-Saint-Denis. Les cours sont suspendus dans des classes de 8 établissements différents : une classe au lycée d'Arsonval de Saint-Maur-des-Fossés, dans le Val-de-Marne, une classe au collège du Girbet à Saverdun, en Ariège, 4 classes à l'école de Castelnau-Montratier, dans le Lot, et une classe au lycée Lacroix de Narbonne. Les trois dernières suspensions ont été annoncées mardi, dans un lycée de Menton (Alpes-Maritimes) et un collège d'Houplines (Nord), et mercredi, dans un lycée de Gaillac (Tarn) où six cas suspects groupés de grippe ont été signalés, et dans une école primaire de Paris, celle du Mont-Cenis, dans le XVIIIe arrondissement. Dans ce dernier cas, la réouverture de la classe de CM2 concernée est prévue "le jeudi 17 septembre", a indiqué la préfecture, qui souligne que les trois enfants sont "actuellement suivis par leur médecin traitant à leur domicile".
Le ministère de l'Education nationale a précisé par ailleurs mardi qu'il préparait "une circulaire relative aux stages professionnels et aux voyages scolaires" qui sera présentée le 16 septembre lors d'une réunion de la Cellule interministérielle de crise. Et au-delà du cas de l'Education nationale, les administrations s'organisent aussi : la préfecture de police de Paris a ainsi annoncé mercredi avoir fabriqué 150 hygiaphones mobiles afin "d'assurer la continuité de (ses) services administratifs" en cas de pandémie.
D'après agence
| Grippe et enjeux éthiques : Bachelot répond |
Une cinquantaine de responsables politiques de gauche, syndicalistes, associatifs, chercheurs et médecins ont réclamé mardi dans un appel publié par Libération aux pouvoirs publics "d'ouvrir au plus vite le débat" sur la grippe. "La lutte contre la pandémie de grippe A ne pourra se résumer à une seule réponse technique, agrémentée de choix individuels. Elle doit être une réponse collective", écrivent les signataires. Pour la ministre de la Santé, qui répond dans le même quotidien, "le tissu social est pour nous une force et une chance". Selon elle, une crise pandémique "interpelle toute la société (...) Il y a des enjeux éthiques qui peuvent survenir. Cela nous le savons et nous sommes prêts à y répondre". Evoquant certaines critiques sur des avis rendus de façon opaque, la ministre répond : "Je ne vois pas comment on peut pointer un manque de concertation ou de transparence. En tout cas, je n'ai pas de gourou à mes côtés. J'appuie mes décisions sur le consensus scientifique le plus large possible, ici et à l'international". Evoquant enfin, plus spécifiquement, des mesures que serait prêt à prendre le ministère de la Justice à cause de la grippe (huis clos généralisés, juge unique), Roselyne Bachelot affirme que "tout cela n'est pas arbitré". |
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