François Fillon et roselyne Bachelot faisant le point sur la campagne de vaccination contre la grippe A (24 septembre 2009) © TF1/LCI
Pas mal d'incertitudes entourent la future campagne de vaccination contre la grippe A(H1N1) en France. Les vaccins seront-ils en nombre suffisant ? Au niveau mondial, l'OMS vient d'abaisser sa prévision de production annuelle de vaccins de 5 milliards de doses à seulement 3 milliards. Ce qui sera insuffisant pour vacciner l'ensemble de 6,8 milliards d'habitants de la planète, parce que les capacités de production de vaccins antigrippaux sont "limitées, inadaptées et difficile à accroître", souligne l'Organisation. Quels sont les possibles effets secondaires de ce vaccin ? Les mêmes que celui destiné à protéger de la grippe saisonnière, ni plus, ni moins, assure encore l'OMS. Pourtant, en France, un sondage Ifop pour Le Quotidien du médecin publié la semaine dernière a montré que seul un médecin sur deux à l'intention de se faire vacciner, ce qui a conduit le Conseil de l'ordre des médecins à émettre une recommandation. Enfin, quand débutera exactement la campagne de vaccination en France et qui sera prioritaire ?
C'est pour lever ces méfiances ou ambigüités que François Fillon et Roselyne Bachelot ont tenu ce jeudi à Matignon une conférence de presse commune. La campagne de vaccination devrait débuter, selon les autorités, autour de la mi-octobre. Le chef du gouvernement a rappelé que la vaccination n'était pas obligatoire tout en invitant les personnels de santé, en particulier, à y avoir recours.
Qui sera prioritaire ?
"Nous avons validé une liste prioritaire pour être vacciné", a-t-il souligné. "Les personnes prioritaires, ce sont les personnes les plus vulnérables et les personnels de santé car c'est sur eux que repose la santé de tous les autres", a-t-il ajouté. "Chacun est face à sa conscience. Il y a une nécessité, c'est que les médecins soient en mesure de soigner la population française et la meilleure façon pour qu'ils soient en mesure de le faire c'est qu'ils se fassent vacciner". François Fillon a notamment cité les personnels de réanimation néonatale et pédiatrique, et les médecins et infirmières en contact avec des personnes grippées.
"Je n'imagine pas que des médecins, en responsabilité, prennent le risque de se contaminer et d'altérer notre appareil sanitaire et ensuite contaminer leurs malades. Je ne l'imagine pas", a renchéri à ses côtés la ministre de la Santé, rappelant que les syndicats médicaux ont "tous indiqué à la suite du Conseil de l'ordre qu'ils préconisaient la vaccination à leurs adhérents".
Les femmes enceintes arrivent ensuite, suivies de "l'entourage des nourrissons de moins de 6 mois", des professionnels chargés de l'accueil de la petite enfance, des nourrissons de 6-23 mois avec facteur de risque, des sujets de 2 à 64 ans avec facteur de risque. Seront ensuite vaccinés les autres professionnels de santé, les nourrissons de 6-23 mois sans facteur de risque, les personnels d'accueil des pharmacies, des personnels des établissements médico-sociaux. Enfin, en bas de la liste figurent les personnes de plus de 65 ans avec facteur de risque, les 2-18 ans sans facteur de risque et en dernière position les personnes âgées de plus de 18 ans sans facteur de risque.
65% des Français n'en veulent pas |
Une majorité de Français n'envisage pas de se faire vacciner, selon une enquête TNS Sofres/Logica réalisée pour Europe 1 et publiée jeudi. Un peu moins d'un tiers des Français (30%) se disent prêts à se faire vacciner contre la grippe H1N1 pandémique lorsque le vaccin sera disponible, mais 65% pensent au contraire qu'ils n'auront pas recours au vaccin attendu en octobre (dont 23% "probablement pas" et 42% "certainement pas"). Les Français sont en revanche davantage enclins à se faire vacciner contre la grippe saisonnière (38%), bien que cette dernière soit décrite comme moins contagieuse que la grippe H1N1 pandémique. Les plus âgés sont les plus disposés à se faire vacciner, mais là encore beaucoup moins contre la nouvelle grippe (42%) que contre la grippe saisonnière (75%). Un quart des personnes interrogées envisagent de se faire vacciner contre les 2 grippes et au total 54% contre aucune grippe. Enquête réalisée par téléphone les 22 et 23 septembre 2009, auprès d'un échantillon national de 975 personnes représentatif de l'ensemble de la population française âgée de 18 ans et plus. |
D'après agences
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