Archives © LCIL'information est à prendre avec la plus grande prudence. Un vaccin expérimental, agrégat de deux vaccins antérieurs dont l'un élaboré par Sanofi Pasteur, réduirait d'un tiers le risque d'infection par le virus VIH, selon le laboratoire français et des chercheurs américains et thaïlandais. Ce vaccin combine l'Alvac HIV de Sanofi Pasteur et l'Aidsvax, un vaccin mis au point par VaxGen qui s'était révélé auparavant inefficace seul. Il est maintenant la propriété de l'association à but non lucratif Global Solutions of Infectious Diseases (GSID). Ce cocktail vaccinal a réduit de 32% le risque d'infection par le VIH au terme d'un test pratiqué durant six ans sur 16.000 volontaires thaïlandais hétérosexuels qui ne présentaient pas de risque particulier d'infection par ce virus, ont précisé les chercheurs.
"Bien que modeste, la réduction du risque d'infection par le VIH est statistiquement significative", a déclaré de son côté Michel DeWilde, senior vice-président Recherche & Développement de Sanofi Pasteur. "Il s'agit de la première démonstration concrète, depuis la découverte du virus en 1983, qu'un vaccin contre le VIH peut un jour devenir une réalité", a-t-il ajouté. Sanofi a précisé que les résultats complets de l'essai de phase III seront présentés lors de la conférence internationale AIDS Vaccine 2009 qui se tiendra à Paris le 20 octobre prochain.
L'étude présentée comme une "avancée majeure"
Les résultats assez inattendus du cocktail déconcertent les chercheurs qui affirment ne pas savoir pourquoi cette combinaison de vaccins fonctionne alors que l'Aidsvax seul n'agissait pas. "Nous avons eu 74 infections dans le groupe placebo et 51 dans le groupe vaccin", a expliqué lors d'un entretien téléphonique le docteur Jerome Kin, un colonel de l'armée américaine de l'institut de recherche de l'armée Walter Reed du Maryland. "Moi-même, comme d'autres, nous n'aurions pas parié grand chose sur son degré d'efficacité", a rajouté le docteur Anthony Fauci, de l'Institut national américain des allergies et maladies infectieuses (NIAID). "Néanmoins, nous sommes allés de l'avant avec le test et c'était sujet à controverse".
Le test a également permis de déterminer que le vaccin est assez efficace en matière de prévention mais ne pouvait rien une fois que le virus avait pénétré l'organisme. En effet, les personnes qui ont reçu le vaccin et qui ont néanmoins été contaminées ont eu autant de virus dans le sang et autant d'atteinte à leur système immunitaire que des malades du VIH qui n'avaient pas été vaccinés. "Même si le degré de protection que nous avons observé est réellement modeste, l'étude est une avancée scientifique majeure", poursuit Jérôme Kim. "C'est la première fois qu'on constate que le développement d'un vaccin sûr et efficace est possible. Même si nous n'avons pas toutes les réponses actuellement, cela a des implications importantes pour l'avenir de la conception des vaccins VIH". Selon les Nations unies, le virus du Sida a tué 25 millions de personnes à travers le monde depuis sa découverte dans les années 1980.
D'après agence
Prudence "optimiste" de l'OMS |
L'Organisation mondiale de la santé et l'Onusida ont déclaré jeudi avec prudence leur "optimisme" après l'annonce de la mise au point d'un vaccin capable de réduire dans un tiers des cas le risque de contamination par le virus du sida. "Beaucoup de travail reste à faire", avertissent les deux organisations onusiennes en soulignant qu'il reste notamment à déterminer la durée de la protection, si le vaccin peut être administré dans d'autres parties du monde et s'il est efficace sur d'autres sous-types du VIH. Le vaccin, mis au point par des chercheurs américains et thaïlandais, a un "un effet protecteur modeste" relèvent dans un communiqué l'OMS et l'Onusida pour qui ces résultats soulèvent cependant "un nouvel espoir". De tels vaccins présentant des "niveaux modestes d'efficacité semblent ne devoir être que des outils complémentaires d'autres stratégies visant à changer les comportements et les normes sociales, à promouvoir l'usage correct et raisonné du préservatif, l'accès à du matériel d'injection sûr, ainsi que la circoncision", soulignent l'OMS et l'Onusida. Jean-François Delfraissy, directeur de l'Agence nationale de recherche sur le sida (Anrs), estime lui que cette annonce constitue "une bonne nouvelle pour un effet modeste". "Pour la première fois on montre qu'un vaccin contre le VIH a un effet significatif au niveau clinique, c'est à dire au niveau infection, et qu'on peut obtenir une protection. Ca encourage à poursuivre cette démarche après des périodes difficiles", a-t-il noté. Mais "nous n'avons pas le vaccin contre le VIH", a martelé le Pr Delfraissy. 31% de réduction du risque, "c'est très largement insuffisant", et "cela veut dire que ce n'est pas un outil vaccinal utilisable en termes de santé publique, au sein d'une population". |
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